ACTE II, SCÈNE II
Oh! ne va pas supposer.
SAAPH.
Horreur! Je sais enfin! Je sais pourquoi le sentiment de ton absence m'était plus atroce que la crainte de ta mort.
Veux-tu m'écouter !
SAAPH.
Je comprends tout... la honte, la brâlure !.
Ecoute !
SAAPH.
Et mon impureté m'épouvante! Je suis init autant que cette femme, puisque j'avais deviné 1 obscurément son infamie. b
Cher enfant, je t’adjure, je te somme de...
SAAPH.
Inutile! Nous ne serons pas deux fois des complices. J'ai vieilli, Yaoudith! Je suis vieux...
NA PES DA ST LA A TUE LL NE LE Pr AR A BU TE ET EURE IT NT RE EN SRE RENE RE
Ah ! cinq jours peuvent être longs, tu sais... Plus longs que toute la jeunesse d’un homme!
Saaph, j'exige… SAAPH.
Adieu !
(ll s'enfuit.) JUDITH.
Saaph, arrête! Saaph!... Alors qu'il parte!
Toute peine est supportable, auprès de mon effroi, auprès de mon incertitude. {De terribles pensées.) Qu'ai-je fait par le sabre ? Par le sabre, ne
me suis-je pas retranchée du bonheur ?... N'ai-je
pas fermé la seule bouche, chassé l’unique chaleur, assassiné la caresse, le souffle ? {Un silence.) J'ignore.. j'ignore absolument ce que j'étais lorsque mon bras se leva sur Holopherne!... Je ne connais pas cette femme qui a pu décapiter un cadavre !... Non, non, je ne la connais pas. Vanité des souvenirs! Vanité du témoignage!
Mais quelle force démente me pressait si fort? Egorger un homme ravi par le sommeil! Je n'ai même pas revu ses yeux. Je ne me rappelle qu'un dormeur ! (Elle se lait. Une tentation. La main {endue vers la montagne, elle prononce à demi-voix :) La tête.
(Elle prend son manteau, elle s’en enveloppe lentement. Elle s'engage dans le chemin.)