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ACTE HI, SCÈNE III

SAA PI.

Tu te trompes. Je devine où tes pas te portent.

Le moindre retard peut m'être fatal. Je dois gagner de vitesse l'orage et la nuit!

SAAPIH.

Je n'ai que peu de mots à dire, et tu repartiras. Yaoudith, je te vénère ! Ton action sublime brillera dans le trésor humain, dans l'héritage

des générations !

Laissons cela! Et ce n’est pas vrai!

SAAPH.

C’est vrai! Il ne dépend pas de toi que la mort d'Holopherne soit une impérissable leçon! Quelles furent tes défaillances? Par quelles voies tortueuses entras-tu dans la gloire? Il n'importe. Seuls demeurent l'épée qui lance son éclair, le sang jaillissant du monstre, et cette faible patrie sauvée par l’héroïsme d’une de ses enfants. C'est bien là ton avis, Yaoudith? Vivent cette blancheur et cette beauté! N'est-ce pas?

JUDITIH.

Regarde l'horizon! Si tu ne me souhaites pas une vie de torture...

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SAAPH.

J'ai fini. Tu vas voir! Yaoudith, je ne redoute que ma douleur. La douleur peut inspirer des révoltes détestables…

Regarde l'horizon!

SAAPH.

On n’est pas le maître de $a souffrance. Aussi, Yaoudith, j'ai résolu de ne plus souffrir.

(Il pousse un cri étouffé et roule à terre devant elle.)

Saaph... Qu’y a-t-il?... Mais Saaph... (Elle se jette sur lui. Il s'est poignardé sous son manteau.) Mon petit, pardonne-moi !... Pardonne à ta funeste bienaimée ! Ne me quitte pas sans murmurer la parole

de pardon!

SAAPH, faiblement.

Oh! tes petits pieds.

Quoi ?

SAAPH.

Comme ils saignent! Ils se sont déchirés à toutes les pierres. Regarde, mon amour!

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