ACTE III, SCÈNE III
Il me plaint! (Un silence.) Je voudrais être toi.
SAAPH.
Je pars content!
Malédiction de la naissance !
SAAPH.
Je meurs pour tout ce que j'ai chéri. Ne te désole pas! En me frappant à mort, je n'ai fait qu'obéir au plus enivrant appel.
Malheureux enfant, tu souffres... Tu souffres dans ton corps si jeune ! (Un silence.) Ah ! son geste a décidé de moi. Je renonce. Je renonce à votre lumière, face, là-bas, dans le vent!... Adieu, mon amant, qu'agite une fois encore la tempête! Vos lèvres de glace garderont mon secret. Je reste auprès de toi, frère chéri, pour prier et pleurer jusqu’à l’évanouissement de nos âmes. Nous finirons ensemble. [Une pause.) Mais oui, mes
pieds sont tout ensanglantés !... Comment ne
l’avais-je pas senti? J’ai dû m'avancer beaucoup plus loin que je ne le supposais! (Elle se lève.) Naturellement!... Voilà les rochers rouges! Ils forment cette masse plus sombre que le ciel noir.
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Je reconnais leurs contours... Mais je touchais presque à mon but! Une heure de marche m'eût suffi pour franchir l’espace qui reste. Oui, oui, le sentier monte encore jusqu’à ce plateau, puis se divise en deux... {Elle veut passer. Mais le corps étendu de Saaph barre le chemin. Elle enjambe ce corps. Elle avance en parlant.) Je tournais à droite pour éviter le ravin, et ensuite j'aurais retrouvé le rempart... Alors, quelques centaines de pas, tout au plus, me séparaient de.
(Marchant vers le sommet, elle disparait. Un long silence.)
SAAPH.
Yaoudith... j'ai très soif. {Un silence.) Ma Yaoudith, n’entends-tu plus ma voix ? (Un silence.) Oh! j'ai soif...