ACTE I, SCÈNE II o
Oui, il m'aime. Il m'adore en silence depuis
de longues années... Il te plait?
ADA
Saaph est charmant... Il a d’aimables paroles pour les plus humbles.
Je suis sensible à son élégance, à son agrément... et il possède une âme délicate! Mais on ne peut rêver à lui, voyons! Saaph aurait pu être
mon univers ?... Non!
On raconte qu'avant de tourner ses regards vers vous...
Je sais! Il a fait des passions. Je ne suis pas une Séphora, moi, ni une Thamar!
ADA
Non, maîtresse, vous êtes la femme d’un seul amour! « Je ne dépouillerai pas le deuil, car Je ne porte pas le deuil; je laisse les larmes à celles que l’on console. Je ne suis pas une veuve, je suis l’épouse d’un souvenir! » Que c’est Jolil
JUDITH, sans se soucier de cette citation.
D'abord, je le connais trop, Saaph! Tu as vu,
toi, l’orage accourir... La passion... la passion,
on l’aperçoit soudain, au réveil... 1à-haut... dans
la prairie de Mesdaïn! Tiens, en échange de ta
vie secrète, plus grande que tu ne l’imagines, je
te livre mon secret. Ada, je n'ai Jamais aimé. Tu es seule à le savoir, petite bergère!
ADA
Mais Manassé ?
En mon époux, j'ai pleuré l’ami le plus noble. Je n’ai pas pleuré l’amour. Le cœur palpitant de Yaoudith et sa chair créée pour l’idolâtrie d’un homme, Je les ai gardés follement... Je les avais voués à celui qui n’est pas venu! Et maintenant, il faut mourir !... Oui, oui, mourir! Je vais mourir, sans avoir tendu à des lèvres cette fleur que la terre ne portera plus, que les hommes ne reverront pas... Mourir, sans avoir donné, donné!
ns amant SPP FT Tr ,
ADA
Mourir? Mais pourquoi ?
JUDITH, à la fenétre.
Et la bête, là-bas? La panthère assyrienne!