ACTE I, SCÈNE Il ESS
. ADA. ‘ Les femmes sont épargnées! ; À | 4 JUDITH.
a. Ha! Ha!
ADA
Mais si, maitresse. On nous emmènera en captivité.
Tu timagines, tu t’imagines un seul instant qu'on prendra Yaoudith vivante ?.…..
ADA
Vous serez traitée avec honneur!
… Que j'attendrai, assise dans ma chambre, les hurlements de la rue, l’irruption, les affreuses mains sur moi, les affreux regards inconnus, les
sueurs, les haleines... /Débordante d'horreur.) Ho!
ADA
Maitresse, une femme de votre rang ne sera
pas.
Justement, ma pauvre Ada, moi je ne suis pas sortie d'une esclave! Faire la femelle ? Mais je ne saurais pas. Tiens, j'ai choisi la lame qui me
préservera de ces hommages! (Et comme Ada frissonne à la vue d’un poignard.) Oh ! je comprends que tu n’en fasses pas usage! fRiant.) D'abord, ma chère, tu as le cœur si tendre! Qui sait, tu t'éprendras peut-être éperdument de l’heureux vainqueur qui t’emportera. (De la terrasse.) Ah! voici Saaph qui monte vers nous... Oui, vraiment, il n'est pas mal! Tu le penses aussi?
ADA
Il est très beau, maîtresse!
Soit! Je vais donc lui déclarer qu'il est très beau. Parfaitement! Je crois que tu m'as rendue un peu folle, toi, avec tes récits de la montagne. Si l'on m'avait annoncé tout à l’heure que je rirais.. et songerais à la vie! Après tout, ne suis-je pas libre ? La loi permet bien que l’on se marie à l'heure même de mourir.
ADA
Oh! maitresse.
JUDIPEH
Laisse-moi... Laisse-moi avec le beau Saaph.