ACTE II, TABLEAU I, SCÈNE II
HOLOPHERNE
Me croirez-vous? Je le pressentais obscurément! Enfin, je devinais en vous un être exceptionnel. JUDITH, qui a repris de l'assurance.
Longtemps, je n'ai été goûtée que de l'élite qui témoignait à ma poésie une sympathie très ardente, et puis, brusquement, la foule s’en est emparée... Je m’empresse de vous dire que cette faveur dépasse de beaucoup mes mérites !
HOLOPHERNE
Ainsi, vous êtes honorée pour votre talent...
vous êtes une grande artiste !
Le peuple m'a surnommée la fille d’Isaïe.
HOLOPHERNE
Isaïe ?
C'est un vieillard fameux qui habite dans Israël. Nous le regardons comme un prophète.
Ah ! oui, oui, oui, oui.
JUDITH, animée, radieuse.
On m'appelle aussi l’orchidée de Juda.
| HOLOPHERNE
. Ma Judith, votre voix nostalgique les chante ces hymnes si beaux?
JUDITH. 4 Parfois... sije m'accompagne de la harpe. Le HOLOPHERNE. à
Une harpe !.. Nos musiciens ne se servent pas de cet instrument. |
JUDITH. 2 Mais, Seigneur. n- HOLOPHERNE. u
Mais, à coup sûr, dans le butin... * (Il sest approché du gong.) 4 JUDITHL. %
Seigneur, je vous supplie de ne pas appeler | Ne