ACTE II, TABLEAU I, SCÈNE II
votre renommée... enfin d’un tel prestige pour ramener ce troupeau sous la main de son Pasteur, de ce Dieu unique que vous chérissez?
Ah! tous mes vains efforts, toutes mes larmes!
HOLOPHERNE
Vous avez échoué dans cette entreprise?
Hélas! la corruption foisonne dans ces âmes, la pourriture est installée dans l'arbre maudit. Je vous le répète avec douleur, l'Eternel Sabaoth s'est penché à mon oreille et il a commandé : « Va vers Holopherne, Prince des Victoires, car je l’ai choisi pour être le ministre de ma fureur. Instruis-le de toutes les choses secrètes et qu'il fasse éclater sur ma nation perdue d’ingratitude mes terribles merveilles! » Telle fut la parole du Dieu vivant.
(Un silence.)
HOLOPHERNE, pensif.
Je n'apporte pas ici ma colère, mais celle du Seigneur dont la voix tonnante a couvert mes
oraisons. (Une pause.) Car je n’ai pas à me plaindre
de ces pécheurs que j'ai la charge de punir. Ils me traitèrent toujours avec de grands égards. des égards très flatteurs! Je vous l'ai dit!
N’est-il pas vrai?
HOLOPHERNE
Oui, oui.
Mais un cœur droit peut-il mettre dans la balance l’adulation des scélérats avec un commandement de l'Eternel? Le peut-il?
HOLOPHERNE
Oui... Enfin, non! (Un silence. Judith est nerveuse,
sa jambe s'agite.) L'étoile filante !
JUDITH, se penchant.
Mon pied?
Il est aigu comme un javelot! S'il passe encore dans mon regard, je le saisis!
JUDITH, coquette.
Je vous le défends!
HOLOPHERNE
Dût-il me trancher les veines!
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