ACTE II, TABLEAU II, SCÈNE IV
VAGAOO.
Peuh!... Elle se juge supérieure à tout le genre humain! Je vous dirai quelque chose en confidence, Seigneur. Votre Galiléenne ne m'inspire pas beaucoup de sympathie. Je la juge fort stupide et sa confiance en elle m'irrite grandement. Bah! mon Prince aura raison de celle-ci comme de toutes les autres! Vous vous donnez
tant de peine !... Un jour, ce cœur s’entr'ouvrira
et vous y jetterez vos enchantements terribles.
HOLOPHERNE
C'est un être tourmenté... tourmenté et merveilleux ! Elle embellit les heures de sa présence. (Une pause.) Et parfois... en effet... brusquement... elle me donne l’impression.. Quelle âme étrange!
VAGAOO.
Splendeur, ne m'’avez-vous pas dit: « Il est honteux à un homme de ma race qu'une femme trouve moyen de se tirer d'avec lui sans consentir à ses désirs ? »
HOLOPHERNE
Eh bien?
VAGAOO.
Dans un instant, elle paraîtra... calme et lascive. Vous mordrez à la grenade fraîche.
Mais non!
Hmm... quand vous verrez, sous le lin transparent, les fières petites mamelles palpiter…
HOLOPHERNE
Je ne la toucherai pas! Je l’aime. Je n’ai jamais donné mon amour comme à celle-ci!
VAGAOO.
Pfou ! |
HOLOPHERNE
Cite-moi le nom d’une femme que j'aie aimée avec celte.
VAGAOO.
Mon beau Seigneur, vous n’en avez aimé au-
cune | HOLOPHERNE, stupéfait.
Moi !
VAGAOO.
Votre âme est trop vigoureuse, Ô grand félin! … La bête carnassière aime-t-elle Le gibier de sa chasse?
Je ne suis pas un amant?
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