ACTE I, TABLEAU II, SCÈNE V
amoureuse. L’ « amoureuse » est celle qu’enivre
-la danse autour de son corps ! Car le cœur n'existe
pas, ni sa timidité. Dites !... Le besoin de refuge n'existe pas ! Une « amoureuse » adorerait votre dure et grinçante exaltation !... Ah! je me sens si lasse tout à COUP. (Elie a quelques larmes.) Souffrez que je m'éloigne, que je m'enfonce dans l’exil !.… J'ai tout perdu... Je n’ai plus de patrie. Vous m'avez dérobé la prière du matin et la prière du soir. Ah ! oui, vous êtes un punisseur sans égal!
HOLOPHERNE, qui a saisi le cimeterre, qui en présente à Judith la poignée.
Judith, tue-moi !
JUDITHL.
Je n’échapperai pas à sa persécution !
HOLOPHERNE
Tue-moi !
Seigneur, il faut vous étendre sur ce lit, dormir... Le vin vous y convie.
HOLOPHERNE
Tue-moi !
Ma liberté, Seigneur ! Vous me l’avez promise. Vous avez juré sur le Dieu qui ne sait pas pardonner. Je veux partir à l'instant même !
HOLOPHERNE
Tu me tueras d’abord !
JUDITH, en larmes.
Quel est ce supplice nouveau ?
HOLOPHERNE
Judith, tu ne peux pas m'appartenir! C'est l'impossible. Je le sais. Et pourtant je veux être l’homme de ta vie! Comprends-tu ?
Je vous adjure de...
Non! Plus un mot! Plus un seul! Tais-toi.
Ecoute! Contracte ton âme pour m'écouter!
Judith, tu as besoin de la gloire. Tu ne la chéris pas, quoi que tu t’imagines, tu en as besoin ! Ma
Judith, tu ne trouveras l’étreinte que dans cet
élan de la multitude vers toi, dans le regard des yeux sans nombre sur toi, dans l’encerclement de toi par tous. Oh! rien ne te consolera du baïser. Le soir, tu suivras des yeux les couples. Que veux-tu ! Chacun de nous se heurte aux limites de son être, chacun porte le désespoir de n'être que soi.
Mais je...