‹ Judith Renaudin; drama in cinq actes, sept tableauxChapitre 76 sur 80 · SCÈNE Ili Les Mmes, LE CURÉ, Les DRAGoNs · texte numérisé non relu

SCÈNE Ili Les Mmes, LE CURÉ, Les DRAGoNs

LE CURÉ

Dieu soit loué! nous arrivons Fi temps. ils sont encore là, nos fuyards !

Tous se lèvent, renversent des chaises dans leur surprise et leur effroi. Les serviteurs prennent leurs fusils, on entend un cri de détresse jeté par la vieille Nanette, et l’aïeule serre davantage les petits dans ses bras,

Se RENAUDIN.

Oh! monsieur !.. Monsieur le curé, vous, nous trahir, faire cause commune avec nos bourreaux !.… Le curé s’avance au milieu de la salle, suivi des dragons du roi et, très grave, très doux,

LE CURÉ

Non, mon cher voisin, il n’y a pas de traître ici, ni de bourreaux non plus... Il y a un pauvre serviteur de Dieu que l’Église réprimandera sûrement, qui s’égare peut-être, mais qui, après bien des luttes, agit selon sa conscience et son Cœur.

Se. RENAUDIN.

Pas de traître, monsieur! mais alors, que font-ils ici, ces hommes? (Haineux et violent tout à coup, désignant les dragons.) Pour-

quoi sont-ils chez moi, et vous, pourquoi les avez-vous amenés? (Aux serviteurs), Barrez: la: route, vous autres, et assurez vos fusils! (n se prend la tête à deux mains.) Oh! non, à Ja fin, c'en est trop! On ne pense point me les arracher, n'est-ce pas, tous les mién$ qui sont ici, sans qu’au moins je les défende! (Tout à fait égaré, serrant Judith contre lui.) Perdus, je le sais bien, que nous le sommes d’avance, perdus! Mais tant pis! Ceux-là, qui sont les bourreaux aux gages du roi, qui sont les maudits, malheur à éux!

Les serviteurs ont apprêté leurs fusils. Le prêtre se met devant eux, les bras étendus. Les HER Dee NOR sans (OBtaes He armes.

LE PRÊTRE, toujours très re

Allons, allons, mon cher voisin qui vous égarez, calmezvous pour m'écouter.. Vous arracher vos enfants... Oh! non, ce n’est point dans ce dessein que je vous les aiamenés.…

Se RENAUDIN.

… Mais quoi, alors? Que nous veulent-ils, eux qui sont là? Dites-le! que nous veulent-ils?

°LE PRÈTRE.

Ce qu'ils veulent... Ah! mes chers amis, ce qu’ils veulent. les conduire par une autre route, — car vous alliez fuir, n’est-cé pas? —- les conduire éux-mêmes à la grand'plage, par un chemin différent que vous ne savez point. Et il faut les suivre en hâte, vous m'’entendez, partir une heure plus tôt, vous fier à eux... sahs quoi vous êtes perdus... Toute cette fin doit marcher d'une façon rapide et haletante, dans la fièvre des minutes

qui passent, JUDITH, effarée, allant dévisager l'un d’éux.

Mais, celui-là... J'ai déjà vu cette figure! C’est le serviteur de M. d’Estelan, celui-là, je le reconnais!

LE PRÈÊTRE.

Qui, ma chère enfant, ses fidèles serviteurs, tous deux,

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