ACTE H
Un faux bonheur nous jette un çoupçon doulourciix. Va^ si tu me trompais^ je serais moins heureux.
JUDITH, à part.
mon Dieu! tu Tentends! est-ce là ta victime?
Et pourquoi m'immoler, Judith? quel est mon crime?
Je sauve ton pays que tu croyais perdu ;
Par mon ordre^ Israël à sa gloire est rendu.
Nos intérêts unis bientôt seront les mêmes.
Je servirai ton Dieu s'il permet que tu m'aimes ;
Enfin, pour commander, pour régner en ma cour,
Que f importe ma mort?... n'asrtu pas mon amour?
Non, non, je ne crains pas que ta ruse me livre;
Pour te donner mes jours tu me laisseras vivre...
filais contre ta douleur vainement je combats.
Tu détournes les yeux, tu ne m*écoutes pas.
De tes vils ennemis tu me erois le complice.
Tu te venges sur moi de leur lâche injustice ;
Et m'accablant aussi d'un injuste courroux.
Tu me fuis, lu me hais...
JUDITH
Moi? je priais pour vous.
HOLOPHERNE
joie !... elle a mêlé mon nom dans ses prières ! Dès l'enfance endurci dans nos luttes guerrières. Je ne connaissais pas ces mots consolateurs.
Ah I Judith!...
(Apivetfant Ifaiiar.)
Qui vient donc?.».
^ JUDITH
NASSAR.
Prince, sur les hauteurs On vient de signaler un courrier de Ninive.
HOLOPHERNE, ëponvmiitë.
Un messager... du roi?...
NASSAR.
Dans rinstant il arrive.
HOLOPBERRB, à ladlUi.
Je cours le recevoir... et je reviens vei-s toi. SCÈNE X.
JUDITH
Lq malheureux, qui m'aime et qui se fie à moi !
Ah \ vivre tout un jour de ruse, de mensonge,
(«'okt un supplice afDreux... indigne... et quand je songe
A rhorrlble devoir qu*il me faut accomplir.
Mon Amo se inSvolte, et je me sens faihlir...
Mul| mentir t moi> JudiÛi l où suis-je descendue I...
Ifit lul««, contre les siens, comme il m'a défendue!...
Kt J*lraU, me courbant sous un ordre cruel,
Lorsqu'il agit pour nous, lorsqu'il sauve Israël,
Lom|u*ll veut, de son roi guidant l'esprit sauvage,
Prdsorver nos tribus d'un honteux esclavage,
J'irali, moi, par un coup lâchement médité,
lé'lminolor, et punir sa générosité?...
Ah ! ce n'est plus sa mort que le Seigneur ordonne!...
H'il comprend la pilié, c'est que Dieu lui pardonne !