‹ Judith, tragédie en trois actesChapitre 32 sur 49 · ACTE H · texte numérisé non relu

ACTE H

Un faux bonheur nous jette un çoupçon doulourciix. Va^ si tu me trompais^ je serais moins heureux.

JUDITH, à part.

mon Dieu! tu Tentends! est-ce là ta victime?

Et pourquoi m'immoler, Judith? quel est mon crime?

Je sauve ton pays que tu croyais perdu ;

Par mon ordre^ Israël à sa gloire est rendu.

Nos intérêts unis bientôt seront les mêmes.

Je servirai ton Dieu s'il permet que tu m'aimes ;

Enfin, pour commander, pour régner en ma cour,

Que f importe ma mort?... n'asrtu pas mon amour?

Non, non, je ne crains pas que ta ruse me livre;

Pour te donner mes jours tu me laisseras vivre...

filais contre ta douleur vainement je combats.

Tu détournes les yeux, tu ne m*écoutes pas.

De tes vils ennemis tu me erois le complice.

Tu te venges sur moi de leur lâche injustice ;

Et m'accablant aussi d'un injuste courroux.

Tu me fuis, lu me hais...

JUDITH

Moi? je priais pour vous.

HOLOPHERNE

joie !... elle a mêlé mon nom dans ses prières ! Dès l'enfance endurci dans nos luttes guerrières. Je ne connaissais pas ces mots consolateurs.

Ah I Judith!...

(Apivetfant Ifaiiar.)

Qui vient donc?.».

^ JUDITH

NASSAR.

Prince, sur les hauteurs On vient de signaler un courrier de Ninive.

HOLOPHERNE, ëponvmiitë.

Un messager... du roi?...

NASSAR.

Dans rinstant il arrive.

HOLOPBERRB, à ladlUi.

Je cours le recevoir... et je reviens vei-s toi. SCÈNE X.

JUDITH

Lq malheureux, qui m'aime et qui se fie à moi !

Ah \ vivre tout un jour de ruse, de mensonge,

(«'okt un supplice afDreux... indigne... et quand je songe

A rhorrlble devoir qu*il me faut accomplir.

Mon Amo se inSvolte, et je me sens faihlir...

Mul| mentir t moi> JudiÛi l où suis-je descendue I...

Ifit lul««, contre les siens, comme il m'a défendue!...

Kt J*lraU, me courbant sous un ordre cruel,

Lorsqu'il agit pour nous, lorsqu'il sauve Israël,

Lom|u*ll veut, de son roi guidant l'esprit sauvage,

Prdsorver nos tribus d'un honteux esclavage,

J'irali, moi, par un coup lâchement médité,

lé'lminolor, et punir sa générosité?...

Ah ! ce n'est plus sa mort que le Seigneur ordonne!...

H'il comprend la pilié, c'est que Dieu lui pardonne !

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