ACTE 1 i
ZELPHA.
On parle de complot/ de haine^ de querelle.
De sa tente Holopherne a renvoyé, dit-on.
Un de ses alliés, un descendant d'Ammon.
Dans les bois d'alentour il erre sans asile.
JUDITH
Qu'a fait dire Osias, gouverneur de la ville?
ZELPHA.
Des arrêts du conseil il veut vous informer
Avant de les signer et de les proclamer.
II sait que l'Esprit saint parle en votre sagesse.
JUDITH
Ah ! mon cœur épuisé succombe à sa tristesse. Eh quoi! nos ennemis de mes pleurs sont jaloux? On me sépare encor de toi, mon jeune époux !
Zelpha, depuis deux jours sa tombe prisonnière Languit sans une larme et sans une prière!... L'Impie a pénéti*é jusqu'en ce triste lieu ; L'Impie a traversé la montagne de Dieu !
Dans nos champs dévastés il a dressé ses tentes ; Il plante sur nos tours ses enseignes flottantes. Dans le jardin des morts il conduit ses troupeaux. Il leur donne à brouter l'herbe de nos tombeaux ! 11 profane la pierre oîi vont pleurer les veuves. Il brûle les moissons, il détourne les fleuves : H livre tout un peuple aux horreurs de la faim; De sa lente agonie interrogeant la un.
Il se dit qu'un soldat fier de sa renommée Peut défendre vingt jours une ville afTiimée;
14 JUDITH
Et^ paisible^ il attend le moment de nous voir
Tomber à ses genoux^ lâches par désespoir.
douleur!... Mais, Zelpha, quels cris se font entendre?
ZELPHA, allant vers la montagne.
A travers les rochers d'ici Ton voit descendre Un noble prisonnier par nos soldats conduit.
JUDITH
Le prince qu'Hoiopheme a chassé cette nuit... SCÈNE VI.
Les Mêmes, ACHIOR, conduit par des soldais Israélites. ACHIOR.
Soldats, à vos fureurs Holopherne me livre...
Mais moi, pour me venger, je vous demande à vivre.
Approchez-vous, seigneur.
ACHIOR.
Achior est mon nom.
Je commande au désert tous les enfants d'Ammon. Trahi par Holopherne, à lui rien ne m^enchaîne : Je viens vous apporter le secours de ma haine. Dès longtemps ce héros, jaloux de mes exploits. Cherchait à m'exiler en usurpant mes droits.
Hier, dans mes avis retraçant votre histoire, Moi seul j'osais douter de sa prompte victoire. Je disais du Seigneur lés secours bienheureux. Je disais que la foi vous rendait dangereux ;