‹ Judith, tragédie en trois actesChapitre 9 sur 49 · ACTE I J · texte numérisé non relu

ACTE I J

Que votre piété bravait tous les obstacles^ Et que vous combattiez souvent par des miracles. Holopheme à ces mots se prétend offensé :

« Ah ! dit-il, m'accablant d'un courroux insensé, » La foi des Juifs rendra nos succès impossibles ! » Va combattre avec eux, puisqu'ils sont invincibles. » Ce que promet leur Dieu, tu l'apprendras de nous » Dès demain, en tombant le premier sous nos coups. » 11 commande. A sa voix, hors du camp Ton m'entraîne. Je lutte, mais en vain mon sang rougit l'arène. Au pied d'un térébinthe on attache mes bras.

Et c'est là que honteux m'ont trouvé vos soldats. Je savais votre nom, et j'ai voulu, madame.

De vous seule obtenir l'honneur que je réclame : Faites que l'on m'accueille en ces murs assiégés. Je ne craindrai plus rien si vous me prot^CE.

JUDITH

Mais comment, vouB,seigneur,pouvez-vous me connaître?

ACHIOR.

Madame, bien des fois je vous vis apparaître Gomme une ombre plaintive à travers les rameaux, Quand, suivant Holopheme au jardin des tombeaux. J'épiais malgré lui sa douce rêverie.

Vous veniez honorer une tombe chérie ; Et ce maître orgueilleux, pour vous voir tous les jours, Des coteaux de Belma franchissait les détours. L'indigne, il s'enivrait de l'éclat de vos charmes... Peut-être ses regards, sans respect pour vos laimes. Auront-ils offensé vos regards inquiets?

JUDITH

Je ne pouvais le voir, Achior; je priais.

16 JUDITH

ACHIOR.

Depuis ce temps^ madame, agité, trist^e sombre, Il expie en aimant ses cruautés sans nombre : Il se traîne, il languit, faible et le front baissé. Comme un lion mourant qu*une flèche a blessé. Cet amour le consume en dépit de lui-même...

JUDITH

Vous parlez de vengeance, et vous dites qu'il m*aimo? Dieu de Débora ! j'ai compris ce signal.

J'ai reconnu tes coups dans cet amour fatal I Ne peut-on à prix d'or pénétrer dans sa tente ?

ACHIOR.

Quoil vous voulez... Craignez une lutte imprudente!

Holopherne sait feindre un amour généreux.

Un tyran qui veut plaire est toujours dangereux.

Il est noble, il est jeune, et son courage brille;

Meurtrier d'Arphaxad, il a séduit sa ûlle.

Il vous faudra braver cette rivalité;

Le pouvoir de Phédyme est encor redouté.

JUDITH

Mais il ne l'aime plus, que puis-je craindre d'elle? Qu'importe un souvenir pour son cœur infidèle ? Chez les Assyriens vous avez des amis?

ACHIOR.

Mes courageux soldats me sont restés soumis.

Ah î si l'on m'a bravé, c'est pendant leur absence ; Us reviennent... comptez sur leur obéissance.

JUDITH

Holopherne a pour lui de nombreux alliés?

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