QUINTETTE
JULIA (courant à Bcrnadille).
Bernadille, mon cher cousin,
A Cordoue étant de passage,
En bon parent, en bon voisin ,
Souffrez que je vous rende hommage.
BERNADILLE (troublé).
Enchanté , mon cousin , soyez Le bien-venu!
(A Frasquita.)
Bien qu'à l'instant tu m'eusses prévenu.
J'en tremble encor... car , sur mon àme... C'est tout le portrait de ma femme!!
FRASQUITA.
Pas tout à fait.
BERNADILLE (cmu).
Si, tout à fait !
FRASQUITA.
Le visage est jolus mâle...'
BERNADILLE (la regarde à la dérobée pendant qu’elle salue).
Oui , peut-être ... en effet.
(A Fabio).
A mes amis, mon cher cousin,
A ma future , si charmante,
En bon parent, en bon voisin Permettez que je vous présente.
(A Inès).
Chère Inès ?
INÈS
Cher seigneur ?
BERNADILLE (présentant Julia qu’il prend par la main).
C’est Fabio, mon cousin, C'est mon cousin de Salamanque .
Il était d'abord écolier .
JULIA (saluant).
J'étais d'abord un écolier.
BERNADILLE.
Il est devenu bachelier.
JULIA (de même).
Je suis devenu bachelier.
Enfin pour que rien ne lui manque Il est — c'est Vordre régulier — Licencié de Salamanque,
Rien ne lui manque!
TOUS
Il était d'abord écolier,
Il est devenu bachelier,
Licencié, c'est régulier !
Rien ne lui manque;
Salut ! à l'érudit cousin de Salamanque !
(Salutations et révérences).
J U LIA (à Bcrnadille).
Mes compliments, sèhor, car votre fiancée
Est tout à fait charmante! Elle a Des yeux dont la douceur enchaîne la pensée.
' (S’inclinant).
Permettez , Sèhora.. ..
Vraiment, de si divins appas Le ciel est trop avare !
Le cousin ne mérite pas Un bonheur aussi rare!
(avec force).
Non ! il ne le mérite pas !
INÈS (riant et minaudant).
Grâce , Séüor.
BERNADILLE (vexé, à part).
Sur ma parole,
Je me serais fort bien passé du compliment
OCTAVIO (à part, regardant Julia).
Ce jeune échappé de Vécole Serait-il encore un amant ?
ENSEMBLE
INÈS et OTTAVIO (à part).
Il va vraiment un peu loin,
El de retenue il manque;
Ah ! nous n'avons pas besoin Du cousin de Salamanque!
BERNADILLE (avec humeur, à part).
Je trouve qu'il va trop loin,
Que de retenue il manque ;
Vraiment, j'avais bien besoin Du cousin de Salamanque !
FRASQUITA (à part).
Elle s en irait très loin...
Je doute quelle leur manque ;
Nul ici n'avait besoin Du cousin de Salamanque !
J U L IA (riant à part).
Si je m'en allais très loin Je doute que je leur manque ;
Nul ici n'avait besoin Du cousin de Salamanque !
INÈS (à Bernadille).
Après une longue séparation, nous comprenons le désir que vous avez de causer avec votre cher cousin. Vous devez avoir bien des choses à vous dire, et nous vous laissons ensemble.
BERNADILLE (protestant).
Permettez, chère Inès, au contraire, je..*
INÈS (sans l’écouter, à Ottavio.)
Ottavio, votre main?
OTTAVIO (aVec empressement).
A vos ordres, Sénorita.
(Ils sortent par le fond. Frasquita rentre dans la maison de Bernadille).