‹ Juge et partieChapitre 9 sur 34 · CAVATINE · texte numérisé non relu

CAVATINE

Tendrement ,

Un amant,

Qui soupire

S'imagine, et grâce à scs présents, S'assurer à jamais son empire Sur des cœurs devenus complaisants .

Puisque, de tout temps, on assure Que l'art est fait pour la beauté.

Une femme aime la parure Qui vient flatter sa vanité ..

Mais quand son cœur est bien épris Un regard de celui quelle aime,

A pour elle encor plus de prix ,

Car Vamour est le bien suprême !

RERNADILLE (flatté et prenant l’aveu pour lui).

Ah! quelle délicatesse! quel désintéressement! FRASQUITA (môme jeu).

Mon maître?

B E R N A DI L L E (se retournant).

Hein? Qu’est-ce encore?

FRASQUITA (à Bernadille, pendant qu’Ottavio parle basa Inès).

Votre cousin Fabio est arrive.

BERNADI LLE.

Quel cousin?

FRASQUITA.

Le jeune Fabio, le cousin de votre femme, qui lui ressemblait tant, vous savez?

bernadille.

A qui?

FRASQUITA.

A votre femme.

B E R N A DI L L E (avec colère).

Ne parlons pas de ma femme ! 1 u sais bien que ce souvenir-là m’est pénible !

FRASQUITA.

Justement ! J’ai pensé que la vue d une personne

qui lui ressemble pourrait vous être plus pénible encore, et j'ai tenu à vous prévenir.

BERNADILLE .

Il va donc venir ici ?

FRASQUITA.

11 va revenir. Eh ! tenez, le voici !

BERNADILLE (à part)

Au diable !

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