SCÈNE V
I’RASQUITA, puis BERNADILLE, INÈS et
OTTAVIO (sortant de la maison d lnès).
FRASQUITA (seule).
Niez donc les pressentiments? Moi qui, tout à l’heure, parlait justement à mon maître de la senora Julia, sa femme. Ah ! le voilà qui sort de la maison de sa fiancée ! (Riant.) Sa fiancée ! Ah ! ah ! (Elle étouffe une envie de rire).
BERNADILLE (à Inès).
Comment, Senorita, vous refusez ma proposition? Je vous assure qu’une petite collation, sous une tonnelle, au bord du Guadalquivir, vous ferait grand bien.
INÈS
Merci, seigneur Bernadille, je suis un peu lasse, et préfère ne pas m’éloigner.
BERNADILLE.
Comme il vous plaira, chère Inès.
INÈS (à Bernadille).
Je suis confuse, en vérité, des mille soins que vous
prenez pour me plaire. Ce matin, c’était une aubade, ensuite un bouquet, maintenant vous m’offrez la collation...
OTTAVIO
Il n’y a rien là qui doive vous surprendre, Seüorita.
FRASQUITA (qui s’est approchée, à Bernadillc, à demi-voix).
Maître !
OTTAVIO (à Inès).
Le seigneur Bernadille a trop d’esprit pour ne pas savoir que les plus riches cadeaux ne coûtent rien quand ils sont agréables à celle qui les reçoit.
DERNADILLE (enchanté;.
Il est charmant, ce garçon-là !
INÈS
Je ne suis pas tout à fait de votre opinion.