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bien loin de constituer une preuve certaine, irrécusable. Il faut ajouter qu'il est contredit par le défendeur et par le témoin Guilmette. Dufour ayant déterminé d'une manière précise le jour, le lieu, et l'heure auxquels sa rencontre avec le défendeur aurait eu lieu, Guilmette a juré qua jour et à l'heure indiqués Dufour n’était pas venu chez Théophile Simard et n’y avait pas rencontré le Défendeur.
J'ai droit de conclure que le deuxième chef d'accusation contre le défendeur n’est pas appuyé d'une preuve suffisante.
30 Promesse d'argents au Comté.
Comme on le voit par le titre même de ce troisième chef d'accusation il ne s’agit plus ici de quelques individus que le Défendeur aurait corrompus ou tenté de corrompre ; mais il s’agit de tout le comté qu'il aurait voulu acheter en-bloc. Le fait sur lequel repose cette accusation est le plus simple, le plus ordinaire et en même temps le plus innocent, suivant moi, qu'un candidat puisse accomplir. :
Le Défendeur adressait la parole à une assemblée publique. Un électeur l'interrompt et lui demande s’il pourra obtenir des argents pour des travaux publics dans le comté s’il est élu, vu qu’il sera dans l'opposition. Le Défendeur répond négativement, et ajoute qu'il faudra renverser le gouvernement, ce qui exigera un temps plus ou moins long, et qu’ensuite il pourra peut-être obtenir pour le comté sa part des octrois qui seront votés nour les travaux publics; que dans tous les cas il ne s'agissait pas à cette élection d’une question d'argent, mais bien d’une question de principes.
Je ne crois pas qu'on puisse sérieusement soutenir qu'il y a un acte de corruption dans ces paroles du Défendeur.