‹ Jugement erroné de M. Ernest Renan sur les langues sauvages [microforme]Chapitre 12 sur 55 · ART. II—FORMATION DES NOMS IROQUOIS · texte numérisé non relu

ART. II—FORMATION DES NOMS IROQUOIS

On trouvera dans les £tud, Philot. (p- 95 et seqq.) un certain nombre de noms, les uns sünples, les autres dérivés ou composés.

Je me bornerai ici aux seuls noms verbaux. Il y a plusieurs manières de les former.

lo. Fil s’agit d'exprimer un nom de profession, de métier, d'un état quelconque, on se sert du verbe lui-même sans modification, du moins généralement partant. Exemples : Tehaïatoretha, juge. | Ras8Senkaraketas, menuisier, + TehariSakennhas, arocut. | Rahtakonni, cordonnier. Ratetsents, médecin. | Ranataronni, boulanger. Rahiatons, notaire, | Raïenthos, cultivateur.

‘aine, signifie encore : cénelle,

qui, outre le sens général de petit fruit, petite gi fruit de l’aubépine.

De MINENS pris dans sa signification générale, se forment les noms composés : Manitominens, petite graine mystérieuse, c'est-à-dire perle, rassade, Miziminens, petite graine partout, c’est-à-dire blé,

Ranonsonni charpentier. |Ratenninons marchand. ; 1 ) Raëistonni, forgeron. |Kanohares, blanchisseuse. Tehenstenrotha, magon. Kariseronni, hricoteuse. Rokstenha vieillard. [Kakhonni cuisinière,

2 2 Teharon8Sekon, aveugle. 8atiata8Sitseronni, tailleuse. TehahontakSekon, sourd. Kako8Sanen supérieure.*

J'ai dit, généralement parlant, parce qu’il y a un petit nombre de noms qui subissent une légère altération, tel est le mot ARISASAKON, évêque, pour RariSaSakon.

20. Un grand nombre de noms abstraits se forment des verbes correspondants, au moyen de la terminaison sera que l'on ajoute à la 3me pers. fem. du parfait, ou du présent, quand le verbe n’a pas de parfait. Par exemple : kanaiïesera, orgueil, kanionsera, avurice, kanak8ensera, colère, kahiatonsera, livre, papier, image, kaïotensera, travail, karonkiakensera, souffrance, etc., de kanaïe, elle est orgqueilleuse, 3me pers. fem, du verbe kenaie, je suis orgueilleux, et ainsi des autres. Voy. Etud, phil., p. 61, avec la note.

30, Les noms qui expriment l’action d’une personne sur une autre, se forment de la 3me pers. ind. soit du présent soit du parfait réfléchi, en changeant ‘on en «, ex: atatenek8aheston, le baptême, atatkentsiokha, la confirmation, atatiatokha, l’extréme-onction.

Quelquefois on se contente d'employer la 3me pers. indéterminée du présent réfléchi; et dans ce cas, ce n’est plus, à proprement parler, un nom verbal, mais plutôt le verbe luimême pris substantivement, ex : iontatenek8ahestha, iontatkentsiokhas, iontatiatokhas, on les baptise, on leur oint le front, on oint leurs personnes ; 1. e. Baptême, Confirmation, Ext. Onct.

# Devant les mots ci-dessus et autres analogues, notre article indéfini un, une, peut se rendre au commencement d’un récit, par shaïatat, skaiatat, tandis que l'article défini de, La, les, se rend par ne, ou ne s'exprime pas du tout. Exemples: un prêtre, Shaiatat ratsihentatsi ; une religieuse, skaïatat ioiatatokenti; le Seigneur, ne RaSenniio; {& Reine, ne Kakorako8a; les enfants, ne ratiksa okonha, les juges, tehatiiatoretha ; les avocats, tehatiriSakennhas, etc.

Les mots de la liste ci-dessus signifient littéralement : 17 examine, il défend la chose, il soigne, il écrit, il gratte les planches, il fait des souliers, il fait du pain, il sème, il fait des maisons, il travaille le métal, il plante des pierres, il est vieux, il a les yeux bouchés, il a les oreilles bouchées, 1! trafique, elle lave, elle fait des Das, elle travaille les aliments, elle confectionne des habits, elle est grande.

do. Les noms qui expriment l’action d'une personne sur elle-même ou l’action réciproque de plusieurs personnes, se forment de lamême manière que les précédents; et on pourrait facilement les confondre entr'eux, si on ne fesait pas attention à la position qu’ils occupent dans la phrase. Ainsi les mots atatenonSehon, atatsSenhon, atatiesaton, atatkon-

LA nienstha, atatkenronni, ateriio, etc., pourront signifier suivant l les circonstances, lo. «mour-propre, ainour de soi-même, ma-

cération de la chair, fierté et air de sufisance, humilité, suicide ; ou bien, 20. «mou: du prochain, haine du prochain, mauvais traitement fait à autrui, respect à l'égard d'autrui, mépris du

| prochain, homicide ; ou bien encore, 30. «mnour mutuel, haine | réciproque, mauvais traitements faits et reçus, échange mutuel de ÿ bons procédés, mépris réciproque, rixe, bataille entre deux » ou plusieurs. *

90. On se sert souvent de la personne indéterminée du présent de l’indicatif— Tantôt des verbes absolus simples, comme :

A Iakentorha, la paresse, littéralement : ox est paresseux. ; Iakaores, lu gourmandise, littéralement : on est gourmand. Ienekakasta, l’ivrognerie, littéralement: on est ivrogne. Tantôt des verbes absolus causatifs, comme :

- Iontroriatha, discours, rapports, litt.: on parle de.

à Ieiatonk8a, écritoire, et gen. in, Vitt.: on écrit sur Iekaratonk8a, conte, histoire, Litt. on raconte, on narre avec. Tantôt des verbes réfléchis causatifs, comme : lontatitenratha, cnnône, Vitt.: où fait la charité avec. Iontatiesatha, austérités, Vitt.: on se mâle aver.

, Iontatennhotonk8a, prison, litt.: où les enferme dans. Go. Les noms qui expriment l’action d’une chose sur une

personne, prennent pour se former, la relation de la 8me pers. fem. à la pers. ind. du verbe causatif, exemples :

à * Certains noms prennent en outre, ad libitum, la terminaison sera ; ainsi on pourra dire: ateriosera, atatkenronnitsera. Mais quand le parfait du verbe se termine par Mon, cette finale doit disparaître devant la terminaison sera ; ainsi on dira: atats8ensera, atatenonSesera, même signification qu'atatsSenhon, qu'atatenonSehon.

EE

Iakoriohtha, poison, litt.: ce qui les tue.

Iakotsientha, remède, litt.: ce qui les guérit. Iakotastha, dormitif, litt.: ce qui les fait dormir. Iakotanentaktha, astringent, litt.: ce qui leur attache les

excréments.

TeiakotiatonkohtakSa, laxatif, litt.: ce qui leur passe au ; travers du corps.

IakonikonhrotakSatha, tentation, litt.: ce qui leur enlève l’esprit.

7o. Assez fréquemment, on fait usage du verbe relatif pour la formation des noms propres. C’est le plus souvent la relation 1L LES = SAKkO pour les noms d'hommes, et la relation : ON LA = KON8A pour ceux de femmes.

Page 1