‹ Jugement erroné de M. Ernest Renan sur les langues sauvages [microforme]Chapitre 23 sur 55 · ART. IV.—DU TRANS-LOCATIF · texte numérisé non relu

ART. IV.—DU TRANS-LOCATIF

Le signe du TRANS-LOCATIF est IE pour le présent et le parfait de l'indicatif, 1 pour le futur, 1A pour l'impératif. Ex.: Je suis allé, IE8AKENON pour 8akenon ; j’alluis (à, ETHO TEKES-

dt tt ntm + —de

KSE, pour ikesk8e; dis-lui (quand tu le verras), IATSRORI pour hetsrori ; souviens-toi (lorsque tu seras À), IASEHIARANN, pour sehiarann ; je lui ai donné, EuTASI, pour ria8i ; je l'envoie (là), IEHINNHAS, pour rinnhas ; appelle-le, IATSINONK, pour hetsinonk; vas allumer, 1ASATEKAT, pour satekat ; {x écriras à lon père, IENTSHIATONSE, pour entshiatonse; je lui donnerai à boire, IENHINEKANONTE, pour enhinekanonte.*

L'un et l’autre Locatif s'emploient très-élégamment dans les noms de parenté, ainsi que le Aéitératif. En traitant de <e dernier accident, je reviendrai aux deux autres.

ART, V.--DU DUPLICATIF,

I] ne faut pas confondre cet accident avec le cis-locatif dont nous avons déjà parlé. Son signe est le même; mais sa valeur est bien différente.

On doit considérer comme duplicatifs tous les verbes qui expriment l’action corrélative de deux ou plusieurs agents, par ex. : l’action de parier, de mettre au jeu ; où qui expriment un état commun à deux personnes, comme étre marié ; ceux qui renferment l’idée de division, de séparation, et celle d'union, d’annexion, de mélange, de superposition, comme couper en deux, séparer des époux l'un de l'autre, joindre deux choses ensemble, de deux choses n’en faire qu’une, soit en les cousant, soit en les clouant, soit en les mêlant, soit en les croisant ; ceux enfin qui désignent un phénomène physiologique attribuable à un de ces organes que la nature à fait doubles, comme eyarder, et par contre, étre aveugle, aveugler, &c.

Parmi les verbes duplicatifs, les uns le sont essentiellement,

* Ces manières de mettre la note de Zocalité, observe M. Marcoux, sont très fréquentes et servent admirablement pour la concision et 11 clarté du discours; mais aussi elles rendent l'analyse du verbe beaucoup plus diffeile à un æommençant qui peut confondre aisément une personne ou une relation avec une æéduplication ou une localité.”

Ce que M. Marcoux nomine ici réduplication, je l'appellerai REITERATIF ; et je donnerai le nom de pUPLICATIF à ce que M. Ma”coux, après le P. Bruyas, a continué à rommer afhérmatif, sans que personne ait jamais pu donner la moindre raison d'une semblable dénomination.

OT

comme TEKASENTHOS, Je pleure, les autres ne le sont qu’accidentellement, comme TEKIAKS, je coupe en deux, TEKIAKS est le duplicatif d’ékiuks-je coupe. On ne peut pas dire kasenthos, parce que nous avons dans nos deux yeux, comme deux sources de larmes ; mais supposé que l’iroquois eût été parlé au pays des Cyelopes, très-certainement on n'aurait pas fait usage de la préfomante TE, laquelle, ici comme dans beaucoup d'autres cas, est un indice manifeste de dualité.

“ Ce TE ne change rien, enseigne M. Marcoux, à la manière de conjuguer ces verbes, si ce n'est qu'il s’élide au futur et au subjonctif, comme T’exkasentho, T'akasentho ; et qu'à l'aoriste, 11 se met après 84 : Sa Thasentho"*

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