ART VI—DU REITERATIF
Le signe de cet accident est S placé devant le Verbe d'après les règles observées dans l'emploi du Cis-locatif, c’està-dire que 1à où il y a un Tr pour ià localité en dec, il faut mettre $ pour exprimer la réitération ; Ià où il y a TE, il faut mettre SE, là où il y a 71, il faut mettre rs. Exemples :
Tkahtenties, je pars de là ; Skahtenties, je repars.
Tesahtenties, {« pars de là ; Sesahtenties, tu repars.
TiteSahtenties, nous partons de là; rsiteSahtenties, nous repartons.
Le Réitératif s'emploie avec les adverbes de temps, comme : eniorhenne,f demain; oïa enrsiorhenne, «près-demain ; tetenre, hier ; oïa rsitetenre, avant-hier ; eniokara$e, aujourd'hui dans la soirée ; enrsiokaraSe, demaix duns lu soirée.
Le réitératif est comme un signe de noblesse dans les noms propres: ShotsitsioSane, À! « encore la grande fleur ; ShotsienhoSane, / « encore le grand feu ; Shohennese, 4! porte encore le long urc ; ShonaSenhes, #{ porte encore le long panache,
* Jos. Marcoux, Grammaire Iroquoise, (manuscrite.)
+ Ce mot et les autres sont au fond, de véritables verbes; ainsi eniorhenne est le futur de IORHENS, à fait jour, eniorhenne, à! fra jour, quand il fera jour ; en'TSiorhenne = quand il REfera jour ; eniokara8e= quand il fera brun; en TSiokaraSe = quand il REfera brun.
J'ai dit à l’art, IV du présent chapitre que cet accident aussi bien que les deux Locatifs, s’employait très-élégamment dans les noms de parenté, voici comment: J’ai plusieurs frères et sœurs, les uns mes aïnés, les autres mes cadets, je dirai :—
Au réitératif: Shakelkenha, de celui qui est immédiatement avant moi, de celui dont je suis le cadet immédiat, SeSalrekenha, de ma sœur qui me précède immédiatement, Shikenha, mon frère cadet, Skekenha, ma sœur cadette (celui, celle de de mes puinés qui me suit immédiatement) ;
Au cis-locatif : T'hakekenha, mon frère ainé, (l’ainé de tous) Tionk8akenha, notre sœur ainée ;
Au trans-locatif réuni au réitératif: teShikenha, Skekenha, mon frère, ma sœur, non pas celui, celle qui vient immédiatement après moi, mais bien le suivant, la suivante.
Si j'ai encore d’autres frères ou sœurs plus jeunes, ces deux accidents seront précédés d’un nom de nombre ordinal; et on pourra me demander par exemple, si tel de mes frères est mon troisième ou quatrième cadet: asenhaton ken n’#eShetsekenha katon ken kaïerihaton ?
Autre exemple :—Pierre et Jean sont cousins, sans dire à quel degré ; on traduira : RONARASEHA; ds sont cousins ger- InGiRS = SHONARASENA ; ls sont issus de germains = TESHONA- RASEHA ; ls sont cousins au 3e, au 4e degré = 3" 4MSr N'IESHONARASENA.
Ajoutons encore qu’on se sert du cis-locatif pour désigner l'ainé des enfants, et du traus-locatif pour désigner le plus jeune :—rienha ThakoSanen, mon fils ainé; keienha Tkako- Sanen, #a fille ainée; rienha n'IEraha, mon dernier fils, keienha n’IEiakaha, ma plus jeune fille.