‹ Jugement erroné de M. Ernest Renan sur les langues sauvages [microforme]Chapitre 50 sur 55 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

Morts FORMES PAR ONOMATOPEE.

Il m'a toujours paru que la langue algonquine est trèsriche en mots onomatopéiques. Entreprendre d’en faire le relevé, me conduirait trop loin. Je me bornerai ici à mettre en parallèle avec les racines quadrilitères et quinquilitères dont parle M. Renan, un certain nombre de mots iroquois qui ne peuvent manquer d'attirer son attention.

On connaît déjà les deux dont il a été fait mention à la page 88 des Etudes Philologiques, et dont il serait superflu de parler encore. Voici les autres qui, à part les deux premiers, sont tous des noms d'oiseaux :

Taraktarak, grillon mâle, vulgairement nommé cricri.

KSisk8is, (au Sault: k8esk8es,) cochon, (en alg.: Lokoc.)

Ahahroron, sorte de canard que les Algonquins appeilent ANHANHSE.*

KS8enk£8enha, litt. le petit coin-coin.

Tontonha, litt. le petit ton-ton.

K8itok8ito, Pic du Canada; on l'appelle communément pique-bois.

Raonraon, oiseau-mouche. C'est du bruit qu’il fait avec ses ailes que lui vient son nom de raonraon.

Sarasara,

Tekanienk8irok8iro,/ J’ignore le nom français de tous ces Tsiketsike, oiseaux, je sais seulement que leur nom Teriteri, iroquois est dû à leur cri.

Larotaro,

Ta8istaBis, allouette. Les Alg, la nomment ad)idjicki8ens. Totstotstserineken, rossignol, en alg.: kaskaskanidjisi. 8ïion8iion, linotte.

* De ce mot anh-anh-8e = il dit anh ! anh! les Canadiens ont fait: cacaoué. Mgr. Buraga le traduit en anglais par pigeon-tail = queue de pigeon. Voyez le mot œage dans son Dictionary of the otcipwe language, Cincinnati, Jos. A. Hemauon, 1853.

À ces noms on pourrait en ajouter bien d’autres formés également par onomatopée, tels que:

Kokoha, coucou, (cuculus, szw#) alg.: KOKOKOo. SBesis

Tsio8iia ; merles, oiseaux silants.

Tsiihiie

K8akorien, bois-pourri; en alg.: 8aonesi.*

Les Algonquins appellent l’éfourneau: ToATCAKANO et les Iroquois: AKOTSAKANENHA.

C’est pour avoir aperçu un rapport de similitude entre le cri du corbeau et celui de la grenouille que nous avons exprimé ces cris par des termes presque identiques: croussement, coassement. Les Sauvages paraissent avoir fait la même observation. En iroquois, corbeau se dit TSIOKABE, et grenouille OTSK8ARE; en algonquin, MAKAKI désigne la grenouille et KAKAKI le corbeau.

* Les Anglais du Canada appellent cet oiseau: WAip-poor-will, ayant cru reconnaître ces mots dans les trois ou quatre notes dont son chant se compose, tandis que les Canadiens, les Iroquois, les Algonquins l’ont nommé respectivement Vois-pourri= ksakorien — saonesi, s'imaginant eux aussi, entendre ces diverses syllabes articulées par le Cuprimulgus vociferus, comme l'appellent les Naturalistes. Quelques-uns ont pensé, mais à tort, qu'il ne différait nullement du mangeur de maringouins, le KBentis des Iroquois, le Peck des Algonquins. Celui-ci est désigné par les ornithologistes sous le nom de Caprimulgus Virginianus.

Voyez l’article CAPRIMULGIDŒ dans le Dictionary of Natural History by Baïnp.

Voyez aussi le Dictionnaire des Sciences de M. Bouillet, art. ENGOULEVENT.

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