LA VERSION ÉTOILÉE
où BRILLENT
LES VARIANTES PARTICULIERES d'uN MANUSCRIT DE IMITATIONE CHRISTI , SANS NOM d'auteur et SANS DATE , MAIS AVEC DES NOMS DE POSSESSEURS DU 16 "^^ SIECLE ET UNE OEUVRE DE GeRSON AJOUTÉE AU MANUSCRIT.
EXTRAIT du Journal général de la Littérature de France.
Février j 1836.
Premier eTraduction d'après un Codex de Imitatione Christi, dit de Advocatis , supposé du i3® siècle , avec l'altribution du texte à un frère Jean Gersen de Cayaglia , et Remarques du traducteur à l'appui de son hypothèse.
Après notre article d'octobre i835 ' nous ne reviendrons point sur ce personnage fabriqué soit relativement au nom , au lieu de naissance et à la qualité j soit même quant à la profession monacale donnée à l'auteur d'un livre de Maximes de morale universelle, dont M. Onésimc Leroy a découvert l'oeuvre française à la suite de sermons de Gerson , et dont les Religieux frères du Chancelier ont nécessairement leur part d'instruction dans l'ouvrage latin. Noos n'examine-
rons pas même la traduction que l'éditeur avoue avoir puisée , en ce qu'elle a de général , dans les diverses versions françaises. Les différences d'avec les autres textes , figurées par des étoiles, motivent seules le terme de i'^ traduction, qui pourrait bien être la dernière ; car elles ne font que reproduire les vices nombreux , les fautes de sens et les défectuosités de son texte, que l'on trouvera notées à la marge d'un exemplaire de son édition latine. Certes , si ce texte eût été le plus ancien de tous et pris sur l'autographe , il serait un des plus purs et des plus corrects, transcrit alors par les clercs instruits, et non par la tourbe des copistes de l'âge avancé du i5« siècle. Il nous suffira de dire ici trois ou quatre mots de la base de son manuscrit, qu'il croit ôlre le môme que celui d'une époque prétendue ancienne où un Joseph do Adwcatis
mentionné dans» un Diarium donne à son frère un luanuscrit précieux ( Codicena pretiosum ) de Imîtalione Chrisii , qu'il tient de longue main de ses aïeux. — 10 L'expression de manuscrit précieux suppose un ouvrage déjà connu et apprécié, sous le titre général de Imita' iione Chrisii^ titre qui n'a eu lien qu'au déclin du quinzième siècle. Multiplié dès sa naissance dans le cours de ce siècle, ce livre devint alors un manuel précieux et consolant , que quelquesuns seulement appelaient de Imitatione Christi, — 20 Le Codex de ^dvocatis est si bien de l'époque avancée du i5e siècle, que, indépendamment de divers autres signes, dans le titre du ebap. a3 du livre III se trouve le chiffre aigu de notre 4 moderne.— 3o Le spécimen des chiffres de l'époque de la donation a de même un 4 aigu; ce qui, avec le chiffre pris pour un 3 dans le Diarium au lieu du 5 tel qu'on le voit figuré dans un manuscrit en la possession^de M. Gence, achève ^de dénoter une époque postérieure et contemporaine de celle des possesseurs du MS au i6e siècle. L'addition ânttaiité de Meditatione cordis de Gerson, annonce qu'ils croyaient l'Imitation du
même auteur , bien loin de penser qu'elle eût existé bien antérieurement dans leur famille. — 4° Malgré son spécimen , l'éditeur a cru devoir se procurer une attestation de l'Evêque de Biella,parM. le Comte Gustave de^dvO' catiSf docteur en théologie de cette ville. Eh bien ! dans les Remarques à la suite de la traduction , l'acte du donateur est rapporté ; mais il n'y manque que la chose nécessaire, la date de la donation, date qui est fausse si elle s'y rapporte, ou qui ne lui appartient pas si elle est vraie . Quoique le chiffre du spécimen , avec tout l'appareil dont il est accompagné , ait pu en imposer à des membres de l'Académie deMunich qui ne connaissent pas les prolégomènes de l'édition latine publiée par M. Gence chez MM. Treattel et Wurtz , l'Académie bavaroise > qui n'ignore pas les travaux de recherches de son docte compatriote Eusèbe Amort , ne peut méconnaître tout ce qu'il a fait pour prouver qu'il n'existe pas de manuscrit de l'Imitation plus ancien que le quinzième siècle , et que l'existence d'un Ger«e»i différent du chan' celier Gerson est une vraie chimère > comme l'auteur supposé du i3* siècle.
Par un ancien archiviste au Dépôt des Charte»', ancien membre de la Société des Antiquaires de France.
Imprimerie de MOQDET et COMP., rue de la H«rpe, 90.