‹ Jugements relatif à l'ImitationChapitre 9 sur 18 · DÉVOILÉ · texte numérisé non relu

DÉVOILÉ

GERSON biillaîl au fionlispice.

Mais Jean GERSEN , fantôme Tain « Au Panthéon , jouant le Saint , N'élale aux yeux qu'un nom factice.

EXTRAIT du Journal général de la Littérature de France,

Octobre \^:'55.

Panthéon LITTÉRAIRE, 2"* volume.

Phiiosophie chrétienne^ contenant V Imitation de Jésus- Christ , etc. , trad. en français , avec une Notice sur l'auteur de l'ouvrage.

Le litre général de cet édifice colossal semble désigner le temple de toti» les «aints de la littérature, quoiqu'ils n'occuptnt ici que le deuxième rang; mais c'en !*prait plutôt le tombeau, si foui les philoiophes chrétiens qui en font partie

n'étaient pas des personnages plus réels que celui dont l'éditeur a cru pouvoir faiie i.ne sorte d'apoîh'ose. tJn mémoire de M. de Grégory, piémontaîs, sur un auteur fictif de l'Imitation, a été exhumé de l'oubli après dix années, et a enfanté la notice d'après laquelle l'éditeur a reproduit, malgré son prospectus, le nom du personnage f ntastique mis en tête de Vlmltat.on. Ce prospectn.i, dans un tableau synoptique de la littérature du i5e siècle, avait annoncé JeanCharlier de Gerson comme auteur

de Vlinitationde J.-C^ opinion qui devient de jour en jour plus probable, et qui, par la découverte que vient de pu. blier M.Onésime Leroy, d'un manuscrit de Vlnternetle Consolation , ouvrage de Gerson et le même que Vlmilation , est une nouvelle preuve monumentale à l'appui de celle du beau manuscrit de Vlmiialion, sous le nom et avec le poi trait de Gerson, en la possession de M. Gence.

Mais, dans la notice préliminaire et le volume de Pld'.osopliie chrétienne du Panthéon littéraire , ce n'est pins Jean Gerson, chancelier de l'église de Paris, qui est proclamé auteur de Vlmitalion; c'est au contraire un frère Jean, dit Gcrsen, remis en avant par l'éditeur, sur la foi d'un mémoire étayé d'un manuscrit sans date comme sans nom d'auteur, tt quoique démasqué dans le Journal des Savons par M. Daunou, et dans les Nouvelles considérations surl'auleur par M.Gence,donlles doctes Fortia,Tourlet, Guillon de Montléon, J. Labouderie , "Villenave, etc., partagentles sentimens, ou le fait renaître à Cavaglia^ dénomination que l'on veut trouver dans le surnom de Johannes de Canabaco, d'un manuscrit allemand qui ne porte pas le nom de Gersen. Mais , dénommé ainsi en tète d'un manuscrit de Mantoue, bien qu'avec l'attribution à Gerson, dont l'épitapbe y est restée, ce Gersen a été fait abbé de Verceil, au i3e siècle, d'après uae note du i6«, où le nom est fdisifié, et abbé de Sjiint-Etienne d'après une mention rapportée de mémoire par un historien du 17e sièclr, qui n'en avait point parlé a\ant la contestation dans son catalogue di tutti iiscrittori Piemon- /tf«e*. Ce personnage ainsi fabriqué n'avait été ni pu être réellement cité par aucun historien ancien, ni au(unlittérateur critique. Et cependant, sur unpuç

ouï-dire^ grossi en se répétant, démenti dans sa source, et annulé par défaut de preuves de fdit, le vain personnage redonné comiiie positif dans la notice biographique de l'éditeur, se trouve, chose inouie depuis l'origine de In contestation^ inscrit jous le nom de frère Jean Gersen dans le titre courant, au recto de toutes les pages de Vlmitatiou de J.-C,^ le plus moral des livres de philosophie chi éticnne, publié si honorablement ous le nom de l'illustre chanceli; r, dans l'inscription solennelle de pus de vingt manuscrits anciens et dans le plus grand nombre des éditions du 15e siècle. — Ce n'est pas tout encore. Lorsque l'éditeur de la notice distingue comme fidèles quelques versions, même celle de Sacy, et en annonce une nouvelle en français dont s'occupe M. de Grégory, la traduction de M. Gence, que le conseil royal de l'inatructioii publique, sous le ministère de M. Guizot, par sa décision du 22 mai 1835, vient d'admettre dans les bibliothèques des collèges comme fidèle au texte latin revu avec soin sur plusieurs manuscrits, n'est pas même nommée dans !a noSice. Cependant l'édition latine de M. Gence, le promofeur df3 la cause de Gerson en ce siècle dès l'année 180S au Mémorial de l'Eglise gailicane, est désignée dans la notice du Panthéon litièra.re , comme l'édition la meilleure de l'Imitation; mais, ce qui peut paraître singulier, c'est concurremment avec l'édition de M. de Grégory, faite sur un seul manuscrit, le Codex dit de u4dvocatiSf trop souvent, par ses leçons vicieuses, contraire aux leçons les plus générales et les plus authentiques du texte colatiuunê sur les divers mauui.crits.

(Foj/^z le compte qui a été rendu de ce Codex dans le Journal de Uttératurc des

mois de novembre i835 et août i834.) Lédiilon Litine de M. Gence, ainsi que sa traduction, stéréotypée à l'instar du texte, chez MM. Treutfel et Wûrtz, devra, sous les auspices de l'immortel patriarche de cette maison, comme de la vénérable mère et aïeule, non moins regrettée par sa bonté et ses vertus de tous ceux qu'elle aimait, répandre du Ciel une nouvelle manne , et fructifier chez nous de plus en plus par la pureté native d'un texte remontant vers l'époque du pieux auteur du livre des Cotisalations intérieures latine et française.

Mais, pour revenir à notre objet, quelle version de Vlmilation l'éditeur de la notice a-t-il choisie pour être conséquent au titre de son livre? Est-ce la traduction de Marillac revue parle moine Gersénien Valgrave, ou quelque autre versioQ d'après l'édition des Bénédictins?

Non, l'on a préféré celle de Beauzée, qui a ramené partiellement la version du gerséniste Valart aux leçons du Kempi:>icn Rosweyde, et qui, revue par M.

l'abbé Labouderie, est devenue encore moins gersénienne. — Ainsi l'éditeurdu Panliièon litléraire^ dans cette partie principale de la philoso[>hie chrétienne, nous paraît doublement en contradiction avec lui-même, par son prospectus et la notice, par la version et son titre. Un nom grave et vraiment grand tel que celui d u docteur très-chrétien et des Consolations, le chancelier de l'église et; de l'université de Paris, Jean Gerson, n'eût pn que donner à l'ouvrage une nouvelle importance par le caractère éminent de son auteur. Mais lorsqu'à ce nom est substitué celui d'un personnage fictif {magni nominls umhra)^ que, malgré Topinion la mieux fondée et toute Id probabilité acquise et confirmée, on ose imposer au texte, si ceiti* inconséquence ne f.it pas suspecter la bonne foi, elle semble du moins accuser le pende réflexion du biographe, etellc nesaurait être excusée que par l'étendue de l'entreprise, la multiplicité des recherches et les difficultés du travail.

Var un ancien Archivittt au Dépôt ici Charte*'

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