‹ Jugements relatif à l'ImitationChapitre 8 sur 18 · STANCES · texte numérisé non relu

STANCES

Forlia qu'inspirait la céleste Colombe, M'annonça de Gerson la Consolation Avec (Je vifs Sermons resj)iranl Tonclion : Par Onésime enfin celte manne nous tombe (i).

Quel autre que Gerson, en consolant ses sœurs, Elit rendu les Flamands, ses amis, possesseurs Du type primitif de sojn œuvre ascétique , Ou d'un pendant pour tous en langage gothique (2) P

Qui sut plus dignement, de ses frères pieux Et de ses tendres sœurs ami religieux , D'Augustin dans son livre accorder la doctrine Sur l'homme et sur la grâce avec la foi divine (3) I

(1) C'psl par M. le marquis et madame la marquise de Fortia, tice Sainle-Colombc, que nous avions appris l'existence à Valenciennes, d'un ancien manuscrit de ce genre dans lequel M. Onésime Le Roy a découvert la preuve , comme le rapporte le Moniteur du 2i septembre i835, que l'Imitation de Jésiiji- Christ appartient à la France et à l'illustre Gerson. Nouvelle preuve monumentale oui rorlifie celle que l'on tire du manuscrit sous le nom et avec le portrait de Gerson , qui ost en notre possession.

(2) Voyez les Nouvelles Considérations historiques et critiques sur l'auteur de Y Imitation de Jésus-Christ, pag. i5, note 2, et pages ^3, 79,82, Paris, Treutlel et Wûrli, l832. Voyez aussi le Mémorial de l'Eglise gallicane ou le Journal des Curés des |3 et 14 septembre 18 10 qui donne connaissance du vieux français de Vlnternelle Consolation^ elles détails donnés depuis, dans les prolégomènes de l'édition laVinc publiée en 1826, sur un manuscrit wallon de l'an 1468, page Ixiij et suiv.

(3) Voyez les cbap. Ix et x du liv. II, et les cliap. Liv et Lv du liy. III, de l'Imitation, et les tlouvelles Considérations sur l'auteur, pag. 77-79. '^'®" ^®' phrases aussi sont analogues ou m(^mi' semblables, dans l'Imitation tl dans d'autres opnsrulc» latins de Gerson.

Plus lard, contre Kempls^ un Gersen à son tour Réclarqe vivement le vrai nom qu'il retrace. Mais au Louvre est Armand : son silence les glace. Vingt Titres pour Gerson n'avaient point vu le jour (i).

Du transcripteur Kempis, à moins qu'on ne sommeille, Comparer les écrits à l œuvre de l'auteur, C'est vouloir qu'à la rose odorante et vermeille Ressemble le pavot et pâle et sans odeur (2).

Traduit par Marillac, l'ouvrage offrit en tète De Rosweyde le nom, comme d'un interprète. Au translateur naïf, par Gence, enfin rendu Le titre à son auteur était doublement dû (3).

Sacy de Port-Royal, dont la plume si belle Semble au moins l'excuser d'être au texte infidèle, Par Girard le jésuite à peine balancé.

Croit-on que Gonnelieu l'ait vraiment remplacé (4) J^

i^x) Voy. ibid. pag. 19, not. i.L'cdilion du Louvre^ in-fol. l6'40i publiée sous les auspices du cardinal de Richelieu, ne porte le nom ni do Kempis ni de Gerseii. Deu$ ou trois manuscrits.seulement e'taicnt connus sous le nom de Gerson, L'on en connaît aujourd'hui plus de vingt

(2) Des réminiscences de copies habituelles de V Imitation et d'autres œuvres asce'ti(£ues ont pu influer sur les opuscules du pieux sous-prieur de novices , en produisant quelque similitude de style dans des sujets analogues , mais approprie's à ses clercs, et faire dire à Rosweyde, que les œuvres de Kempis étaient autant de roses, quoiqu'il reconnaisse que le style de l'Imitation est comme un nectar en comparaison de ces opuscules , qui en effet sont froids et verbeux.

(3) La traduction revue de Marillac , après trente années du plus grand succès , remaniée par les Ge'novpfias, publie'e ensuite en l652 à l'imprimerie royale sous le nom du je'suitc Rosweyde, auteur seulement d'une vie de Kempis annoncée dans le titre, avait trompe' ge'ne'ralement tous les bibliographes. Voyez le premier cloge de la version de Marillac, dans la Notice sur les éditions et les traductions françaises de V Imitation au Journal des Curés des 19 et 20 septembre X8l0.

(4) Voyez ibid. Ou a nommé la Betic. Infidèle , la version de Sacy, dont à peine l'abbé de la Hogue a pu réduire la paraphrase, qui reproduit du moins une partie de l'onction de Ylnternelle Consolation.

Laissant de celui-ci les Pratiques vieillies,

Genoude se rattache au père Lalleniant.

La Mennais le retouche, y coud des homélies.

•\Jais c'est donner pour neuf un pur rajustement (i).

La version de Gence est en vain opposée (>omme un travail soigné tout entier et concis (2). En vain Lahouderic a redonné Beauzée purgé de ses défauts par Lamhinet grossis (3).

Dans le temple où Gerson hrillait au frontispice, Le Kcmpisien Beauzée a reparu tout net : •Niais frère Jean Gersen ne nous montre, au sommet J)u Panthéon nouveau, qu'un nom vain et factice (4).

(Juoi qu'ait aussi redit , avec Gence, Barbier^ Sans cesse mis au jour le pieux fils d'Ignace Sur le laïc Cusson usurpe encor la place. Peuple crédule et simple est toujours routinier (5).

(i) La traduction prétendue Nouvelle de M. Genoude est calrjucc ou revue sur celle du P. Lallemaud, avec des réilexions de l'aLbé de La Mennais. On a bien pu rendre de la même manière des versets simples et sonleucieux. Mais des versets coniplexes et périodiques comme dans les troisième et quatrième livres 'ne peuvent t'ire traduits de même sans un véritable plagiat. C'est ce dont oa peut taxer , à plusieurs égards, leurs éditions de 1822 et de 1827.

(2) Traduction vraiment nouvelle et stéréotypée comme faite couformémenil auv leçons les plus générales des anciens manuscrits des diverses contrées, exempts des additions et des vices introduits graduellement parles copistes en s'eloignaut de l'époque ou du foyer de la composition de l'onvrage, vices dont fourmille le Codex prétondu antérieur au x.v*^ siècle, public par M. de Grégoiy.

(3) Lambinet avait attribué à Beauzçe les défauts de Valart dont des exemplaires de Pédilion de Barbou portaient un frontispice de £eau2éc.

(4) Jean CUarlier de Gerson avait été annoncé comme auteur de V Imitation. , dans le xv* siècle , au prospectus du Panthéon littéraire i mix^ suivant une jSolice t(Ui proclame Joannes de Canabaco, ou Cabanaco, ou Cabaliaca, ou en6n Carci' glta, supposé le lieu de naissance de Jean Cersen, nommé ainsi en tête d'un manuscrit de Mantoue , le prétendu personnage, censé l'auteur de l'Imitation, se trouve inscrit au haut de toutes les pages delà traduction renouveloo de Beauzée , qui avait ramené le texte gersénistc de Valart au texte kempisien de Hosweydc.

(5) Malgré les remarques du Jourrtal des Curés de 1810, celles de Barbier publiée» en 1812, et l'article de la Biofirupbie universelle sur Gonncliffu, on a ciicore réimprimé sous son nom en i833 la traduction de Cusson.

Mais^qudle œuvro imposante offre l'iiblu! Dassancc î Par queis Ions précieux Genoude cl La Mennais Y disputent les tours et les Ir çons à Gence, Lorsqu'un texte épuré lui fournit d'heureux traits (i) !

Pourtant, malgré ces bigarrures, Perce la propre version.

L'élégance du cadre et l'attrait des figures IN'ornent pas peu l'expression.

Montbrun, du Livre seul déployant la richesse , L'explique, le commente en quatrains éloqucns. Corneille aurait-il donc trop de faibles accens, Desmarets trop de sécheresse ('a)?

Vous Fortia, Daunou, de Gerson les soutiens, La version jugée authentique et fidèle Au texte sous son nom des manuscrits anciens, Vous devra, par Guizot, sa lecture usuelle (3).

(i) G' est ce qu'il a été facile de montrer dans des notes où l'on remarque les versets non sentencieux exprimés de même sans être littéralement rendus, ainsi que la similitude d'expression dos leçons particulières au traducteur de l'édition latine revue sur les manuscrits.

(2) La paraphrase en vers dans des quatrains poétiques pouvait être nécessaire pour éviter la sèche concision de Desmarets, et la déclamation souvent longue ou pompeuse de Corneille, qui a rarement des quatrains tous en grands vers, et auxquels il mêle des mesures plus courtes pour être moins monotone.

(3) D'après une décision rendue le 22 mai l835 en séance du Conseil Royal, sou» M. Guizot, ministre de l'instruction publique, les éditions , l'une latine, l'autre française, de l'Imitation de Jéstis-Christ ^ puLliées par M. Gence, offrant un texte latin très-correct, revu avec soin sur plusieurs manuscrits et une tra-duction fidèle, peuvent être utilement placées dans les Lihliothèqucs des collèges, et mises à la portée des élèves. Il a dû être fait part de cette décision aux recteurs des académies. De lÀ l'induction que celle traduction pourra , sous l'influence des doctes et zélés amis des lettres, devenir la lecture usuelle des pères et des mères à leurs enfana et à leurs descendaus.

i"»" octobre i835.

Paris. — Iinprimtrie de MOQUET et Cie. , rue de l,i Uarpe, 90.

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