V.-. du T.-. (lisez : Vallée du Tibre), 10 octobre
« Aux VV.-. FF.-. desLL.-. II.-.
» L'édifice que les FF.*, travaillent à élever dans le monde entier ne pourra se dire achevé tant que les FF.-. d'Italie n'auront pas livré en pâture à l'humanité les derniers restes de l'insliliition du grand ennemi. L'œuvre se poursuit activement en Italie et, lors de l'anniversaire de 1789, le G.-. 0.*. de la V.*. du T.-. a pu proclamer que les lois sont faites eu Italie à la lumière de la M.'. U.*. Nous avons appliqué le scalpel au dernier refuge de la superstition, et la fidélité du F.'. 33.*. qui détient le pouvoir politique nous garantit que le Vatican tombera sous notre marteau vivi liant {sic).
« Mais aliii (]iio luttrc Iravail se poursui\e <;iiis relâche et ne perde aucun des bienfaits qu'en aii(Mid l'humanité, il est nécessaire qu'aux prochaines < leetions 100 FF.-, au moins puis>ciil entrer tlaiis la Chambre législative. Dans la législature ijiii ^i<•llt d'c.Npirer, les FF.-. elaieuL au nombre de oUii ; cela
ne suffit plus au travail futur, parce qu'il s'agit de mener à terme l'œuvre de la délivrance de l'humanité, et que ces derniers efforts rencontreront de plus grands obstacles de la paît du prôti e en chef et de ses abjects esclaves.
» La L.*. du T.-. sur le désir des diverses LL.-.II.*. a pu obtenir que le Vén.-. Crispi prorogeât la dissolution de la Chambre, afin que nous fussions à même de dresser les listes de nos candidats à la représentation nationale. Nos listes sont prêtes et j'en expédie aux diverses LL.-. II.-. Les candidats sont disposés comme un seul homme a suivre le V.*. Crispi qui, à son tour, s'uniforme à la L.-. du T.*. dépositaire de la volonté des LL.-. non seulement II.-. mais aussi étrangères ; en même temps, les candidats ne perdront pas de vue le Pacte de Rome^ œuvre de la démociatie, lequel pacte sera le complément naturel du programme actuel de gouvernement, comme l'exige la force des choses.
» Les FF.-, des diverses LL.-. doivent agir auprès des préfets qui, pour la plupart, sont des nôtres, comme aussi auprès des conseils provinciaux et des personnes influentes, pour assurer le triomphe de nos candidatures. Quiconque aura contribué à la diffusion de la lumière vivra de la lumière. Il faut mettre dans l'impossibilité de nous nuire les prêtres, les journaux des ténèbres et aussiles ir régulier s qui y à la dernière législature, ont combattu la franc-maçonnerie, sous le futile prétexte des contrats des tabacs ou. d'influences auxquelles le G.'. O.-. ne doit pas renoncer.
» Le G.-. G.', invoque le génie de l'humanité, afin que tous les FF.-, contribuent au suprême effort qui doit disperser les pierres du Vatican, pour construire avec elles le temple de la Raison émancipée.
)> Le G.-. G.-, delà V.-. du T.-. »
Le 20 octobre de la même année, rorgane de Crispi, le journal la Riforma, publiait dernièrement la nouvelle circulaire suivante :
« Illustres et bien-aimés frères,
» Quand, en avril 1885, furent convoqués les Comices du peuple italien pour les élections politiques, je donnai moi-même les instructions et les avis qui me parurent nécessaires. Maintenant, en présence des élections qui vont avoir lieu le 23, le Maître-Suprême de l'Ordre doit agir de même et inviter les maçons à prendre la part la plus active à la lutte pacifique des urnes...
» Instituée pour affermir les caractères, récompenser les vertus, agrandir le patrimoine des libertés publiques, répandre la science et comhatlre sans trêve le cléricalisme, unique parti contre lequel la haine soit sainte, la franc-maçonnerie doit combattre tous ceux qui n'ont pas fait preuve d'une volonté tenace et déclarée de délivrer le pays des chaînes qui V attachent encore à la Papauté, qui essaie chaque jour de reprendre force et courage et conspire toujours avec plus d'audace...
» Agréez, illustres, etc.
» Signé :'Le Grand-Maître, Adrien Lemmi, 34 /^ >^
Mais ce n'était pas assez de cet appel cynique, car au bas de la circulaire se trouvaient les deux notes suivantes :
« Le Grand-Orient avertit les chers F.-, que la haine au cléricalisme doit se manifester en tout et partout, mais principalement dans les élections, tâchant de faire voter les cléricaux pour nos candidats et les forçant ainsi à voter leur propre condamnation. Ils doivent insister surtout à faire croire que beau-
coup de cléricaux, malgré la défense du Pape, iront aux élections. Cette confusion les amèneraaux urnes, et ne sachant à qui obéir, ils voteront pour nos candidats. Il faut que nous ayons 4O0 députés pour que la Chambre puisse achever Védifice maçonnique et démanteler le Vatican. Nous devons faire la chasse aux catholiques. La Haine, voilà Vamour maçonnique. Profilons du moment. Beaucoup de catholiques ne savent pas encore ce que nous voulons ; ceux-là nous suivront. Si demain ils ouvraient les yeux, ce serait trop tard.
» Il faut faire bon visage aux catholiques qui ne sont pas contents de la défense du Pape et l'appellent une apostasie italienne, une aveugle intransigeance. Combattons d'abord le Pape et ses sectateurs, et réservons les catholiques libéraux pour le dernier acte de la campagne maçonnique. »
Voulez-vous connaître la valeur morale, l'intégrité du Juif Adrien Lemmi, du grand tombeur de chrétiens ? Cela vous édifiera. Vous venez de voir une fois de plus que, dans tout pays où le Juif peut arriver à être maître, à être quelque chose, sa première pensée est une pensée de haine pour le Chrétien. En voyant la valeur morale du personnage, vous verrez que le mangeur de Chrétiens est toujours doublé d'un coquin et d'une canaille.
« Cet ami de Crispi, cet agent de la politique antifrançaise et ^anti-chrétienne, ce grand maître du Grand Architecte n'est qu'un vulgaire escroc, un filou de bas étage.
« En 1844, à l'âge de 22 ans, il arrivait à Marseille.
» Là, dit M. W. Busch, se trouvant sans ressources, il captait, grâce à de fausses lettres de cré-
dit, la confiance du docteur Boubagne. Il fit mieux : il abusa de l'hospitalité que lui offrait le trop crédule médecin, en volant dans son tiroir une bourse en perles qui contenait 300 francs. 11 fut condamné alors à un an et un jour de prison.
» Ceux qui voudraient être édifiés plus complètement sur le passé de Lemmi n'ont qu'à aller consulter les registres du greffe de Marseille. »
C'est ce personnage qui, en mars 1890, présidant un grandbanquet maçonnique, disait que les lois proposées par le gouvernement de Crispi étaient une application progressive du programme de la francmaçonnerie.
Quelques semaines après, l'honorabilité de ce Juif subissait un rude échec à la Chambre des députés de Monte-Cilorio.
Le gouvernement n'avait point, paraît-il, laissé son zèle sans récompense.
Voici ce que disait alors à ce sujet V Indépendance belge^ qui est pourtant un journal dévoué à la francmaçonnerie !.
« ... La séance de la Chambre a été aujourd'hui très mouvementée. M. Imbriani, qui se pose décidément en enfant terrible, a signalé des abus énormes concernant l'achat des tabacs par la régie, et ces abus ne laissent pas d'avoir une certaine importance au point de vue de la politique extérieure.
» Le personnage qui a bénéficié des faveurs ministérielles occupe une position spéciale, qui donne une teinture de manigance politique à toute cette affaire. Depuis 1887, c'est M. Adriano Lemmi, grandmaître de la maçonnerie italienne, qui a traité avec
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legouvernemeiit italien, au nom d'une grande maison de New-York, pour la fourniture des tabacs.
» En 1888. par exemple, le contrat d'achat était déjà signé au mois de juin, alors que la récolte ne se fait qu'eu octobre et que les premiers chargements pour l'Europe ne partent qu'en novembre et en décembre. Interpellé une première fois par M. Plebano, le ministre nia l'existence du contrat, qui avait cependant été signé trois jours auparavant. Plus tard, il ne donna sur la nature du traité passé que des éclaircissements évasifs, et, dans la séance d'hier, il a justifié ces réticences et ces contradictions par l'obligation prise envers la maison de New-York de ne pas ébruiter la commande afin de ne pas rendre ces achats plus coûteux.
» Ce qui parait encore moins clair, c'est que l'Etat ait refusé, de parti pris, des olTres avantageuses faites par d'autres capitalistes, ce qui indiquerait l'intention fermement arrêtée de donner en quelque sorte le monopole de ces fournitures à M. Lemmi.
» Ce qu'il y a de très louche dans tout ceci, c'est que, depuis que ce dernier a été investi de la dignité degrand-maîtrede la maçonnerie, àl'Orient du Tibre, cette institution a pris des allures peu conformes à l'essence de ses dogmes, et l'on a été péniblement surpris, par exemple, l'année dernière, en lisant une circulaire signée du grand-maître et concernant les relations entre la France et l'Italie. Cette circulaire contenait l'apologie fort peu déguisée^de la politique gallophobe de M. Crispi, et, loin de viser à un but d'apaisement, elle semblait vouloir fortifier les rancunes du chauvinisme officiel contre la démocratie française... »
Aujourd'hui les organes libre-penseurs italiens
eux-mêmes commencent à faire campagne contre Israël.
Les journaux de Rome qui défendent Crispi et sa politique ne parlent pas autrement que Drumont.
Voici comment s'exprime le Giomale dt Roma, organe officieux du Quirinal : « Le sémitisme devient énormément prépondérant et absorbant dans cette noble cité, comme d'ailleurs dans la plus grande partie de l'Italie... Opposons une digue à leurs envahissements (des Juifs), pendant qu'il en est temps encore ; sinon nous nous trouverons un jour emprisonnés, tous, dans leurs anneaux et réduits à Timpossibilité de nous mouvoir et d'agir pour sauver nos personnes, nos familles, notre avoir, notre foi. »
Notons en passant que la foi de la feuille romaine est terriblement élastique et ne redoute pas les heurts, à moins qu'ils ne soient d'une violence exceptionnelle, ce qui paraît être le cas, puisqu'elle pousse les hauts cris.
« La force de résistance du peuple d'Israël est immense, incomparable, dit encore le Giomale di Roma. Poursuivi, foulé aux pieds, traité en infâme pour ses monstruosités et ses scélératesses, dispersé sur tous les points de la terre, mille fois il s'est relevé, humble, rampant, servile, abject dans l'avilissement, égoïste, ambitieux, usurpateur dans la prospérité, avide et monopolisateur toujours. Chassé d'un pays, il y retourne; bousculé, flagellé, souffleté, battu, il s'accoutume à tout pour y rester et pour y affermir sa situalion. Les accusations les plus terribles s'accumulent sur lui, depuis les vices les plus horribles et les plus contre nature, jusqu'aux sacrifices humains ! Ce peuple nie tout ce qu'on lui reproche et il invoque, pour sa défense, ses textes
sacrés, mais il ne parle point des cultes de Moloch et de Belfëgor ; il ne parle point des rites obscènes qui ont attiré la colère céleste sur ses aïeux et qui ont fait de sa race l'abomination universelle. Il ne travaille pas, il ne produit pas, mais il amasse. Il amasse le fruit des sueurs d'autrui. C'est un peuple parasite. Il est, par excellence, la vermine de l'humanité. On peut admirer sa ténacité, mais il ne faut pas qu'on lui permette de prendre le dessus. »
Le tableau est complet et la feuille romaine aurait pu s'arrêter là. Mais elle insiste. D'où l'on peut conclure qu'elle en a gros sur le cœur.
« Ces confiscateurs, dit-elle encore, ces confiscateurs des fruits de nos sueurs, ces parasites ont dans les mains les ressources, la presse, les fonctions de rÉtat : ils se préparent même à se rendre maîtres des élections administratives, d'accord avec la Franc- Maçonnerie. »
Les lignes suivantes vengent M. Drumont des accusations dont il a été l'objet :
« L'expérience du passé nous apprend que quand il y a pléthore disraélites dans un pays, un peu d'antiscmilisme est indispensable ou, du moins, très utile. Faisons un peu d'antisémitisme, à Rome aussi, sans effusion de sang, bien entendu, mais d'une manière efficace, et, quand il s'agit des fonctions publiques, répétons ce cri : Israël, à la porte f »
Je prends ces citations dans V Association catholique.
Il y a un an à peine, cette revue, dont je ne conteste
ni Torthodoxie ni le mérite, aurait hésité peut-être à reproduire ces accusations contre la Synagogue.
Elle aurait craint de manquer à la charité chrétienne.
Aujourd'hui, elle comprend qu'il est bon de signaler au public français l'ennemi de ses croyances, et j'ajoute de son avenir comme nation européenne. Si les feuilles libérales de Rome ont calomnié, fait observer la revue en question, « qu'elles s'arrangent et se mettent d'accord avec le journalisme judaïco-libéral d'Autriche-Hongrie, qui passe sa vie à exalter les bienfaits des Juifs et la gloire de la domination sémitique.
« Soyez sans crainte, tout s'arrangera peut-être pour le mieux. Si les journaux romains s'obstinent à ne pas s'entendre avec leurs confrères de Vienne, ce dont je doute, un banquier juif les achètera ou les fera acheter, et l'unité de doctrine se . rétablira comme par enchantement. »
Il n'existe malheureusement en Italie aucun journal antisémitique. Dans la Civilta Cattolica on s'est pendant plusieurs années occupé des Juifs et tout le monde regrette que ces articles n'aient pas été publiés séparément. Il y a à Milan un journal qui parl-c souvent des Juifs. C'est le seul qui ait le cour le faire et c'est VOsservatore Caltolico (i).
(1) Un dépulé italien m'écrivait de Turin l'année dernière : « Tout le monde ici déplore l'état de choses actuel, l'abîme où les Juifs nous ont jetés, mais on ne s'organise pas pour résister aux agissements de ces ennemis de Jésus-Christ et de la société chrétienne, et on se contente de gémir à huis clos! Il faudrait cependant former une croisade. Tous les publlcistes catholiques devraitMit se donner r<?ndez-vous quelque part pour s'entendre, pour formuler un plan de combat général et uniforme, pour les attaquer sans nous écarter de l'esprit chrétien, ce qui ne veut pas dire que nous
Le mouvement contre les Juifs commence aussi à devenir populaire (1). Ce sont les Arc/uies israélites elles-mêmes qui le constatent :
« A Florence, Tan dernier, des signes d'antisémitisme se sont manifestés au cours d'une campagne électorale, et à Livourne, à Toccasion de la fête du Travail du 1" mai dernier, des bandes de grévistes ont parcouru les rues, poussant des cris de haine contre les Israélites. »
Ceci est un grave indice pour les Juifs d'Italie. Qu'ils y prennent garde.
l.'s coniliattrons mollement... Mais l'initiative ne viendra pas de nous, italiens, hélas! Cependant, si l'initiative venait de France, il
y aurait nombre d'adhésions Tout le monde des journaux
catholiques entrerait dans le mouvement si ce mouvement était bien organisé. Il faudrait commencer au plus tôt... Si Drumont voulait » (Torino, Zi septembre 1890.)
(l) En mai 1890 on pouvait lire dans le Petit Parisien :
< Le concours de beauté qui vient d'avoir lieu à Rome s'est terminé par une scène des plus tumultueuses.
» Le public, qui s'était d'abord contenté de siffler les candidates, s'échauffant peu à peu, en est arrivé à les bombarder d'écorces d'oranges dirigées surtout contre les beautés israélites.
» Une scène d'extrême confusion s'en est suivie.
» La police a dû intervenir ; plusieurs arrestations ont été opérées. »
LES JUIFS
ET