LE RÊVE
depuis les Primitifs, l'art a vécu d'autre chose que d'impressions? Étions-nous moins soucieux des frissons de l'âme et des frissons de l'air? N'assistions-nous pas au petit lever de l'aurore ? N'affrontions-nous pas, pour lui surprendre ses secrets, le soleil de midi qui nous brûlait la nu([ue sous le parasol, et cela quinze ans, vingt ans avant ceux qui prétendent avoir inventé un art nouveau, et qui le plus souvent n'ont fait qu'exagérer ou fausser nos observations ? »
« Oui, nous vivions d'impressions ; mais cela ne nous empêchait pas de chercher les qualités de charpente, d'étudier le dessin. Nos « vieux frissons » s'accordaient avec le bon sens; tandis qu'on laisse en l'air beaucoup de frissons nouveaux, hors de toutes les conditions naturelles,
«Aujourd'hui, on invente plus de mots que de choses, en art, du moins. Tous ceux qui ont cherché l'idéal dans le vrai ne sont-ils pas des Impressionnistes? »
Aussi, la vision, pour Jules Breton, est-elle la condition primordiale de l'exécution, facile et heureuse, de