‹ Jules BretonChapitre 17 sur 48 · MOUSSE · texte numérisé non relu

MOUSSE

pulsion de son tempérament, en rejetant avec énergie tout système, car le système en art conduit fatalement à la mort. Cela est la sincérité, que complètent la conscience et la simplicité de cœur, quand l'exécution ne s'affiche point, et s'efface, très humble servante, derrière l'image qu'elle veut réaliser.

Une loi souveraine présidera à toute composition : l'unité. Le tableau est un concert d'éléments concourant à un même but. Dans une composition vraiment belle, on ne peut faire aucun changement, rien y ajouter, rien en retrancher, sous peine de rompre l'harmonie. C'est faire la critique d'une œuvre d'art que de dire à son propos : « il y a de belles choses »; l'idée n'en vient pas devant les chefs-d'œuvre. Un peintre, montrant son tableau, s'aperçoit-il que les visiteurs sont frappés par la beauté d'une partie secondaire; qu'il n'hésite pas un seul instant à la sacrifier. Un détail qui ne s'associe pas à l'idée mère tend à détruire l'émotion.

Ces idées et ces principes, que j'ai respectueusement résumés, ont conduit Jules Breton à cette définition du Beau : « La vérité de l'art c'est l'essence de la vérité visible ; et, cette essence de vérité c'est le Beau. La majorité des hommes ne le voit pas dans la nature. Mais la charité divine a voulu que quelques élus fussent les dispensateurs de son suprême bienfait. »

BOTTES i) OEILLETTES

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