‹ Jules BretonChapitre 23 sur 48 · DESSIN POUR '< I) |-, R M K H R A Y O IV · texte numérisé non relu

DESSIN POUR '< I) |-, R M K H R A Y O IV

achèvent de lemplir des sacs que l'on \a jucher sur un char pour les amener à la ferme.

Kn 1897, -'liIcs Breton peint « La Moisson des œillettes », où l'on remarque également la particularité de l'intervention des types masculins, si rares dans les tableaux de la série des travaux agricoles de l'Artois.

Les figures individuelles appartenant à cette série sont monbreuses. Parmi les plus populaires, d'une allure superbe, doivent être citées : « La Lavandière », « La Cril)leuse de colzas», « L'Étoile du berger »,une moissonneuse d'oeillettes cjui porte sur la tête sa récolte, et, dans le crépuscule, regagne pieds nus, et hâtivement, sa chaumière; « Le Chant de l'alouette », une jeune paysanne, la faucille à la main, regardant dans le ciel monter à tire-d'aile l'oiseau, et accompagnant d'un refrain ses trilles joyeux.

La série du Repos contient des tableaux qui présentent beaucoup de variété dans les motifs, et de fantaisie dans l'exécution, en même temps qu'un caractère décoratif très original. Le soleil couchant, et l'ombre s'élevant de la terre, agrandissent les êtres et les choses, font leur physionomie imposante et fîère. Les visages ont la gravité majestueuse du travail quotidien, sévère et fécond, accompli; et, les corps se détendent avec volupté de l'effort musculaire, reprennent la souplesse et la liberté de leurs mouvements spontanés.

Quand la nature se repose Lasse de jour et de splendeur, Elle ouvre son âme, et la rose Dormant dans Tombre a plus d'odeur.

D'après les confidences de l'artiste, l'exécution de ces compositions a été pour lui une véritable délivrance physique et morale, après les fatigues, les tourments et les souffrances des longues journées de langueur et d'insensibilité. La moissonneuse d'oeillettes, du « Repos », assise mélancoliquement sur une pierre, à l'écart de ses compagnes qui dansent des rondes dans le champ; la paysanne du « Soir », qui s'étire avec volupté, et cambre sa taille svelte, en semblent des allégories. « La Fin de la journée » (i865) sortit d'une de ces crises; et, c'est un des tableaux qui ont le plus de grandeur et de sérénité. Qu'elles sont belles, de leur inconsciente simplicité, de leur grâce robuste, de leur visage hâlé aux traits purs, de l'élégance naturelle de leurs corps, jeunes et vigoureux, sur lesquels se moulent, comme des draperies de statues antiques, les vêtements gi^ossiers.

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