‹ Jules BretonChapitre 36 sur 48 · PKLERINAGF. DE S A I NT E - B A R B E , LE FAOUET · texte numérisé non relu

PKLERINAGF. DE S A I NT E - B A R B E , LE FAOUET

de vaincre l'idée fixe qui me ramenait aux mêmes entiroits de ma toile, les tripotant, les effaçant, les grattant, les ciselant en vain. Je fus pris de névrose. Des élans me frappaient le cerveau, que je sentais près d'éclater. Mais je ne quittais pas la peine; je me couchais par terre attendant que la crise fût calmée, et je reprenais ma tâche, me criant

tout haut à moi-même : « Tu crèveras ou tu eu sortiras! » Finalemeut je fus pourtant forcé de remettre ce tal)leau à une autre année; j'y avais ga^né (l'afïVeux bourdonnements qui me rendaient sourd, et autres perturJ3ations nerveuses qui me rendirent momentanément le travail impossible. Décidément cette Baie défiait le crayon et le pinceau de l'artiste; son énigme était l'infini! »

Par « La Fontaine », datée de 187^, Jules lîreton revient à la conception de l'œuvre décorative, telle qu'il l'avait réalisée dans le plus i^rand nombre de ses tal)]eaux de l'Artois. Pendant son séjour à Douarnene/,, il voyait sans cesse passer et repasser, sous ses \eu\ cpii ne se lassaient pas de les admirer, « de i^raves matrones, le cou droit, la tête haute, le pas ferme et lent, le poing sur la hanche, les yeux bas, et la cruche en é(piilibre sur la soHdité de leur front »; et, son imagination évoquait instantanément le souvenir des Canéphores, et des Rebeccas. Il peignit cette vision superbe. Le tableau valut à l'artiste la médaille d'honneur du Salon. « La Source sous bois » (1873), est une fantaisie de l'inspiration la plus délicate et la plus fraîche. Puis ce furent les poèmes de l'amour : « La Falaise » (1874), et « Le Soir dans les hameaux du Finistère » (1876).

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