‹ Jules César en Gaule (volume 2)Chapitre 16 sur 69 · II · texte numérisé non relu

II

50 JULES CÉSAR EN GAULE, Comment. V.

« Ceux*ci ayant aussitôt pris les armes et garni le re* tranchement, pendant que la cavalerie espagnole faisait une sortie avec succès, Ambiorix désespéra de forcer le camp et eut recours à la ruse.

« Ayant demandé à parlementer, il annonça aux Ro^ mains cette fausse nouvelle : — que César était parti pour l'Italie; que toutes les cités gauloises s'étaient concertées pour attaquer partout à la fois ce même jour toutes les légions séparées et les expulser de la Gaule; que de plus un grand corps de Germains auxiliaires avait passé le Rhin et arriverait là dans deux jours ; sans quoi^ évidem* ment^ il n'était pas lui-même assez étranger à la réalité des choses pour oser croire que^ seul avec sa faible cité, il pût l'emporter sur le peuple romain. Il ajouta que^ dans de telles conjonctures, non-seulement par reconnaissance pour les bienfaits personnels dont il était redevable à César^ mais aussi dans l'intérêt de sa cité, il proposait comme moyen de conciliation : que les Romains, de leur propre volonté et avant que les cités voisines fussent informées de ces événements, évacuassent le territoire des Ëburons, pour aller se réunir, à leur choix, ou au corps d armée de Q. Cicéron, ou à celui de T* Labienus, dont fun était à environ cinquante milles de distance, et t autre un peu plus loin. — Et, cela dit, Ambiorix se retira. »

« Cotta soupçonna la ruse; mais Sabinus s'y laissa prendre *, et son avis prévalut dans le sein du conseil sur

11 est remarquAble qae deux ans auparayaDi, comme on Ta ru plus haut»

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celui de Gotta et du plus grand nombre des tribuns et des centurions des premiers ordres.

« Le lendemain, dès Taube du jour, les quinze cohortes partirent en une longue file, avec une grande quantité le bagages, et se dirigèrent vers tune des deuw légions voisines^. A deux milles de distance il y omit à traverser une grande vallée boisée : là, au moment où la tête de la colonne n'était pas encore sortie de la vallée et où déjà la queue y descendait^ Ambiorix avec ses Ëburons, qui s'étaient tenus cachés sous les bois, apparaissent par devant et par derrière ^ refoulent F avant-garde et poussent F arrière- garde au fond de la vallée. Dès lors Tarmée entière, enveloppée et pressée de toutes parts, prend le parti de se former en cercle ; puis, elle exécute de temps en temps quelques charges partielles pour tâcher de se dégager. Mais les Ëburons, habilement dirigés par Âm« biorix, la harcèlent, l'accablent de traits, sans jamais tenir ferme ; quand une cohorte les charge, ils cèdent ; et quand elle veut se rallier au gros de l'armée, ils la harcèlent de nouveau sur les flancs et par derrière. Finalement le désordre se met parmi les Romains, la plupart sont tués ; un certain nombre regagnent le camp et s'y

ce même Sabinus, envoyé par César chez les UoellieDs avee trois légions, avait réussi, par une ruse de la même nature que celle-ci, à attirer Tarméc du Viridovix dans une position très-désavantageuse, où il Fécrasa presque totalement. — 111) XVII, XTIII, xix^

■ Le texte, en effet, n'indique nullement si (îe fut vers celle de Gicéron ou vers eelle de Labienas qu'elles se dirigèrent. Nous aurons à revenir sur cette question, dans la recherche de la position dUe/ua/iica, position qu'il sera important de déterminer plus loin;

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tuent eui-mèmes de désespoir la nuit suivante; quelques fuyards seulement parviennent à gagner le camp de ImbienuSy à la faveur des bois. »

Telle fut cette bataille mémorable, où périrent environ neuf mille légionnaires. Ce désastre alluma toutes les fureurs de César, comme nous le verrons plus loin ; et ici il tâche d'en montrer la principale cause dans un parjure d'Ambiorix. Nous ne voulons point examiner ce qui est permis ou non contre une invasion telle que celle de César en Gaule, ni la valeur de son témoignage personnel touchant ce prétendu parjure d'Âmbiorix ; mais nous devons attirer l'attention sur deux points que constate le propre texte de César. Il y est dit : 1* « que les légionnaires de Sabinus et Colta avaient des vivres en quantité suffisante, — se frumentaria non premi; — 2' qu'ils se trouvaient à cette bataille en nombre égal à celui des ÉburonSy — Erant et virtute et numéro pares nostri. — (V, xxYiii.) » Il résulte de là que, même hors de leur camp, les Romains conservaient encore, par leurs armes et leur discipline, un très-grand avantage sur les troupes irrégulières d'Ambiorix ; et qu'il leur eût suffi de faire éclairer leur marche pour être à l'abri d'une surprise et d'un désastre. C'était là un point essentiel, sur lequel et Cotta et Sabinus devaient nécessairement être d'accord : l'un, parce qu'il soupçonnait le piège; l'autre, parce que cela eût mis le corps d'armée à Tabri des conséquences éventuelles de sa confiance dans la bonne foi d'Ambiorix.

Pourquoi donc les lieutenants de César n'ont-ils pas

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fait éclairer leur marche? Nous sommes porté à penser que cette faute capitale fut la conséquence, non d'un parjure d'Ambiorix, mais bien de l'audace incroyable qu'il déploya dans cette attaque dirigée par lui seul, — au milieu des quartiers d'hiver de l'armée romaine, presque en présence de César qui était dans le voisinage, contre des légionnaires aussi nombreux que ses Éburons. — Une telle audace sans doute fit croire aux Romains ainsi attaqués, que réellement la Gaule entière se soulevait, que les Germains arrivaient; et, par suite, amena leur départ précipité sous le coup de la terreur et sans prendre dans leur marche toutes les précautions réglementaires en pareil cas.

Voilà bien, probablement, ce qui a pu aveugler les deux lieutenants de César qui commandaient ces quinze cohortes ! — Mais, a examiner de près les détails du texte, ce qui amena la défaite si complète de leurs troupes, ce fut d'une part, croyons-nous, la sollicitude de chaque légionnaire pour la conservation de son butin : laquelle poussa beaucoup d'entre eux à quitter les rangs pour courir aux bagages, dans la pensée de sauver leurs objets les plus précieux; ce fut, d'une autre part, le courage et l'obéissance ponctuelle des Éburons aux ordres d'Ambiorix ; ce fut surtout l'audace intelligente, l'habileté militaire, le coup d'œil uste et le sang-froid parfait de ce grand chef gaulois.

Un barbare avoir osé ainsi lutter d'audace, d'intelligence et d'habileté militaire avec César, et avoir obtenu l'avantage sur lui ! -r- Voilà ce qui dut rendre l'illustre pro-

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consul furieux, et ce qu'il ne dut point perdre de Tue dans le récit qu'il nous a laissé de l'événement. Mais, à nos yeux , voilà ce qui nous montre dans Ambiorix le digne précurseur de Yercingetorix , et ce qui doit nous faire considérer l'intelligent et intrépide roi des Éburons comme la seconde des grandes figures de la- Gaule.

« Enhardi par ce succès, Ambiorix, sans perdre un instant, ordonne à son infanterie de le suivre, prend lui • même les devants avec sa cavalerie^ marchant jour et nuit, pour se rendre chez les Aduatiques, qui sont limitrophes des Éburons ; il les informe de l'événement et les excite à prendre les armes ; puis, il court de nouveau et arrive le lendemain chez les Nerviens, et les exhorte à profiter de l'occasion pour recouvrer la liberté et se venger des envahisseurs de la Gaule. Aussitôt les Nerviens envoient des courriers à leurs clients, lèvent des troupes, et se précipitent vefs les quartiers de Q. Cicéron, qui ne se doutait de rien. Ils surprennent ses soldats occupés à coujper du bois ou à fortifier leur camp ; et bientôt des troupes nombreuses d'Éburons, d'Aduatiques et de Nerviens se réunissent et livrent l'assaut à la légion, qui ne parvient ce jour-là qu'avec beaucoup de peine à défendre le retranchement. Cicéron dépèche en toute hâte des courriers à César ; ils sont arrêtés au passage et mis à mort. Pendant la nuit, Cicéron fait augmenter les défenses du camp. Le jour suivant, les ennemis comblent le fossé et livrent un nouvel assaut, vainement encore. Alors ils ont recours à cette même ruse qu 'Ambiorix avait déjà employée

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contre Titorius ; ils demandent à parlementer et répètent : que toute la Gaule est en armes ; que les Germains ont passé le Rhin ; que tous les quartiers d'hiver de Tarmée de César sont attaqués... Mais Cicéron ne s'y laisse point prendre et leur répond avec une très-grande fermeté. Les assauts se renouvellent chaque jour, et la légion persiste à tenir ferme avec le plus grand courage. Enfin, Cicéron trouve à prix d'or un Netvien traître à son pays, qui fait parvenir une lettre à César.

« Sans perdre un instant, César accourt de Samarobriva avec une légion et quatre cents hommes de cavalerie * . // détermine par de grandes récompenses un cavalier gaulois à porter une lettre au camp de Cicéron. Cette lettre, annonçant du secours, est lue en public et comble de joie les soldats. Au même moment, on apercevait au loin la fumée des incendies ; ce qui fut pour eux la preuve certaine que les légions arrivaient^. Les Gaulois, de leur côté, abandonnent l'attaque du camp de Cicéron et se portent contre César avec toutes leurs forces.

a César, en feignant de les craindre, réussit à les attirer dans une position désavantageuse, au pied même des retranchements de son camp ; et alors, les faisant charger par toutes les portes à la fois et lançant sur eux sa

* Comme nous avons eu l'occasion de le démontrer dans le volume précédent, p. 155 et suivantes.

' Twm fumi incendiarum procul videbantur : qu» res omnem dubitaiio^ nem adventus Ugionum expulit (V, xlvi). Ainsi, « la fumée des incendies, voilà à quoi Ton reconnaisBait de loin en Gaule la marche des légions de César. »

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cavalerie , il les mit en fuite si précipitamment que pas un ne s'arrêta pour combattre, qu'un grand nombre furent tués, et que les autres , jetant leurs armes, se sau* vèrent dans les forêts et les marais du voisinage. César jugea qu'il pouvait être imprudent de les y poursuivre, et le même jour poussa droit au camp de Cicéron, où il entra. Il remercia et loua vivement toute la légion, dépuis le lieutepant jusqu'aux simples soldats, pour l'intrépidité que tous avaient montrée dans cette périlleuse occur* rence.

«c Bientôt la nouvelle de la victoire de César fut portée aux quartiers de Labienus, chez les Bkèmes, à cinçuatUe milles des quartiers de Cicéron. Indutiomare l'apprit, de son côté, au moment même où il se proposait d'attaquer le camp de LAbienus, et l'inquiétude qu'elle lui causa l'obligea à se retirer à la hâte pendant la nuit, et à ramener ses troupes sur le territoire des Trévires.

à Dans une telle situation. César jugea à propos de ne pas s'éloigner de l'armée et de conserver lui-même, pendant l'hiver, le commandement de trois légions, qu'il répartit autour de Samarobriva. Aussi bien, à la nouvelle de la défaite de Sabinus, presque toutes les cités de la Gaule s'étaient envoyé des émissaires pour s'entendre et faire partout appel aux armes. On tenait des assemblées nocturnes dans les lieux solitaires ; et , de tout cet hiver, César ne fut pas un seul jour sans anxiété : à chaque instant il recevait tavis de quelques conciliabules ou de quelques mouvements des Gaulois.

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A Ayant donc convoqué auprès de lui les princes de chaque dtéy il alarma les wis, en leur déclarant ce gui se passait; il encouragea les autres par des promesses et des flatteries de toutes sortes; et il réussit de cette manière à retetnr dans le devoir une grande partie de la Gaule.

ff Néanmoins les Sénons, qui constituaient une cité des plus puissantes et des plus influentes, avaient tenté de mettre à mort, en pleine assemblée générale, Cayarin {Cavarinus)j que César avait fait roi parmi eux ', dont le père, Moristasgue {JUoristasgus)^ était roi lors de Tarrivée de César en Gaule, et dont les ancêtres avaient été rois. Cavarin, qui dans un pressentiment de l'intention des Senons s'était enfui, avait été poursuivi par eux jusqu'aux frontières de la cité, déclaré déchu du trône et banni du territoire. Ensuite la cité avait envoyé une députation à César pour lui donner satisfaction. Mais, César ayant ordonné que tout le sénat se rendît auprès de lui, il n'avait

* Voilà encore un prince gaulois que César a mis à la tête de sa cité, ooBlre les usages et les lois de la Gaule, afin d'avoir dans cette puissante rite des Séaons un agent politique dévoué et bien placé pour y étouffer tout penchant généreux et patriotique. Sans les mésaventures survenues à Tasfjèce et à Cavarin, nous n*eu8sions peut-être jamais connu cette habile eréatiou de petits rois césariens en Gaule, qui montre si bien qu'un peuple, aux yeux de ce faiseur de rois^ n'était qu'un vil troupeau pour lequel il soffisait de eboisir un berger sûr, dans l'intérêt du maître. Du reste, César doit avoir créé bon nombre de ces petits rois de Gaule, à en juger par la facilité avec laquelle il accordait celte faveur, sur les recommandations qui loi venaient de Rome, ainsi que le montre cette lettre de lui à Cicéron : • Je ferai de M. Furius, que vous me recommandez, ou tin roi de Gaule ou un lieutenant de l^pta. Si vous vous intéressez encore à quelqu'autre, envoyez-le moi, que je lui fasse une position. — M, Furium, quem mihi com* mendas, vei regem Gallix faciam, vel Leptx legatum. Si vis tu, ad me aiium mute, quem ofnem, »— CicftnoH, Epist, ad fàm,^ t, ad Cxsarem.

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pas tenu compte de cet ordre. I! en résulta un grand effet parmi les barbares qu'il se fût ainsi rencontré quelques hommes osant faire appel aux armes, et cela produisit un tel changement dans les dispositions de tous, que, à Fexcep- Hon des Éduens et des fihèmesj pour lesquels César avait toujours eu des égards particuliers, à raison de r ancienne et constante amitié des uns pour le peuple romain, et des services récents des autres dans la guerre de Gaule, il ny eut presque aucune cité qui ne lui fût suspecte en ce mo^ ment-là.

oc Et je ne sais (ajoute le narrateur) si Ton doit bien s'en étonner, non-seulement par tant de raisons naturelles en pareil cas, mais surtout parce que c'était pour les Gaulois une douleur insupportable, après avoir été jusque alors placés au-dessus de tous les peuples par leurs qualités militaires, de se voir déchus à ce point d'être réduits à supporter la domination romaine. »

Tout ceci prouve bien à la fois et la passion intime des peuples de la Gaule pour la liberté, et le profond oubli de tout sentiment national où étaient tombés les chefs des deux grandes cités signalées ici par César, et la vaste étendue du système politique de corruption et de trahison mis en œuvre par ce Romain contre nos pères.

S V. — Défaite des Trévires par Labienus.

(( Quant aux Trévires et à Indutiomare, reprenant courage de leur côté, au sentiment de cette sourde agitation qui se propageait partout, ils ne laissèrent passer

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aucun jour de rhWer sans envoyer des députés au-delà du Rhin, pour exciter les Germains à prendre les armes, Mais, au souvenir de la guerre d'Arioviste et du désastre des Tencbtères, aucune cité germaine ne voulut consentir à passer le Rhin et à tenter de nouveau la fortune des armes. Déchu de cet espoir, Indutiomare n'en fit pas moins de grands préparatifs de guerre. Comprenant bien qu'on était disposé à venir à lui de toutes parts, que les Sénons et les Carnutes y étaient poussés par la conscience de leur crimes que les Nerviens et les Aduatiques se préparaient à recommencer la lutte, et que des masses de volontaires ne manqueraient pas de se présenter à lui dès qu'il aurait fait un pas hors du territoire de sa cité, il indiqua une assemblée armée. — C'est ainsi que les Gaulois avaient coutume de procéder pour entreprendre, une guerre; et, dans ce cas, la loi commune obligeait tous les jeunes hommes pubères à se rendre dans l'assemblée, avec leurs armes. — Indutiomare y fit déclarer ennemi de la patrie Cingetorix, son gendre, chef du parti opposé au sien, et resté fidèle à César, comme il a été dit ci-dessus. Tous ses biens furent confisqués. Après quoi, Indutiomare annonça à l'assemblée que, appelé par les Sénons, les Carnutes et beaucoup d'autres peuples de la Gaule , il allait se rendre auprès d'eux , en traversant le pays des Rhèmes, qu'il se proposait de ravager ; mais qu'il allait d'abord attaquer le camp de Labienus. Et il donna des ordres en conséquence.

ce Labienus, campé dans une position très-forte, soit

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par la natare du lieu, soit par les retranchemenls qu'il y avait fait élever, n'avait rien à craindre en s'y tenant renfermé; mais il songea à profiter de l'occasion. Informé par Cingetorix et ses proches de ce qu' Indutiomare avait dit dans Rassemblée des Trévires, il envoya des courriers dans les cités voisines pour convoquer de tous côtés des cavaliers gaulois , et il leur assigna un rendez-vous à jour fixe. Cependant, presque chaque jour, Indutiomare, avec tous ses propres cavaliers, venait rôder autour du camp et provoquer les Romains. Labienus ne permettait pas aux siens de sortir, et simulait une grande terreur. Puis, une certaine nuit, il fit entrer dans son camp les cavaliers gaulois venus à son secours, et ne laissa plus communiquer personne avec t extérieur.

« Le jouf suivant, Indutiomare vient, comme d'habitude, autour du camp avec ses cavaliers, et renouvelle, sans plus de succès, ses provocations. Mais, vers le soir, comme ils se retiraient sans aucun ordre ni aucune précaution, tout à coup Labienus lance sur eux, par deux portes, toute sa cavalerie : avec recommandation expresse aux cavaliers de fondre tous ensemble uniquement sur Indutiomare, et avec défense, jusqu'à ce qu'il soit tué, de frapper aucun autre ennemi, et avec promesse de grandes récompenses pour ceux qui tueraient Indutiomare. Il envoie ensuite les cohortes à l'appui de la cavalerie. Indutiomare, attaqué et poursuivi par tant de cavaliers à la fois, est atteint et tué au passage de la rivière, et sa tête est rapportée au camp. Les cavaliers, dès lors, revenant en

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arrière, tuent sans distinction tous les ennemis qu'ils peuvent atteindre. A cette nouvelle, les troupes des Ëburons et des Nerviens, qui s'étaient rassemblées , se dis* persërent complètement , et dès lors la Gaule se tint un peu plus tranquille sous la main de César ' . »

11 est important de remarquer ici que les légionnaires de Labienus n'ont point, à proprement parler, pris part à ce combat, et que ce sont uniquement les cavaliers gaulois appelés par Labienus qui ont vaincu les cavaliers gaulois d'indutiomare, qui ont coupé la tète à ce noble et digne cbef des Trévires, et qui l'ont rapportée au lieutenant de César. Et ce triste spectacle nous est généralement donné à des degrés divers dans tous les faits d'armes de la guerre de Gaule. Tel fut, parmi une race trop facile à séduire et trop amie des batailles, le funeste effet de cette politique corruptrice de César, dont nous venons de constater les moyens dans son propre récit.

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