‹ Jules César en Gaule (volume 2)Chapitre 28 sur 69 · II · texte numérisé non relu

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306 JULES CÉSAR EN GAULE, Comment. VU.

leur honneur; —^ Sin^ idquodmagis futurum confidat, relictis impedimentis , suœ saluti consulant^ et usu rerum necessariarum et dignitate spoliatum tri * . » — Voilà donc enfin le gros mot apparaissant ici avec précaution : a poi^ songer à leur salut. » Reportons ce mot dans la première proposition, comme nous en avons le droit logiquement; voici ce qu'elle devient : « Si les Romains s'arrêtent^ leur salut est en péril. » Telle est donc la situation vraie, de l'aveu même de César.

, Aussi , pour en voiler la gravité , a-t-il pris la précaution de donner à entendre, tout d'abord, qu'en sacrifiant ses équipages militaires, il pouvait sauver son armée. Mais est-ce bien là toute la vérité de la situation, telle qu'elle se présente de fait? Le chemin est-il barré seulement aux équipages de l'armée? Il est barré, de fait, à toute l'armée romaine. liCS Gaulois sont là, comme on vient de le voir, devant elle et sur ses deux flancs; ainsi ils sont disposés en fer-à-cheval , et Tavant-garde romaine vient donner dans le fond de tare de ce fer-à-cheval; et si Yercingetorix parvient à maintenir cette barrière \ on prévoit bien qu'il va affamer sur place l'armée de César, puisque telle est précisément sa tactique depuis le cornmencement de la guerre nationale. Concluons donc que, si

^Puisi au point de vue du style, on rencontre immédiatement ensuite le mot nam^ an de ces liens artificiels du discours qui sont très-rares dans le langage de César, et auxquels il a recours dans les passages délicats à présenter, comme nous en avons déjà vu un remarquable exemple. — Il dit ici : Pfam de equitUms hostium, qtUn nemo eorumprogredi modo extra aijfmith audeaU.. (lxti).

DEUXIÈME ÉPOQUE, Chap. III, § m. 307

l'armée romaine s'arrête, quelle que soit la cause de cet arrêt, son salut est dans un péril imminent, de Taveu même du narrateur romain. Par conséquent, on peut et on doit présenter la situation réelle de la manière suivante : Cest ici pour f armée romaine une question de salut que de s'ouvrir de force le chemin de la Province. Voilà ce qu'il était très-important de constater dans la pensée de César lui-même.

Et d'ailleurs, la stratégie de Yercingetorix, ce fait incontestable quilest venu cT avance asseoir son armée sur le chemin où César devait passer, ne démontre-t-il pas, à lui seul, avec un peu de réflexion, que le guerrier gaulois avait prévu, assez longtemps d'avance, et que César serait forcé de sortir de la Gaule et par où il en sortirait? Ainsi, aucun doute n'est plus possible : Yercingetorix a F avantage sur César. Par sa tactique il a forcé le terrible ennemi à se diriger vers la porte de sortie de la Gaule. Cela ne lui suffit point : il veut maintenant, par une habile stratégie, tenter de venger la malheureuse Gaule de tant d'atrocités qu'il y a commises, en y retenant les légions romaines pour les faire succomber par la faim.

308 JULES CÉSAR EN GAULE, Comment. VII.

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