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Le troisième, qui est de Tordre moral, ae peut s'apph'quer à Vercingetorix, qui n'attendait rien des nations étrangères ; mais il nous donne accidentellement la certitude que si César lui-même à Alesia a été de nouveau, comme à l'entrée des monts, tenu arrêté par Yercingetorix , ce grand Romain n^a voulu ni que la renommée allât publier cet événement par toute la terre, ni gt/il fût transmis à la postérité. On voit donc que ce troisième motif du blocus de Petra peut également s'appliquer au blocus d' Alesia, sinon au blocus même, du moins à celui qui Ta fait et qui nous en a laissé le récit.
Par conséquent, à Alesia comme à Petra, le blocus de la position de r ennemi exécuté par César fut de sa part une opération militaire plutôt défensive qu'offensive; ce fut pour son armée une mesure conservatrice et préservatrice. En effet, à Alesia, ou monter à l'assaut dans les mêmes conditions des deux armées qu'à Gergovia ; ou tenter sous les yeux de l'ennemi le passage d'un long et terrible défilé, pour gagner la Province; ou se voir affamé sur place dans un pays insurgé , telle fut la triple alternative qui se présentait à César quand il arriva devant Alesia, V oppidum des Mandubiens.
Ainsi, tandis que dans les Commentaires, ce chef^d'œn^ vre de l'histoire des Romains par eux-mêmes, où nous cherchons la vérité de notre propre histoire, le narrateur, sans rien dire de la situation militaire des Romains, quelle qu'elle fût, nous dépeint les Gaulois comme pleins de ter* reur, et le blocus d'Alesia comme une attaque résolue à
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r instant même, dès l'arrivée de César devant cet oppidum ; nous devons en réalité voir ici, tout au contraire, le plus grand guerrier de Rome réduit en détresse par la tactique et la stratégie d'un jeune barbare de la Gaule plein de courage, de patriotisme et de génie.
S V. — Concordance du récit de César, tel qu'on vient de l'expliquer, avec ce que disent, au même sujet, les autres historiens anciens.
Avant d'examiner le blocus d'Alesia, quittons un instant les Commentaires pour interroger, sur les événements qui ont précédé ce blocus, deux auteurs anciens : Plutarque et Dion Gassius, qui écrivaient, l'un, environ un siècle et demi après la guerre de Gaule, l'autre, environ deux siècles et demi après cette même guerre. L'un et l'autre font mention sommairement de l'insurrection générale des cités gauloises suscitée par Yercingetorix, et de la situation où se trouva César, et de la direction qu'il prit, et de la bataille survenue pendant cette marche immédiatement avant l'arrivée des armées à Alesia. On va voir que les indications fournies par ces auteurs s'accordent à merveille avec toutes nos explications précédentes, et qu'elles ne se prêtent guère ni aux opinions qui veulent voir Alesia à l'emplacement à" Alise^Sainte-Beine ni même à celle qui place cet oppidum à Alaise.
Plutarque d'abord, à propos de cette septième campagne de César ,« qui commença en plein hiver, nous montre avec emphase son héros survenant à l'improviste au cœur de la Gaule, « où, dit-il, personne n'eût cru possible
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de faire parvenir ùu courrier ou un ordre, même avec beaucoup de temps. César y apparaît aussitôt en pe^ sonne ayec une immense armée, ravageant les campagnes de l'ennemi, renversant ses retranchements , soumettant les villes, protégeant ceux qui changeaient de conduite, jusqu^au moment où les Èduens eux-mêmes se récoUèreni. c Ceux^j qui jusque-là s'étaient dits ks frères des Humains et avaient obtenu d'eux les plus grands honneuTB, sejoignireni alors aux rebelles et susdlèrent à t armée de César beaucoup d embarras. (Test pourquoi César , décampant A là, se rendit par le pays des Ungtms chez les Sequanes ses alliés ^ dont le ierriUnre est, de toute la Gauk, le premier ou ton entre en arrivant dlialie. Dam cette marche les ennemis F attaquèrent, et César, forcé de combattre entouré de beaucoup de milliers d hommes et dengager toutes ses troupes, après une lutte prolongée et acharnée, finit par avoir le dessus et écraser les barbares; toutefois,, au commetu:ement, il paraît avoir eu le dessous; car les Anrernes montrent chez eux une épée sospeodae dans un tanple comme une d^iouille de César. C^ar lui-
< kà Pl«Un|ae est tombe âass Fencv. -- Les ^ffiTi ■'<taic«l B«ne- Méat IcB alliés de César daM celle {nctrertoot a« eostraîte Os s'ctakat usar^OMtre lu. Caca a la ptcaYcdasak fût iadîqaê par César lû-aâM, f«e loalBS ses commnaicatîoas arec la Prorûce ci ntalie «CaîeBt iakimf lées; el cacoie daas la liste des citts imsQrsràs coatie l«l. listt qvH éomat ct-après ^VU> ixcr^ et oà se tfoore iascht le mm des Sv^aaacs. EaSa aae domicfe preare est foanùe par Floni<, k^ad dèsisae aassî de sva cêAê ks prâripales dlcs çaaiocses qui se lervfcal à la voix de Teftùçetorix : ce fiueaC ditîK les Jncraes, ks Jk^arifCi, les Ccrsafcs et les
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même dans la suite, à la vue de cette épée, sourit, et, ses amis voulant l'enlever de là, il les retint, la considérant comme sacrée.
a Or de ceux qui échappèrent à ce désastre, la plus grande part, avec le chef suprême, s'enfuirent ensemble à Alesia ^ »
Ainsi dans Plutarque, en écartant son enthousiasme pour César, on voit que, d'après les documents qu'il a pu consulter, d'une part, l'aspect général des événements de la septième année de la guerre de Gaule se montre tel que nous l'avons mis à découvert par la discussion soit des Commentaires, soit du terrain de la Gaule; et, d'une autre part, que ce même auteur nous montre en particulier César a décampant du pays des Éduens, où on lui suscite beaucoup d'embarras, et se rendant par le pays des JLingons chez les Séquanes, où se trouve la porte d'entrée de la Gaule pour qui vient dt Italie; » — et, par conséquent , la porte de sortie de la Gaule pour qui vient du pays des Lingons. L'accord est donc aussi complet que possible, et avec nos explications touchant la guerre de Vercingetorix, et avec la position géographique de notre Alesia, et avec notre Notice géographique du tome précédent. Car, remarquoDs-le bien, Plutarque désigne ici d'une manière positive et infaillible le pont de Lucey sur la Perte du Rhône, et le pont de Grézin situé un peu plus haut sur le fleuve, puisque ce sont absolument les deux seuls
' Plutakqub, yie de J. César, XXVI et XXVII.
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points où, en arrivant d'Italie , on ait pu de tout temps entrer en Gaule par le pays des Séquanes.
Après le témoignage de Plutarque, voici celui de Dion Cassius. Nous prenons son récit au moment où il vient de rapporter que, « à la nouvelle de la défection de la cité éduenne, les Éduens qui servaient comme auxiliaires dans l'armée de César demandèrent tous à rentrer chez eux, en lui promettant de ramener et de maintenir leurs concitoyens dans son alliance. » On voit que ceci correspond au moment où l'armée romaine, après la levée du siège de Gergovia, passa t Allier entre Vichy et Moulins. Dion rapporte ensuite les événements de Noviodunum (Nevers) de la même manière que César ; puis il ajoute : a César aussitôt tenta d'aller chez les Éduens (du côté d'Autun), mais, la Loire y faisant obstacle. Use rendit par undé^ tour chez les Lingons, et toutefois il ne fit plus rien de ce côté'là. Mais Labienus s'empara d'une île de la Seine (Melun). Ceux qui s'étaient assemblés en grand nombre sur la terre ferme (l'armée de Camulogène), pour l'empêcher de passer le fleuve (la Seine), il les défit après avoir fait passer les siens... »
Puis l'auteur, revenant à ce qui concerne César lui-même, continue son récit en ces termes : ^ Vercingetorix, dédaignant César à cause des pertes que celui-ci avait éprouvées, entreprend de porter la guerre chez les Allobroges. César allant à leur secours, il le surprend chez les Séquanes et r enveloppe. 11 ne fit pourtant éprouver aucun désastre aux Romains, mais, au contraire, en leur ôtant tout espoir de
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salut, il leur rendit le courage, et lui-même, pour avoir eu trop de confiance dans le grand nombre des siens, il fut victime de sa témérité. Cette victoire des Romains fut due^ non pour la moindre part, aux Germains, que César avait appelés à son secours. Leur intrépidité à la charge, jointe à leur énorme masse, rompit la ligne des ennemis qui les entouraient. Après cette victoire qui venait de s'offrir à lui, les ennemis s' étant réfugiés à Alesia, César, persuadé qu'il ne fallait point hésiter, les enferma dans cet oppidum et les y tint bloqués ^ »
Ainsi Dion Cassius, aussi bien que Plutarque, présente les faits de cet important épisode de la guerre de Gaule sous un aspect général tout à fait conforme à ce que nous venons de démontrer nous-mème par la discussion du récit de César.
Remarquons bien que Dion Cassius dit positivement ce que nous avons nous-mème déduit ci-dessus de la discussion des Commentaires, à savoir, que ce fut alors une question de salut pour les Romains que de s'ouvrir un passage à travers F armée gauloise.
Remarquons en outre que Dion fait suivre à César ce même itinéraire que nous avons indiqué, c'est-à-dire : après le passage de F Allier (qui nous sert de point de repère), détour du côté des Lingons; de là, acheminement du côté du pays des Allobroges; dans ce trajet, attaque de tannée romaine par Verdngetorix chez les Séqiuxnes; et enfin les
* DiOH Cassivs, Bistùire romaine^ cbap. XXXVHI et XXXIX.
S76 JULES CÉSAR EN GAULE , Comment. YIL
Germains dégagent cette armée, les Gaulois courent oct Alesia, César les suit et les bloque dans cet oppidum.