X ÉTAT POLITIQUE DES CITÉS GAULOISES
Gaule, y lançant les légions d'une manière furieuse sur les populations sans défiance, sans armes, et qui s'enfuient à travers les neiges ; nous le verrons ensuite courir au nord, à Touest, au sud, comme s'il cherchait partout des ennemis à combattre. . . Mais nous finirons par découvrir l'intérêt caché et tout personnel qui portait le farouche vainqueur à exercer ainsi à nouveau de si cruels ravages dans la malheureuse Gaule. Après quoi nous le verrons changer tout à coup de procédés, et se montrer doux et clément. Nouvelle énigme!
De là, selon nous, trois phases très- différentes et trois époques très-distinctes, dans cette longue guerre poursuivie par Jules César contre nos aïeux.
La PREMIÈRE ÉPOQUE, pendant laquelle les cités gauloises, oubliant que Tunion fait la force, restent séparées les unes des autres et succombent toutes, les unes après les autres, s'étend aux six premières années de la guerre et correspond aux six premiers livres des Commentaires propres de César sur cette guerre. Nous allons d'abord en présenter ici un résumé succinct, qui fera suite à l'invasion de la Gaule dont nous avons déjà parlé dans le tome premier de cet ouvrage.
La DEDxiËiiE ÉPOQUE, pcudaut laquelle Vercingetorix réussit à unir en confédération nationale et à soulever ensemble presque toutes les cités de la Gaule contre l'envahisseur, l'attaqua héroïquement, habilement, mit en fuite ses légions, et néanmoins finit par succomber dans une lutte suprême et mémorable, ne comprend
A TROIS ÉPOQUES DE CETTE GUERRE. xi
que la septième année de la guehbe , et correspond au septième livre des Commentaires propres de César. Ce septième livre, le dernier de ceux que le célèbre auteur dicta sur la guerre de Gaule, est beaucoup plus étendu et plus important qu'aucun des autres, et nous présente, pour ainsi dire, le couronnement à la fois et de l'œuvre militaire et de l'œuvre historique du conquérant de la Gaule, il demande donc à être étudié avec une attention eitrême : d'autant plus que la vérité n'y est point à la surface, et que c'est de notre honneur national qu'il s'agit. Nous l'examinerons et le discuterons d'aussi près et aussi profondément qu'il nous sera possible. Cet examen et cette discussion, depuis le commencement du livre Jusçt/au blocus (fAlesia, compléteront le présent tome deuxième.
Le tome troisième sera consacré tout entier à la démonstration du blocus dAlesia^ qui termine cette deuxième époque^ et qui s'étend jusqu'à la fin des Commentaires propres de César concernant la guerre de Gaule.
La troisième époqce, où, les cités se trouvant de nouveau isolées, César tout à coup recommença lui-même les hostilités au milieu de l'hiver, contre les habitudes de son armée, et sans que les Gaulois précédemment soumis y aient donné l'ombre d'un prétexte, et se livra à des incursions terribles dans toute la Gaule ; après quoi il se calma sans plus de motifs ostensibles, et dès lors se montra doux et clément : cette troisième époque, disons-nous, comprend LES deux dernières ANNÉES DE LA GUERRE, Ct COrreSpOud
au huitième livre des Commentaires, qu'on sait avoir été