‹ Jules César en Gaule (volume 2)Chapitre 56 sur 69 · EX VOTO · texte numérisé non relu

EX VOTO

A MarSj Caius Veratus Gratus, (T après son vœu.

Sorpia (aujourd'hui Sorpiat) : ce nom proviendrait-il de Sùrpta-Castra, camp englouti, noyé dans la multitude des ennemis ? A côté de ce village, à la gorge des collines d'où sort le bief de Eoure et par où les fuyards durent se précipiter pour se réfugier dans le camp de l'armée auxiliaire, le cours d'eau, en rongeant le terrain, mit à découvert, il y a quelque vingt ans, si nos souvenirs sont exacts, une tète humaine que les bergers placèrent entre les branches d'un saule où elle resta longtemps exposée aux regards des chasseurs qui passaient.

A la même époque, en défrichant des broussailles der« rièro le village de Sorpiat, au versant de la colline voisine, tourné du côté de l'est, on découvrit trois ou quatre squelettes humains qu'on eut la bonne pensée de laisser à leur place, où on pourrait les retrouver.

Intria (présentement Intriat) : ne serait-ce pas là une dernière trace des mots miroita castra, — camp attaqué et en* vahi, — comme on dit : introita domus, domicile violé?

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Du c6té opposé de Toppidum, Yercingetork franchit la zone des pièges, poussa jusqu'à la palissade de la contrevallation romaine, y fit brèche au moyen de crocs et pénétra dans rintervalle des lignes. Il fallut dans cette région, pour parvenir à arrêter et à refouler les Gaulois, quatre corps de troupes romaines, savoir : celui qui s'y trouvait posté, deux autres que César y envoya, et un quatrième qu'il y amena lui-même. C'est donc là qu'eut lieu la lutte la plus acharnée; et même, ainn qu'on l'a pu voir ci-dessus, à un certain n»^ ment du combat, Yercingetorix «ut l'avantage ; la victoire dut paraître douteuse et la chose fiU en péril, comme disaient les Romains. Or, cette région particulière des lignes romaines, depuis Yoërle jusque vis-à-vis de Condamine de la Belloire, porte traditionnellement le nom de lieu dit en Pérucle. Ainsi le lieu même où la chose romaine fut en péril, — res in periclo, — on le désigne encore aujourd'hui par ce nom clairement significatif : En pérucle. Quelle simitude de dénomination : en perucle,-^ inpericlo, à dix-neuf siècles de distance ! Mais évidemment les 80,000 hommes de Yercingetorix ont dû étendre leur attaque plus loin du côté du sud, plus haut sur la rive droite de l'Anconnans ; cherchons donc encore de ces côtés-là, en suivant le pied des collines.

Nous croisons une première voie qui mène du côté d*Al6x et des montagnes d'Âpremoût, par l*Allongeon, Ijean et Nerciat. Nous trouvons là deul noms de Keux remai^ quables : l'un, les Condamines, sur l'emplacement même de la contrevallation romaine; l'autre, la Fély ou les FefySf

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un peu plus bas. Le premier, — conditm minœ, — n'est-ce pas un souvenir du retranchement romain élevé là? Le second, n'est-ce pas le nom latin /<?/t5? (On sait qxiefelùi est féminin) et qu'il est le nom commun de plusieurs animaux à griffes puissantes, le chat, le lion). Qui oserait affirmer que ce nom ne s'est point perpétué là, en mémoire des lions gaulois attaquant avec Yercingetorix ce retranchement inaccessible, et le déchirant de leurs crocs, dit le texte, Falcibus vallum ac loricam rescindunt?

Ensuite nous rencontrons la voie directe d'Alex et de la forêt de Niermes par Tignat, Ceissiat, Charrion et Nerciat. Gomme nous avons constaté, par la discussion du texte, que Yercingetorix avec ses Gaulois pénétra dans l'intervalle des lignes romaines et que le combat y fut acharné, nous gravissons la colline pour demander aux cultivateurs de ces versants s'ils n'ont jamais, dans leurs travaux, découvert fortuitement en ces lieux les traces de quelque ancien corn-* bat. Voici le résumé de leur témoignage, dont on peut du reste s'assurer en ces lieux mêmes. De notre temps, disent* ils, on a découvert des ossements humains dans le sol : 1*" au hameau de Ceissiat^ en déblayant la terre pour établir le réservoir d'une fbntaiiie ; S"" au hameau de Cliarbil^ lat, en creusant le sol pour y faire une cave ; S"" dans les champs, à environ 300 mètres au sud-ouest de Ceissiat, sur un petit mamelon qui est à droite de l'ancien chemin venant d'Izernore , 4"* dans un pré situé directement entre Ceissiat et Charbillat, à quatre ou cinq cents mètres de ce dernier hameau. On ajoute que plus loin, un peu au-dessus

du village de Bussy, où passe un troisième chemin qui pouvait encore mener dans les montagnes d'Apremont, on vient de découvrir Tannée dernière plusieurs squelettes d'hommes en défrichant un terrain le long de ce chemin, à droite *.

Tignat: ce nom est de forme latine. Le hameau est situé dans une gorge, où monte le chemin qui vient de Toppidum d'Izemore. Les troupes romaines campées dans la position voisine, sur Fossart, redoute n"" 19, à portée de Teau d*un petit ruisseau, y auraientrclles élevé, pour commander le passage de la gorge, quelque défense remarquable en bois de charpente : d'où Texpression latine, contignata castra^ et et par suite le nom de Tignat?

n se présente encore au versant septentrional du mamelon de Fossart, et directement en face du monument d'Izernore, un nom de lieu qui frappe vivement notre pensée. Il s'agirait d'un nom dont la physionomie propre serait ici voilée (de même que dans un autre nom de lieu du territoire d*Orgelet, dont nous avons précédemment réservé l'examen); mais, soit pour ne pas interrompre la recherche des travaux du blocus autour de l'oppidum, soit parce que nous n^avons pas encore réuni tous les éléments qui peuvent jeter la lumière sur ces deux traces antiques, similaires et particulièrement intéressantes, nous croyons devoir en différer encore le double examen jusqu'à un moment plus opportun.

» Il I I . I .1 . Il ■ -

* On nous dit aussi que, entre Tignat et Bussy, tout près du camp n* 18. il existe dans le sol des restes d'une ancienne construction.

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Nous avons vu (page 336) que César, par trois motifs : 1^ pour que sa cavalerie pût facilement aller au pâturage dans la vallée du Lcnge ; â"" pour qu'elle couvrit ses lignes de ce côté-là, où passe une route venant du nord ; et 3*^ pour qu'il lui fût facile au besoin de masser toute sa cavalerie dans la plaine basse située devant Toppidiim, avait dû la répartir au moins dans quatre camps dont deux auraient été de ce côté-ci de l'oppidum, — Tun au Voërle, l'autre à TAllongeon.

Le Voêrle : y aurait-il une bien grande témérité à reconnaître dans ce nom si remarquable, parmi tous les autres noms du pays, l'expression latine de Vortex alaris, qui signifie tourbillon de cavalerie auxiliaire? ou Vortex alatus, tourbillon ailé? Ou bien encore vorantes alarisy cavalerie auxiliaire dévorante ? Qua médius pugnœ vorat aquina vortex silius.

Allongeon : et ce nom aussi ne provient-il point de l'expression latine ala longior, cavalerie auxiliaire postée au loin?

A partir de cette position extrême, deux chemins conduisent dans la vallée du Lenge, et évidemment, pour éviter toute surprise, il fut nécessaire de placer deux avantpostes plus loin encore, au débouché même de ces deux chemins dans cette vallée. Or le hameau qui se trouve au débouché le plus septentrional s'appelle traditionnellement Geovreisset d'Allongeon, et celui qui se trouve à l'autre débouché s'appelle Ijean. Ce nom encore est bien hétérogène parmi ceux du pays. La forme originelle au^

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rait-elle subi quelque renversement de syllabe (comme Ilerdo est devenu Lerida) et serait-il possible d'en représenter les altérations successives de la manière suivante : Germant^ Geaniy Ijean? Si Ton admet ces variations successives, on aurait là un souvenir d'un avant-poste de la cavalerie germaine, Gei^mani, qui joua un rôle si important dans le blocus d'Alesia.

Dans cette même région des lignes. César, après avoir rétabli le combat et repoussé Yercingetorix dans Tintérieur, — restùuto prœlio ac repulsis hostibus, — prenant avec lui quatre cohortes et une partie de la cavalerie, cohortes IV exproximo caste llo educit, — equitum se partem seqiii, se dirigea par Tintervalle des lignes et par la plaine basse (c'est-à-dire par le nord de l'oppidum) vers l'attaque de Yergasillaune, où déjà il avait envoyé Labienus. En même temps il ordonna à l'autre partie de la cavalerie do faire le tour des lignes extérieures pour aller attaquer par derrière les troupes de Yergasillaune. — Partem circumire exteriores munitiones etafi tergo hostes adoririjubet. Evidemment, cette autre partie de la cavalerie, que César envoie du même point de départ au même point de destination (qu'on n'a pas vue passer dans la plaine basse qui s'ouvrait devant l'oppidum^ qu'on n'a point aperçue du camp de l'armée gauloise auxiliaire, situé au-delà de cette plaine), est allée faire lelonr des lignes dans une direction opposée à celle qu'a suivie César lui-même, c'est-à-dire qu'elle a tourné l'oppidum par le sud. Suivons donc ses pas de ce côté-là et cherchons-y soit quelques traces des lignes romaines, soit les indices du

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carnage qui s'est fait à Tendroit où cette cavalerie a chargé par derrière les troupes de Yergasillaune.

L'endroit où les lignes romaines auraient coupé la grande route actuelle dlzernore à Nantua porte le nom de lieu dit en Clay^ — Clavis, — la clef; et effectivement les troupes de la redoute voisine (n** 14) tenaient de ce côtélà, pour ainsi dire, la clef de la porte de sortie de l'oppidum.

Il est naturel que le détachement de cavalerie dont nous cherchons les traces soit sorti des lignes au gué de l'Ognin qui se trouvait au sud de l'oppidum, à l'endroit même où les lignes y coupaient cette rivière. Immédiatement après, cette cavalerie eut à faire un court mais rude effort pour gravir au galop une colline de galet, que la route de Genève à Nevers franchit aujourd'hui par une profonde tranchée ouverte pour adoucir la pente et appelée la montée de Royat. Cette colline à versant court, mais très-rapide, porte le nom du lieu dit Mont-Conot. Est-ce — Morts- ConatuSy — mont de l'effort ?

De ce point à la montagne de Bertian, règne un plateau qui borde l'Ognin, lieu dit la longue raye, la longue trace, la longue marque (dans lacception locale de ce mot raye, ou raie). Est-ce là un souvenir de la dernière trace des lignes romaines? Franchissons l'espace jusqu'à la prairie qui s*étend au bas du village de Southonnax; là est le point fatal où la cavalerie de César vint charger par derrière les Gaulois de Yergasillaune qui attaquaient les lignes romaines de la grande colline du septentrion. Cette prai-

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rie est appelée du nom remarquable de lieu dit : les Charmines, — carnis minse, — les monceaux de chair, les murailles de cadavres. Un ruisseau qui y prend naissance et descend directement à l'Ognin s'appelle ruisseau de Magolei/y de ma-goulet, du mauvais goulet, du fatal passage. Une petite vallée sèche horizontale, qui part du même lieu, se dirige au nord et va déboucher sur le hameau de Chougeat, en représentant ainsi une sorte de couloir, où la cavalerie de César dut également charger les masses de troupes gauloises, s'appelle Malacombe, mala-cambe, la mauvaise combe ou la funeste vallée.

Enfin, vers le milieu de la nuit qui suivit la dernière bataille, — de medianocte, — la cavalerie romaine fut envoyée à la poursuite des troupes de Tannée auxiliaire, qui s'étaient enfuies de leur camp dès l'heure de la journée où furent attaquées à revers les troupes de Vergasillaune. Ceux de ces Gaulois auxiliaires qui s'étaient enfuis les premiers purent donc facilement regagner leurs cités ; mais la cavalerie romaine put encore atteindre un grand nombre de traînards, qu'elle prit et tua, — magnus numerus capittir atque interficitur . Cette capture et ce massacre de nombreux traînards durent naturellement avoir lieu au gué de la rivière d'Ain, où l'encombrement dut être inévitable. En effet, ce gué est situé un peu plus bas que le point de la rive où l'on a de nos jours établi un pont en profitant d'une roche solidement tenue dans le sol et qui offrait un appui au bord de l'eau. Or, en face de ce gué, on voit sur la rive gauche un hameau appelé Cotrophe, nom évidemment hété-

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rogène parmi ceux du pays. Provient-il de Co-tropœa, trophées réunis là? Sont-ce là les dépouilles des traînards massacrés ainsi par la cavalerie de César? Ont-elles donc, comme il a dit, été mises en trophées à cette place ? Oh ! les beaux trophées !

Nous sommes ici sur la route par laquelle nous avons vu Vercingetorix et César arriver à Alesia-Izernore : Vercingetorix faisant diligence pour y arriver le plus tôt possible d'une seule traite et sans se laisser attarder par la nuit, protinusque, s'exposant même à perdre ses bagages; César le suivant à la hâte jusqu'à la nuit close, — seqtmtus quantum diei tempus estpassum, mais ne pouvant s'exposer à poursuivre sa marche dans Tobscurité et à travers un pays de montagnes très-difficile et au milieu d'ennemis connaissant le terrain.

Nous en avons induit que César campa à Chisséria pour arriver dès le jour suivant à Alesia, — altero die ad Alesiam castra fecit. — C'est donc à Chisséria que cette sorte de course rivale, de course à outrance, a dû prendre fin, et c'est là aussi que nous en pourrons trouver quoique trace, s'il en existe.

Or Chisséria même ne nous offre aucun intérêt autre que son propre nom, Cœsarea castra.

Mais Arinthod, qui se trouve à 1 kilomètre avant Chisséria et que traverse la route par laquelle se suivaient les deux armées ennemies et où durent s'arrêter pour cette nuit-là tous les retardataires des 50,000 hommes qui suivaient César, Arinthod, qui est une antique petite ville.

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nous fournit une inscription bien remarquable ainsi gravée :

MARTI SEGOMONI

SACRVM

PATERNVS DAGVSiE FILIVS

Patemtts, fils de DagiisUy a consacré cet autel à Mars Segomon, pour s'acquitter cTun vœu qu*il a accompli volontiei's et à juste titf^e *.

C'est là, croyons-nous, la première inscription qui ait présenté h la sagacité des savants le nom de Mars accompagné du surnom de Segomon. Nous apprenons que MM. Taylor et Nodier Font expliquée par le grec dans le sens de Mars récompenseur. Nous proposons ici de Tentendre dans le sens de Mars conducteur (hêgemôn) : ce qui nous parait exact pour Tanalogie étymologique et qui offrirait l'avantage d'expliquer la présence de cette inscription en

1 L*autel votif où est gravée cette inscription a été placé comme pierre de taille dans la construction du chœur de Téglise d'Arinthod, llnscriplion tournée du côté de l'extérieur. Le voisinage de Tautel chrétien et de cet autel païen ayant inquiété quelques consciences peut-être un peu trop scrupulen> ses, on a donné Tordre d*effacer Tinscription votive. Mais le tailleur de pierres chargé d'exécuter cet ordre, voulant sans -doute se tenir dans les limites de son mandat, s'est contenté de piquer très-exactement le bord de toutes tes lettres avec la petite pointe du marteau, sans toucher plus loin à côté ; de sorte que l'inscription n'en est devenue que plus visible, ou plus largement quoique moins nettement tracée. Du reste, notre honorable ami, M. Gustave Morel, maire d'Arinthod et président du conseil général du Jura, a eu la bonne précaution de consigner une copie authentique de cette inscription dans un des registres municipaux.

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ce lieu même comme s'il y était dit explicitement : A Mars qui a conduit les légions de César à travers ces montagnes.

Une autre remarque qui confirmerait encore cjstte opinion, c'est que le nom même d'Arinthod semble rappeler aussi la même idée dans la langue gauloise. En effet, il n'y a, ce nous semble, rien de forcé à voir là deux noms de divinités de nos ancêtres, ArèseiThot/i. Or, pour les Gaulois comme pour les Grecs et les Égyptiens, Ares c'était Mars, et TAoth c'était Mercure. Et puisque César nous dit dans les Commentaires que les Gaulois considéraient Mercure comme le conducteur des hommes dans les marches et les voyages, — hwic viarum atque itinerum ducem arbitrantur^ — un nom traditionnel qui rappelle Mars et Mercure à la fois équivaut exactement, de la part des Gaulois, à Tinscription romaine citée plus haut ; et ainsi le nom d'Arinthod évoquerait de son côté le souvenir de Mars et de Mercure qui ont dirigé dans ces montagnes l'armée de Vercingetorix. On aui*ait donc là deux traces antiques de cette habile stratégie des deux grands hommes de guerre qui ont lutté de vitesse en ces lieux et où pour chacun d'eux, comme dirait César, tout dépendait de la célérité, — res in celeritate posita est.

Complétons ces recherches de traces antiques autour de l'oppidum d'Alesia-Izernore par l'examen d'un dernier point de cette même route, qui est situé du côté opposé de l'oppidum, c'est-à-dire du côté dé la Province. Il s'agit du lieu le plus important de tous, la Cluse : lieu qui nous

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fournit une raison stratégique très-claire à comprendre et rationnellement très^solide, en réponse à cette simple question, insoluble ailleurs, à savoir : Pourquoi Yercingetorix s'est-il empressé d'aller avec son armée prendre position dans Toppidum d' Alcsia-Izernore ? Question à laquelle on ne saurait en effet répondre d'une manière claire et plausible si ce n'est sur le terrain même d'Izernore quel que soit d'ailleurs l'emplacement qu'on veuille adopter pour l'Alesia de Yercingetorix, si l'on tient eompte de ce que César rapporte concernant le siège d'Âvaricum et des moyens militaires des Romains comparativement à ceux des {jraulois.

La Cluse est la porte du défilé de Nantua qui menait daas la Province romaine et que Yercingetorix gardait de sa position même dans l'oppidum d'Alesia-Izernore, ainsi que nous l'avons démontré plus haut. Cette porte est dominée à pic par un mont rocheux appelé traditionnellement J9o7i, lequel se présente aux regards comme uue immense tour massive de deux ou trois cents mètres de hauteur, naturellement inaccessible de toutes parts, sauf par quelques fentes de rochers qu'elle présente du côté du massif de montagnes contre lequel cette tour gigantesque est appliquée, et auquel elle se relie par un col étroit très-facile à défendre.

Le Don a le pied dans les eaux du lac de Nantua, qui remplit le fond du défilé, dès son orifice même, et y plonge sur 80 mètres de profondeur d'eau à pic; de sorte qu'on ne peut s'engager dans ce défilé , comme on ne le pouvait du

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moins avant 1817 ' qu'en contournanl de très-près la base des rochers de Don au bord même de Teau. Le sommet de Don est un plateau assez vaste pour recevoir plusieurs milliers d'hommes. A portée de cette position, du côté nordest, se trouve un ruisseau qui coule au fond d'une gorge de montagne pleinement garnie de sapins. Don signifie en langue celtique le Mont; or, appeler celui-ci, parmi tant d'autres, simplement Don, c'était dire le Mont par excellefice, le mont connu de tous à l'époque où Ton parlait dans ce pays la langue des Celtes. Cela est d'autant plus mani* feste que Don était le mont le moins élevé de tous ceux qui entourent le lac de Nantua. De plus, une tradition constante qu'on trouve déjà dans la légende de saint Amand, laquelle remonte probablement au vu* siècle de notre ère, tradition enracinée parmi la population du pays, indique que Don a été' jadis fortifié, et il y existe encore aujourd'hui des restes très-évidents de fortifications; ce sont des tranchées profondes creusées de main d'homme, à l'arête septentrionale du plateau, et que les anciens plans dé la terre abbatiale de Nantua indiquent sous le nom générique : les fossés de Don.

Néanmoins cette tradition invétérée et ces restes de fortifications doivent avoir eu une raison d'être, une cause première d'origine. Proviendrait-elle donc de ce que Vercingetorix aurait fait occuper d'avance le sommet de Don, ce point stratégique si important à occuper et si facile à

* Époque à laquelle on a ouvert une roule de Tautre cùlé du lac.

défendre? Nous avons vu, en effet, par un texte de César, que Vercîngetorîx tout d'abord détacha de son année un corps de 10,000 hommes d'infanterie qu'il envoya avec 800 cavaliers dans cette région du Haut-Rhône, où nous sommes ici, pour porter la guerre chez les Allobroges cl intercepter les communications de César avec la Province et l'Italie*. Et durant le blocus d'Alesia-Izemorc, ce même corps envoyé d'avance n'aurait-il pas encore été posté là, et même tout le long du défilé de Nantua jusque chez les Allobroges qui y possédaient des propriétés rurales sur la rive droite de la perte du Rhône? Cela serait assurément possible sans que le texte exige aucun changement.

Or, si tel est le cas, ces troupes ont dû fortifier Don à son pied, y barrer tout passage entre le lac et la montagne, au moyen de blocs de roche entassés à l'endroit même où se trouve aujourd'hui la première maison de La Cluse, du côté de Nantua. De là peut-être l'origine de ce nom de La Cluse y véritable porte, où la sortie de la Gaule fut barrée au faroubhë envahisseur qui venait de la mettre à feu et à sang.

§ IIL Populations nouvelles venues autour d'Alise-Izernore, territoire dei

anciens Mandubiens.

L'existence des Mandubiens peut-elle être révoquée en doute avec de justes raisons? Aucun auteur ancien, pas même Jules César, n'a parlé des Mandubiens d'une manière

* De belio Galiico^ VH, lxiv, lxv.

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explicite qui leur soit propre. Évidemment Strabon n'a fait que répéter ce que César en avait dit auparavant, et César lui-même s*est contenté d'en dire deux choses, à savoir : u qu*Alesia était un oppidum des Mandubiens et « que le blocus de cet oppidum attaqué par lui et défendu « par Yercingetorix a entraîné la mort et la disparition de « la presque-totalité de ce peuple. »

Dès lors^ sans doute, a également disparu du territoire gaulois le nom des Mandubiens, lequel n'avait plus de raison d'être.

Des événements moins considérables ou moins décisifs ont amené plus d'une fois des résultats semblables, que personne cependant ne songe à contester. En effet, est-ce qu'à peu de distance d'Alesia-lzemore, n'a pas existé autrefois un peuple qu'on appelait les Allobrogcs? Est-ce que, mémo plus près, il n'y avait pas un autre peuple, tristement célèbre par sa politique, et portant le nom d'hduens? Et de ce que ces deux noms d'AlIobroges et d'Éduens ont tout à fait disparu de ces deux territoires, où pourtant ont continué à vivre ces mêmes populations aborigènes, songe-t-on à mettre en doute que là et là n'aient habité jadis les Allobroges et les Éduens dont parle l'histoire? Ainsi, quand même nous ne réussirions pas à {trouver sur le territoire de la Gaule, où les Commentaires nous ont guidés^ quelque indice du nom des Mandubiens, notre opinion que l'oppidum des Mandubiens, appelé jadis Alesia, est l'oppidum appelé aujourd'hui Izernore, n'aurait rien à perdre de l'autorité qu'elle tire de l'ensemble des prouves

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sur lesquelles nous Tavons établie plus haut. Tout au contraire, dans Tétat actuel des renseignements historiques que l'on possède, la détermination de Toppidum d'Alesia est peut-être le seul moyen de déterminer aujourd'hui la position du pays des anciens Mandubiens.

Il ne faudrait donc pas s'étojmer, et cela, en vérité, ne saurait tirer à conséquence, si nous ne découvrions dans le pays qui environne Izernore rien que do faibles ou de lointains indices pouvant rappeler vaguement ou le tiom des Mandubiens ou la population nouvelle qui est venue leur succéder à leur ancienne place, après le blocus où ils ont péri. Néanmoins examinons le pays à ce double point de vue.

L*histoire nous montre quelques peuples portant un nom analogue à celui d'un cours d'eau important de leur territoire : par exemple, en Espagne, nous voyons les Bœtici aux bords du Betis (Guadalquivir) ; les Iberi aux bords de Ylbenis (Ibère ou Ébre) ; en Gaule, les Cénomans sur les rives de la Maine ^ les Séquanes Sur les rives de la Sauconna (la Saône), ou de la Séquana (Seine), ou Seinctte des monts Jura.

Or, de même qu'on a fait valoir en faveur de l'emplacement d'Alaise l'analogie du nom du Doubs (Alduos-Dubis), — avec le nom des Mandubiens, — Mandubii, — pourquoi ne signalerions-nous pas une analogie de même nature que nous offre le territoire d'Izcrnore ?

Dégageons d'abord la première syllabe du nom de Mandubii. Que signifiaitle monosyllabe Afan parmi les Gaulois?

DEUXIEME EPOQUE, Chap. VII, § m. 205

On peut remarquer, entre autres analogies qui témoignent d'une origine commune, que les Gaulois et les Germains avaient, les uns et les autres^ une religion presque identique. c< Us honorent principalement le dieu Mercure, — « Deum maxime Mercurium colunt », dit César en parlant des Gaulois*. « Ils honorent parmi les dieux principale- « ment Mercure, — Deomm maxime Mercurium colunt^ » dit Tacite, en parlant des Germains'. <( Tous les Gaulois, « ajoute César, se vantent de descendre de Pluton et disent « que telle est la tradition des Druides. » « Les Germains, c( dit Tacite, prétendent, dans de vieux chants populaires « (qui sont pour eux la seule manière de transmettre le « souvenir des choses) que le dieu Tuiston, issu de la Terre, « eut pour fils Mannus, qui eut lui-même trois fils, des- « quels tous les Germains tirent leur origine. » L^identité de ces deux traditions religieuses nous parait incontestable. Ainsi, dès l'époque la plus reculée, le nom de Mannus ou, si on en retranche la terminaison latine, le nom de Man était parmi le» Gaulois, aussi bien que parmi les Germains, le nom du premier homme et pouvait désigner la race humaine ^ La première syllabe du nom Mandubii peut donc signifier simplement les hommes.

^ De bello Galiico, VI, xvi.

* De maribus Germanorum liMluê. *

' Il est remarquable que, chez les Latins, le même monosyllabe mailf dans mantis et ses nombreux dérivés, servait à désigner la main de Thomme, la main parfaite et toujours libre ^ mais à condition que l'homme possède deux pieds qui lui suffisent pour sa locomotion : indice caractéristique de l'homme et de sa suprématie de droit primordial parmi tous les animaux.

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Maintenant examinons les rivières du pays d'Izemore. Une première rivière, la plus considérable de ce pays, TAin, coule tout près de Toppidum d'Izernore. Son nom, dans cette partie de son cours, est le Dain (comme on peut le voir sur la vieille carte de Cassini ; et comme le constate encore d'autre partie nom explicite de Clervai-sur-le- Dairif ancien nom de la petite ville de Clairvaux, située sur les bords de cette rivière). Le Dain et le Doubs prennent, Tun et Tautre, leur source dans la même région des monts Jura. Ces sources sont à quelque dix kilomètres seulement Tune de l'autre, dans les environs de Nozeroy. Les deux noms, Dain et Doubs, ont en outre un certain air de ressemblance.

De cette même région des monts Jura, un peu plus au sud, sort encore une autre rivière, laBienne, qui se dirige au sud-sud-ouest, c'est-à-dire droit v^rs Toppidum d'Izernore, et va se jeter dans le Dain tout près de cet oppidum, un peu en amont de Coyselet. La Bienne et le Dain sont les deux rivières les plus considérables de tout le pays qui environne Toppidum d'Alesia-Izemore.

Voilà deux noms traditionnels, Dain et Bienne, qui ont pu se modifier avec le langage de la population riveraine, dans la suite des temps, mais qui sont assurément d'ori* gine gauloise. En effet, ces deux modestes cours d'eau, pour n'avoir pas été connus sitôt peut-être, et si loin de

C*est là, on le comprend, un point capital en physiologie^ et que nous itoas démontré le premier dans la science moderne. Voir nos Études de pftfjsiqve animale^ Paris, 1843.

DEUXIÈME ÉPOQUE, Cuap. VII, § m. 207

leurs sources que le Rhône, le Tibre ou le Nil..., n'en ont pas moins eu des noms propres dès les premiers temps historiques ; et ces deux noms du Dain et de la Bienne ne leur en ont pas moins été donnés, de même que les noms des plus illustres fleuves, par les premiers habitants qui se sont fixés sur leurs rives. Cela est évident de soi.

Donc, finalement, les noms traditionnels des deux cours d'eau les plus importants du pays dlzernore, Daiti et Bienne, si on les fait précéder du monosyllabe Man^ lequel désignait parmi les Gaulois ou l homme ou les hommes^ en général, ces trois mots réunis vont naturellement signifier ensemble les hommes des rives du Dain et de la Bienne ; en même temps que, à la manière d un écho lointain, ils sonneront à Toreille, Man-Dain-Bietine, sensiblement comme le nom des Mandubiens qui est mentionné dans les Com^ mentaires et que nous cherchons comme ayant existé peutêtre jadis dans cette contrée. A chacun d'apprécier la valeur de cette analogie de sons et de rapprochement de noms tout au moins trës-particulîers.

Cherchons maintenant, dans le pays qui entoure l'oppidum d'Izernore, les indices qui pourraient témoigner qu'une population nouvelle est venue y remplacer les Mandubiens qui s'étaient d'abord réfugiés dans l'oppidum et qui sont morts de faim si misérablement pendant le blocus.

Procédons à cette recherche en commençant du côté du nord de l'oppidum, pour passer ensuite à Test, au sud, à l'ouest, et enfin dans l'oppidum même. C'est principalement tout le long des routes de la Province que nous aurions la

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chance de rencontrer ces traces d^étrangers venus dans le pays : nous aurons donc soin d'y regarder. Nous ne reviendrons pas sur les traces probables de la cavalerie germaine rentrée dans le ravin de la Yalliëre et dans les marais de la Thoreigne.

Au nord de l'oppidum d'Izernore et à Test d'Ârinthod et de Chisseria, dans la région supérieure de Téperon de montagnes compris entre leDain et la Sienne, en amont de leur confluent, nous voyons la petite ville de Moyrans, où passe une route de la Province qui vient de Lons-le- Saunier ; Moyram ou Moyran^ ou Morincwn, en latin des anciennes chartes, a conservé le nom d'un municipe gallo^ romain^ Maurianay établi jadis dans une petite plaine voisine qu'on appelle encore du nom de lieu dit en Mauran '. De ce point de départ extrême, nous nous rapprochons de la Province et de l'oppidum d'Izernore, en suivant la voie la plus facile et la plus naturelle.

A deux kilomètres sud-est de Moyrans, nous trouvons les Villars-cT Héria (le grand et le petit), dans un site trèsélevé, à la naissance d'un vallon où coule le ruisseau d'Héria, qui descend droit au sud, et va se jeter dans la Bienne à Jeurre. Qu'est-ce que ce nom Villars-d'Héria? Peut* être une altération des mots Villa Aeria, appliqués à ces lieux par des colons romains, en raison de sa situation très* élevée dans l'air, ou aérienne, comme ils ont appelé pour le

' Voir le Dictionnaire géographique historique, de MM. Rousset et MoreaC. t. IV, p. 201. Ouvrage cité;

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même motif, au dire de Sirabon, une ville des Cavares Aeria. Ajoutons que, un peu plus haut que les Yillars d*Héria, à Tendroit où naît le ruisseau d'Héria, au pont des Arches, on voit une ruine romaine remarquable, construite en gros blocs de roche ; ce qui fait présumer que des Romains se sont arrêtés là et peut-être y ont séjourné jadis. Le ruisseau lui-même parait provenir en grande partie, à travers des fissures de la montagne, d'un bassin supérieur au fond duquel se trouve un petit lac, le lac cT Antre.

Lac d'Antre: nom latin, Antrum, antre, lieu caché, lieu de repos ou de retraite : Virgile a dit :

Viridi projectus in antro.

a Etendu dans un gite de verdure. » C'est l'image même de ce joli lac d'Antre, étendu au fond de son bassin de verdure ; car il est là entouré de verts pâturages, de verts buissons et d'une verte bordure de hêtres, au-delà desquels s'élève une ceinture de sombres sapins. Là, d'un côté, au bord de l'eau, au pied d'une roche verticale remarquable et très-élevée, semblable à un immense réflecteur qui concentre sur ce beau site les rayons du soleil de midi et l'abrite des vents du Nord, il a existé jadis, d'après quelques savants de la contrée, une école de Druides ^ Mais ce qui est certain, c'est qu'on y trouve des ruines romaines et des débris archéologiques de diverses natures épars au bord du lac et même sous l'eau. Parmi tous les objets qu'on y

* Voir à ce sujet le même Dictionnaire , t. VI, p. 208.

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a découverts, on remarque, dit-on, quelques statuettes des dieux de TÉgypte, d'Orus, d'Osiris,du boeuf Apis, mais sur* tout une inscription romaine d'un grand intérêt, laquelle est rapportée parmi celles du Jura ^ en ces termes :

MARTI AVGVSTO

Q. PETRONIVS METELLVS

M. PETRONIVS MAGNVS IIIIVIR.

VNA CVM MILITIBVS NILIACIS

C'est-à-dire ; Quintus Petronius Metellvs^ Mareus Petronius le Grand Quatxiorvir^ et avec eux les soldats venus des rives du Nil, ont consacré cet autel à Mars Auguste^ pour s^ acquitter de leur vosu^ à leurs frais et à juste titre.

Ainsi un municipe romain a été établi dans cette région de Moyrans,des YilIars-d'Héria et du lac d'Antre ; de plus, il s'y trouvait des soldats romains venus des bords du Nil et très-dévoués à un Auguste. A quel Auguste? S'agit-il du premier Auguste, et ces soldats romains venus d'Egypte étaient-ils des prisonniers de l'armée navale de Marc-Antoine à Actium? Où s'agit-il de quelqu'autre des nombreux princes qui prirent plus tard ce même surnom ?

Du reste, dans toutes les contrées environnantes et principalement dans celles qui se rapprochent le plus du théfttre

1 Nous comptions pouvoir lire cette inscription Bttr les lieux, mais elle avait été enlevée du mur de la maisou rustique oit on Tavait précéd«mmeirt incrustée. Où Ta-t-on transportée ? A Lons-le-Saunier on à Besançon f Noos n*Rvons pu le savoir.

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de la lutte suprême de Yercingetorix^ le nom des localités, les ruines de monuments et les inscriptions qu*on y découvre sont autant de témoignages irrécusables du passage et du séjour des Romains dans notre pays. Ainsi on trouve dans la vallée du Lenge le village de Bellignat, belli^nati; — nom qui pourrait se rapporter à l'établissement de quelques enfants de la guerre sur ce point du ter* ritoire d'Alesia-Izernore.

Et à gauche, nous voyons Alex déjà signalé par nous sous la forêt des Niermes.

Puis, au-delà et de nouveau au milieu de la vallée, nous traversons Martignat, Martis-gnatU les enfants de Mars ; et nous arrivons au point stratégique La Cluse, — Clusius ou Chisura^ on C lusus locus ^lien qui ferme le défilé par où Ton allait dans la Province, c'est-à-dire la porte de sortie de la Gaule.

Sans entrer dans ce défilé de La Cluse même, et par dessus les eaux du Lac qui permettait à peine de s'insinuer dans le chemin, le regard pénètre au loin dans une crevasse de montagnes, profonde, sinueuse, qui paraît sans issue, et où l'on aperçoit, à l'extrémité orientale du lac et au nord-êst d'une prairie qui se trouve à sa suite, la petite ville de Nantua. Ce nom rappelle-t-il une colonie de Nantuâtes^ peuple gaulois dont il est fait mention dans les Cornmeniairesy qui était placé de même à l'extrémité orientale du lac Léman, et probablement le seul des peuples de la Gaule dont la population n'ait pas été gravement amoindrie dans la guerre contre César?

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En continuant de nous diriger au sud, au miUeu de la

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