NOMS DE LIEUX
PRÈS DE GERGOVU
Perignat,
Carent,
Royai,
Merdogne,
Chanonat,
Romagnat,
Randolle, Riberolles,
Salagnai,
Saignes,
Orseiy
Nadaiiiat,
Plauzaty
Tallagnaty
Rhouillat,
Ceyrat,
Aubière,
Coumol,
Chabanne.
PRÈS d'iZERN0R£
Pérignat^
Coretit^
Royai (le Crest),
Merlogne (la Grange),
Southonnax^
Martignat, Samognat,
NeyroUeSy
Solomiat, Salagnai,
Ceigne^
Orsei (le mont),
Maillai,
CAougeai, Poisai,
Volognai,
Brouillai,
Peyriai, Heyriai,
Roy ère j Gravier e^
Comod,
Chavanne.
220 JULES CÉSAR EN GAULE» Comment. VIL
N*exisie-t-il pas réellement, malgré la distance si grande qui sépare les deux pays une similitude générale entre ces deux groupes de noms de lieux? Noms de lieux qui sont des éléments historiques si intimement liés aux populations elles-mêmes. Et cela ne provient-il pas des deux côtés de ce que la population gauloise, avec ses traditions, se soit plus facilement conservée dans les pays de grandes montagnes ?
Voilà donc en somme, dans les contrées voisines d'Âlesia-Izernore, qui furent le territoire des anciens Mandubiens, un assemblage do' noms de lieux indiquant un mélange de populations bien hétérogènes. Des colons venus d*Égypte, des Latins, des Grecs et des Nantuates semblent s*ètre réunis là aux Gaulois aborigènes.
D*où il est permis de conclure avec assez de probabilité et de vraisemblance que, après la destruction des Mandubiens, la population gauloise voisine s*é tendit sur leur territoire devenu vacant, mais qu'il resta encore une partie de ce territoire non occupée ; et que Tempereur Auguste, à l'époque où il vint à Lyon pour organiser l'administration des provinces de la Gaule, voulant compléter le remplacement de la population Mandubienne, et les trois cités adjacentes, celle des Sébusiens, celle des Séquanes et celle des Éduens, se trouvant épuisées d'hommes par la guerre, il envoya dans le pays Mandubien, quelques colons de population latine, peut-être avec adjonction de quelques prisonniers de l'armée de Marc-Antoine, et même de quelques Nantuates tirés du bord du lac Léman, le seul peuple
DEUXIÈME ÉPOQUE, Cbap. VII, § iv. 22i
de ces régions de la Gaule que la guerre n'eût pas graven^ent épuisé en population.
g IV. — Ville gauloise d'AIesia. Monument et ville gallo-romaine dlzernadorus, ou Izemodoro, ou Izarnobero, ou Izarniboro, ou Izarno..« à Tépoque mérovingienne.
Quelle était approximativement la population de la ville gauloise d'Alesia à Tépoque de César?
Plutarque seul nous l'indique ; voici ce qu*il en dit : (( Pendant que César faisait le blocus de la ville, il se (c trouva exposé à un danger tel, qu*on ne saurait le faire « concevoir par de simples paroles. En effet, les forces de (c toute la Gaule ^ au nombre de 300,000 combattants, vince rent auprès d'Alesia, pendant qu'il se trouvait déjà dans a la ville non moins de 170,000 hommes; de sorte que « César, pour faire face des deux côtés à ces forces con* (( sidérables, fut obligé d'entourer son camp d'une double « ligne de fortifications. »
Si donc on raisonne comme l'a fait M. Quicheraten citant ce passage de Plutarque, il est clair qu'une ville bâtie ainsi et habitée par une population de mœurs aussi simples (eûtelle eu jadis autant d'habitants que le suppose le passage ^dePlutarque cité plus haut), n'eût pas pu ne pas laisser des traces durables et considérables aujourd'hui encore, après dix-neuf siècles écoulés.
Mais nous devons faire remarquer que le plateau de l'oppidum d'Izernore, par sa vaste étendue, par la force de sa position, et la facilité d'y trouver de l'eau à boire partout
222 JULES CÉSAR EN GAULE, Cosiment. VU.
sur place, comme nous Tavons expliqué, et enfin par sa situation au point de croisement des anciennes voies par ies* quelles on traversait la chaîne des monts Jura, surtout avant que Lyon fût fondé et qu'Agrippa eût tracé dans ce pays de nouvelles routes, s'accorderait mieux que remplacement d'Âlise-Sainte-Reine ou que le plateau d*Âlaise avec TaggloaiéFBtion d'une population trfaKiioDibreu» dans la ville gauloise d'Alesia.
Contrairement à ce qu'a dit Plutarque, voici le texte tiré de Suétone par Eutrope, et que nous rappelons ici : « Ensuite les Romains et les Gaulois prirent position sur « deux collines qui .se faisaient réciproquement face, « duos colles sibi invicem obversas Rommii Galliqtte ce* « feront. »
Ce dernier texte, on le voit, donnerait à penser que l'oppidum d'Alesia était simplement une position forte, une position stratégique, occupée en sens contraire par les deux armées.
Mais qu'il ait existé ou non, à l'époque de César, une grande ville gauloise sur le plateau d'Izernore, il est certain, comme nous le démontrerons ci-aprës, qu'il a existé là, vers cette même époque, une petite viUe gallo-romaine établie auprès du monument d'Izernore, presque à Tendroit même où se trouve aujourd'hui le bourg de ce même nom. Ajoutons tout de suite que, dans notre pensée, rétablissement de cette petite ville n'aurait été que la conséquence de l'érection de ce monument lui-même. Il convient donc, pour la clarté de notre thèse^ afin de suivre
DEUXIÈME ÉPOQUE, Chap. VII, § iv. 2SS
Tordre naturel des choses et d'éviter les répétitions, de parler d'abord de cet édifice, à l'existence duquel pourront venir se rattacher naturellement toutes les traces archéolo-* ^ques environnantes.
Monument et ville gauloise ou gallo-romaine dlsarnodorus.
Qu'était-ce que le monument dlzarnodorus ou d'Izarno* doro? Pourquoi a-t-il été élevé à la place où nous en voyons aujourd'hui les magnifiques ruines?
Ce monument d'Izernore, à l'apprécier d'après ce qu'il en reste encore debout, est le seul monument d'une telle beauté qui se puisse voir dans toute J'étendue de la vieille Gaule celtique envahie par Jules César. Il est plus intéres* sant encore par le lieu où il se trouve, c'est-à-dire au milieu du passage le plus facile et le plus fréquenté jadis (ail témoignage de P]utai*que cité plus haut), pour passer de la Province romaine dans la Gaule transalpine, en traversant au préalable la chaîne des monts Jura (ou réciproquement) ; comme César paraîtrait avoir eu l'habitude de faire pendant les premières années de la guerre de Gaule.
Ce passage fut donc nécessairement un point stratégique dans les guerres de ce pays, et l'existence du monument d'Izernore s'y rattacherait sans aucune difficulté militaire ou archéologique ; et, néanmoins, l'intérêt particulier de ce lieu n'a pu jusqu'à ce jour être rattaché à aucun événement connu de l'histoire des Gaules.
Indiquons donc tout d'abord la nature de ce monument f t les divers éléments archéologiques qui ont été décou^
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verts tout à Tentour, afin que le lecteur puisse juger s*il est susceptible d'une explication qui soit en rapport avec les événements rapportés dans les Commentaires de Jules César sur la guerre de Gaule.
L'examen de l'espèce particulière du monument d'Izemore au point de vue de Tordre d'architecture auquel il appartient, et de tous les détails de ses parties constitutives, d'après ce qu'il en reste de visible surplace, nous entraînerait à des citations trop spéciales et trop longues, difficiles à suivre sans l'aide d'un grand nombre de dessins, et dont la connaissance n'est point strictement nécessaire pour apprécier la question historique .que nous devons examiner ici. Nous allons donc nous borner à quelques indications générales sur l'aspect, la nature et la position de ce monument, qui est du reste bien connu des archéologues; puis nous dirons un mot des fouilles qui y ont été exécutées, soit dans le monument lui-même, soit sur l'emplacement de la petite ville gallo-romaine qui était établie tout proche de lui ; après quoi, nous discuterons (si nous en avons le temps) une tradition écrite ou une légende du moyen ftge dans laquelle cette petite ville nous parait avoir été désignée, et enfin nous présenterons notre propre opinion sur la cause et l'origine de ce monument dlzemore, dont l'existence à celte place est, à nos yeux, d'une importance historique de premier ordre.
Le monument d'Izernore était un édifice rectangu* laire, d'environ 30 mètres de largeur et 2â mètres de longueur, situé sur une petite éminence, à 200 ou
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300 mètres du bourg actuel d'Izernore, et dans la direction du nord-est. Il s'élevait là à la crête du versant occidental de la vallée de TAnconnans, et sa façade principale était tournée à l'orient, c'est-à-dire du côté de ce cours d'eau. On pouvait s'y rendre du lieu où est aujourd'hui le bourg d'Izernore, et où était aussi la petite ville galloromaine qui y existait jadis, par lin ancien chemin bien conservé, horizontal, qui s'élargit devant cette façade d'entrée du monument et y constitue une petite plateforme.
A trois des angles de cet antique édifice, on voit encore debout trois énormes pilastres à quatre faces, d'environ 6 à 7 mètres de hauteur, et présentant à chacune des faces, qui se regardent réciproquement d'un angle à l'autre, une demi-colonne engagée (ou taillée en demicolonne sur la masse même du pilastre), où elle fait saillie. Un savant très-compétent du département de l'Ain, M. de Saint-Didier, en a conclu avec juste raison, que ces demi^ colonnes, ainsi €7igagées dans les pilastres des angles du monument d^Izernore, faisaient face rectangulairement départ et d'autre à une suite de colonnes entières, de même diamètre, placées sur le même soubassement, et aligtiées d'un pilastre à tautre. — Suivant M. de Saint-Didier, les bases de ces colonnes engagées dans les pilastres et celles d^autres colonnes libres qu'on a trouvées en grand nombre dans les environs; les proportions et les moulures du soubassement qui subsiste encore aujourd'hui^ et des fragments de chapiteaux à feuilles d acanthe, retrouvés çà et là, démontrent que