‹ Jules César en Gaule (volume 2)Chapitre 62 sur 69 · PIN DE LA DISSERTATION · texte numérisé non relu

PIN DE LA DISSERTATION

VILLE D'ORINDINSE

Nous ne pouvons ici passer sous silence une antique légende, à laquelle on n'a jamais cessé d'ajouter foi dans cette région d'Âlésia-Isarndore, et où sont constatées des traditions locales qui se rattachent d'une manière naturelle à notre sujet. Nous voulons parler de la légende de saint Amand^ illustre saint du vn" siècle, qui est considéré comme Tapôtre des Pays-Bas, qui fut pendant plusieurs années évèque de Maestricht, et qui fit plusieurs fois le voyage de Rome, en traversant les Alpes.

On conservait dans le cartulaire de Tabbaye de Nantua, abbaye fondée incontestablement au vn' siècle, une légende de saint Amand que Guichenon a publiée et dont il existe encore une ancienne copie dans les archivés de la commune de Brénod : légende où la fondation de Tabbaye de Nantua est attribuée à ce saint Surius, dans son ouvrage qui a pour titre : Vies des Saints^ imprimé

au milieu du xvr siècle. Elle donne pour la vie de saint Amand le récit de Baudemond (Baudemundus), auteur qai fut disciple du saint. Quand on compare la légende de Nantua avec la vie de saint Amand écrite par Baudemond, il devient évident que cette légende est simplement une copie littérale du texte de Baudemond sauf dans un seul passage, où Baudemond rapporte, en peu de mots, que saint Amand fonda un monastère dans un certain lieu appelé Nanto^ dont il n'indique point la situation. Or, à la place de cet énoncé succinct du fait, le légendaire de Nantua en présente un exposé, où il explique en détail qu'il s'agit de la fondation du monastère de Nantua. Après quoi, il revient à copier le récit de Baudemond. Voilà de quelle manière la légende dé saint Amand, qui était dans le cartulaire de Nantua, attribue à ce saint la fondation de l'antique abbaye.

Mais cette attribution a été depuis lors vivement attaquée par les Bollandistes qui considèrent cette légende comme fausse de tous points, et l'opinion de ces graves auteurs, si compétents en pareille matière, prévaut aujourd'hui dans le monde savant. Car, parmi un certain nombre d'écrivains modernes qui se sont prononcés à ce sujet, tous BOUS ont paru adopter l'opinion des Bollandistes : sans ce* pendant y ajouter & l'appui . aucune raison nouvelle qui n'ait déjà été clairement exposée dans l'œuvre des Bollandistes, où la question a été traitée longuement et avec le plus grand soin. De sorte que nous voilà réduits à soutenir seul, contre ces dignes et redoutables adversaires, la lé-

gende de saint Amand qui était conservée dans le cartulaire de Tabbaye de Nantua. Disons tout de suite que nous n'en prétendons soutenir la véracité que touchant le point capital, c*est-à-dire la fondation de l'abbaye de Nantua par $aini Amand et l'existence de la ville dOrindhise dans le voi*sinage. Et, à cet égard, nous allons simplement soumettre au lecteur les motifs de notre conviction, dont il sera juge.

Pour reconnaître la vérité dans une question de cette nature, on peut s'éclairer de trois sortes de documents qui sont : les récits légendaires concernant le saint fondateur, les chartes ou diplômes que possédait le monastère en question, la possession d'état depuis la fondation jusqu'à Tépo* que présente.

Récits légendaires. — Saint Amand vécut dans les dernières années du vi* siècle et dans la plus grande partie du vnV A l'exemple des premiers apôtres du Christ, il dévoua sa vie à la propagation de la foi chrétienne, principalement dans les Pays-Bas. Inébranlable au milieu des fatigues, des privations, des avanies, des souffrances et des dangers de toute nature, il prêchait d'exemple, secourant les pauvres et les malades, répandant partout les lumières du christianisme, Fétude des lettres saintes, l'esprit de charité. et de fraternité. Avec les dons des princes dont il civilisait les peuples, et avec l'aide des particuliers qu'il avait convertis, il rachetait les esclaves, surtout Içs enfants, les baptisait et les faisait instruire avec soin, jusqu'à les rendre capables de devenir ses frères ^ans l'apostolat et de diriger les monastères qu'il fondait

en même temps pour raffermissement et la propagation de la foi chrétienne.

Le récit de la vie de saint Amand qui mérite le plus de confiance est celui que nous a laissé Baudemond son disciple, k qui il avait dicté son testament. Le texte de Baudemond, d'abord publié par Surius, Ta été ensuite par les BoUandistes qui l'ont coUationné sur onze manuscrits divers. Nous allons tout d'abord en donner un résumé historique en y intercalant les dates adoptées par les BoUandistes, ce qui permettra de bien voir ensuite le point en question.

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