‹ Jules César en GauleChapitre 16 sur 34 · NOTICE U E O G K A 1* H I Q U E · texte numérisé non relu

NOTICE U E O G K A 1* H I Q U E

du nord au sud, du côté oriental, paraît avoir abouti à la Saône entre Beaune (aux Ædui) et Saint-Jean de Losne (aux Lingoncs) : en face du pays des Sequani , qui descendait sur la rive gauche de la Saône jusques au confluent du Doubs, comme la Franche-Comté.

Au sujet des Ambivareti , clients des Ædui, un doute se présente : ce nom est-il simplement une variante de celui des Ambarri? Est-ce le nom d’une peuplade particulière? Dans ce dernier cas, où serait sa place? Probablement dans une subdivision du pays des Ambarri. Regardons dans ce pays, aux confins des Sebusiani, la région du confluent de l’Ain et du Suran : là, à l’endroit oii les deux vallées s’abouchent, dans une position avantageuse au versant d’un coteau tourné au soleil, au bord des eaux et de la plaine, nous voyons un village, V arambon. Depuis quand est-il là? Son nom, en négligeant la finale et en déplaçant une syllabe, peut-il nous rappeler les Ambivareti, comme aujourd’hui, en Espagne, Lerida nous rappelle l’antique llerda , les Ilcrgètes? Nous voyons encore au nord de Varambon, à mi-distance de Tossiat, le hameau de Vavre, placé sur le vieux chemin qui suivait le pied du Revermont ; et encore, près et à l’ouest de Tossiat, les deux Vavrettcs. Cette suite de noms unalogues placés tout le long des monts Jura, Vavrette, Vavre , Varambon, Ambronay, Ambérieu , ville principale, et A mbutrix, peut-elle nous rappeler la place particulière des Ambivareti , clients des Ædui ? César, après la lutte d’Alcsia, envoya une légion hiverner chez

Hi

ce petit peuple. Cette légion, placée ici, aurait complété l’occupation de tous les passages des monts Jura, Labienus étant chez les Scquani avec deux autres légions et la cavalerie.

Ou bien faut-il placer les Ambivareli sur la rive droite de la Saône, vis-à-vis de Trévoux, autour d 'Ambérieuxcn-Beaujolais?

On a placé les Aulcrci-Brannovices dans le pays de Semur-en -Brionnois, d’après l’analogie de ce nom traditionnel. On ne s’accorde pas au sujet des Brannovii. On a voulu les placer sur les bords de la Brenne, aux environs d’Alise-en-Auxois.

Nous voyons sur le terrain qui termine la vallée de la Saône un indice négligé jusqu’à ce jour, la double vallée del ’ Azergue et de la Broveitne. L’Azergue et la Brovenne sont deux petites rivières qui prennent naissance assez loin l’une de l’autre dans les montagnes du Lyonnais, la première au nord, la seconde au sud, et qui coulent l’une vers l’autre obliquement du côté de l’est. Elles se réunissent à douze kilomètres au sud-ouest de Trévoux : la Brovenne perd son nom au confluent, et ensuite l’Azergue va au nord-est passer à Ambérieux, près d’Anse, pour se jeter dans la Saône vis-à-vis de Trévoux. Les vallées de l’ Azergue et de la Brovenne sont ouvertes et fertiles. On voit le rapport des noms et de la position géographique.

En résumé, pour ce qui concerne laplace particulière des .1 ulerci-B 1 -a n novices et des Brannovii, clients des Ædui,

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nous uvons sur le territoire général des Ædui les indices suivants : d’une part, Semur en Brionnois, d’autre part, Semur en Auxois ; d’un côté la double vallée de l’Azergue et de la Brovenne, de l’autre, la vallée de la Brenne. On peut aussi placer les deux peuples d’un même côté, attendu la grandeur de l’espace qui s’y trouve, placer les Brannovii autour de Semur en Brionnois, et les Aulerci~ Brannovices dans la double vallée de l’Azergue et de la Brovenue : ce qui laisserait libre le territoire d' Alise en Auxois.

On a dit, mais sans le prouver, que les Mandubii étaient clients des Ædui , et comme César ni aucun auteur ancien ne le disent, nous n’avons pas à leur chercher une place sur le territoire des Ædui. Du reste, cette question est comprise dans la détermination d’vl/esia, l’oppiduin des Mandubii.

On a dit également que les Segusiavi étaient clients des Ædui , mais on a dit cela dans l’hypothèse qu’ils seraient les Sebusiani des Commentaires, ce que nous n’admettons pas. Cette question va être traitée à part.

S II. — Concordance de l'application précédente des textes de César avec la géographie de Strabon et avec celle de Ptolémée.

Bien qu’il puisse nous suffire d’avoir établi nos déterminations géographiques sur l’autorité de César, nous ne pouvons négliger de consulter maintenant Strabon et Ptolémée. Nous aurons d’ailleurs à relever dans ce rapprochement quelques erreurs qui ont été commises, et

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JUI.ES ce sa h en gaule.

auxquelles on ajoute foi généralement aujourd’hui même

Strabon, copié par Pline, dit, au livre IV de sa Géographie : « Le Rhône sort des Alpes avec une telle ra- « pidité, qu’on distingue, durant plusieurs stades, le « cours de ses eaux, même au milieu du lac Léman. Des- « eendu dans les plaines des Allobroges et des Seyusii , il « se joint à la Saône à l’endroit où est Lyon (comme nous « l’avons déjà dit), ville appartenant à ces derniers. La « Saône prend sa source également dans les Alpes , elle « sépare les Sequani des Ædui et des Lingones; elle

* reçoit ensuite le Doubs, fleuve navigable, issu pareil- « lement des Alpes, le force de prendre son nom, et va se « jeter dans le Rhône, qui lui communique à son tour le « sien, avant d’arriver à Vienne. Ces trois fleuves, etc. *.

« Après l’Aquitaine et la Narbonnaise , vient cette « portion de la Gaule bornée par le cours entier du Rhin « et par celui du Rhône, depuis les sources de ce « fleuve jusqu’à Lyon, et de là, jusqu’à la Loire.

• La partie supérieure de cette région, depuis les sour- « ces du Rhin et du Rhône jusqu’à peu près au milieu

« des plaines, forme la Lyonnaise Lyon, bâti sur

« une colline, au confluent de la Saône et du Rhône,

« est sous la domination des Romains. C’est la ville de la « Gaule la mieux peuplée après Narbonne; elle se dis—

« tingue par son commerce, et parce que les gouverneurs ■ envoyés de Rome y font battre monnaie, soit en or,

(1) Strab. IV, i.

NOTICE GÉOf.liAPHig t' K. 8. r >

« soit en argent Lyon est la capitale des Segusii,

« qui habitent, entre le lthône et le Doubs.

« Les autres peuples qui s’étendent jusqu’au Rhin « sont bornés par le Doubs ou par la Saône. •

« Ces deux fleuves, comme je l’ai déjà dit, prennent leur « source dans les Alpes; et après s’être réunis, ils vont se « jeter dans le Rhône 1

« Les Sequani sont bornés à l’Orient par le Rhin et « h l’Occident par la Saône. Entre le Doubs et la Saône, « on trouve les Ædui , qui possèdent la ville de Cabyl- • linum (Châlon), située sur ce dernier fleuve, et la « place forte de Bibracte (Autun). Ils se disaient parents « des Romains, et ils furent les premiers qui contrac- « tèrent alliance et amitié avec eux. De l’autre côté de « la Saône habitent les Sequani , peuple devenu depuis

« longtemps l’ennemi des Ædui et des Romains ’

Ces deux passages de la Géographie de Strabon pré-

(1) Strabon ajoute ici : « Il y a encore un autre fleuve qui sort également « des Alpes, et qu’on nomme Sequana (la Seine). Il coule parallèle- « ment au Rhin, traverse le pays des Sequani, et va se décharger « dans l’Océan. » Dans les notes jointes à la version de Ooray, Terreur que présente ce passage est considéré comme suggérée à Strabon par la similitude des noms Sequana et Sequani. Cette explication ne nous parait pas suffisante ; en faudrait-il chercher une autre dans l'existence réelle d'une petite Sequana au sein mémo du pays des Sequani , la Saine, un des premiers et des plus importants affluents de l’Ain? La Saine provient du lac* des Rouges-Truites, situé au milieu des monts Jura que Ton considérait jadis comme des Alpes, longtemps encore après l’époque gallo-romaine ; de là, elle se dirige au nord-ouest, comme le Rhin, et va se jeter dans l’Ain, près de Champagnole, à Syam. Sur cela, un voyageur, ne connaissant pas la Sequana de* Lutèce, a-t-il pu affirmer h Strabon que la Sequana sort des Alpes jurassiques? — (2) Stpaîi. IV, m.

Hii J U t. E S CÉSAR EN OADL E.

sentent des difficultés que jusqu’ici on n’a pu résoudre. Avant de les examiner, remarquons, d’après l’auteur luimême, comment il a fait sa géographie : « Partie (dit-il) « d’après ce que nous-même avons observé dans les « diverses contrées que nous avons parcourues, partie « d'après les récits ou les mémoires des voyageurs. Quant « à nous, nous avons voyagé, vers le couchant, depuis « l’Arménie jusqu’à cette portion de la Tyrrhénic qui est

« en face de la Sardaigne (jusqu’à la Toscane) Au

« reste, le plus souvent, c’est d’après le rapport d’autrui « que nous avons dû combiner la figure, la grandeur et • les autres propriétés de chaque pays, pour en composer le « tableau \ »

Il est facile de reconnaître dans vingt passages que Strahon avait les Commentaires de César sous les yeux ; Coray le fait remarquer.

De tout ce que présentaient les récits des voyageurs, l’élémentgéographique sur lequel Strahon pouvait le mieux s’appuyer, le seul qui pût, avec les montagnes, servir de base à sa géographie, c’était le rapport des grands cours d’eau entre eux. On connaissait fort bien le cours du Rhône. Tout le monde savait que la Saône venait s’embrancher au Rhône, sur la rive droite, à Lyon. On savait que le. Doubs s’embranchait à la Saône, sur la rive gauche. Mais , pour tout ce qui concerne la direction précise et détaillée de ces cours d’eau, la grandeur et la

fl) Str»b. II. iv.

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