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grecs, qui ont écrit l’histoire de l'empire romain, c’està-dire de presque tout l’ancien monde) ont parlé des barbares pour faire connaître, non l'histoire de ces peuples, mais bien les actes des llo mai ns chez tous ces peuples, gesta Romanorutn. Or, s’il est vrai que la flatterie naisse spontanément parmi les hommes partout où brillent les richesses et la puissance , il a dû s’en montrer beaucoup autour du peujile-roi; et en effet , les historiens romains ne la lui ont point épargnée. De sorte que, aujourd’hui , beaucoup d’autres peuples qui jouent un rôle important sur la terre, les descendants des Gaulois, des liretons, des Germains, des Espagnols, ne peuvent retrouver l’histoire de leurs aïeux que dans les livres des historiens romains , parfois même sous les flatteries légendaires adressées au peuple-roi. Par conséquent, ces diverses autres nations ne peuvent plus désormais se présenter devant la justice de l'histoire universelle qu’avec des titres de leurs aïeux plus ou moins vicies à leur détriment et en l’honneur du peuple romain.
Et ce que l’on dit ici de toutes les races barbares est vrai surtont pour la race gauloise, qui se trouve, à ce point de vue, sous le poids de trois circonstances aggravantes :
1° L’an de Home 3(H, les Gaulois qui s’étaient précédemment établis dans la Cisalpine, provoqués par les Romains, se portèrent sur leur ville, la prirent, sauf le Capitole, et y campèrent dans les rues sept mois durant ; après quoi ils la leur rendirent à prix d’or, et rctournè-
x\n JULES C É S A K EN GAULE.
rcnt chez eux. Ln-dcssus tous les auteurs sont d’accord . C’est la plus grande catastrophe qui soit arrivée à la ville de Rome avant les empereurs, et un succès militaire dont les Gaulois seuls, parmi les barbares, pouvaient alors se glorifier. A la suite de cet événement, la terreur que le nom gaulois inspirait aux Romains fut longtemps telle que, selon Appien l’action de la loi romaine qui dispensait du service militaire les vieillards et les prêtres, était suspendue dans le cas d’une invasion gauloise , Gallis venientibus, comme dit Juvénal. Ainsi les historiens romains ont dû parler de nos aïeux avec beaucoup de liberté de langage à leur égard, et, au contraire, avec de grands ménagements pour le peuple-roi : on le reconnaît facilement dans Tito Live, dans Florus; toutefois, Polybe, Justin et Suétone y mettent beaucoup plus de réserve.
2° Vercingétorix a fait éprouver un échec à Jules César devant Gcrgovia; les Commentaires l’indiquent positivement; mais Vercingétorix paraît avoir inquiété beaucoup plus gravement César, et lui avoir fait obstacle dans tous ses projets avec bien plus d’énergie et de succès qu’on ne l’a cru jusqu’à ce jour, comme nous espérons le démontrer. Or, si en effet ce jeune barbare a été très-redoutable à ce grand Romain, mûri dans la science et la pratique militaires , le récit des événements de la guerre de Gaule devra sans doute être composé dans les
(1) De bell. civ II. Voir également Cicéron, Oral, pro Fontcio.