‹ Jules César en GauleChapitre 26 sur 34 · G*. IV · texte numérisé non relu

G*. IV

Ainsi des claies de la forme du squelette de la poitrine de l’homme (du thorax, disent les anatomistes), ou de la forme des alvéolés d'un rayon de

La tortue précédait -la tour sur la jetée, polir aplanir la voie : nous en aurons le spectacle dans un récit de César. Nous verrons en môme temps par où arrivaient les matériaux) de la jetée.

Mais tout ce travail de la jetée s’cxécutait-11 h découvert, sous le tir des machines de la place? N’était-il protégé que par la tour? Evidemment la tour ellemême ne pouvait être avancée à l’extrémité de la jetée qu’après que celle-ci avait été exécutée , affermie, et la voie convenablement aplanie. Il reste donc bien encore plus d’un point obscur dans la question. Ce qui va nous éclairer ici et nous faire discerner nettement tous les travaux d’un siège, ce sont les vignes.

Pour plus de clarté dans ce que nous avons à dire touchant les vignf.9 militaires ù l’époque de César, nous allons d’abord procéder dogmatiquement, sauf ensuite à démontrer tout ce que nous aurons avancé , dans l’histoire de deux grands sièges que César a décrits et que nous présenterons comme exemples , à savoir le siège à’Avaricum (Bourges), et celui de Mass ilia (Marseille).

Plaçons-nous d’abord au point de vue historique, et considérons le rôle des vignes dans les divers auteurs qui en ont parlé. Consultons ces auteurs, en suivant l’ordre chronologique, à partir de César.

mût, étaient connues de tous à Rome, du temps de César. C'est l’image de nos gabions. Où trouver, en effet, une image plus fidèle du système des alvéoles d’un rayon de miel que dans une réunion de petits gabions pleins de miel ?

MOYENS MILITAIRES

Dans les Commentaires dictés par Jules César luimême , le mot vineœ, — vignes, — en matière militaire , se peut toujours traduire en français par les mots tranchées, lignes, pris dans le sens que nous leur donnons de nos jours; et la version qui en résulte offre dans tous les textes un sens très-naturel. Pour indiquer l’exécution de ces ouvrages militaires, César emploie toujours l’expression uniras agere ad.... *, pousser la tranchée à ou vers telle place forte, telle position occupée par l’ennemi.

Hirtius (et nous l'acceptons ici comme étant l’unique auteur de tout le complément ajouté aux Commentaires propres de César), Hirtius, disons-nous, emploie quelquefois le mot vineœ; et alors c’est toujours dans le sens que lui donne César. 11 indique de même l’exécution des lignes par l’expression vineas agere ad....', sauf dans Un cas, où, après s’être d’abord exprimé ainsi, un peu plus loin il dit : vineas proferre (l) * 3 , porter en avant la tranchée. Mais, h ce même sujet de l’attaque des places on des positions fortes, Hirtius emploie aussi un autre mot, et même plus fréquemment que le mot vinea, à savoir le mot brachium (bras, bras de rivière, canal). Il l’emploie absolument dans le même sens que le mot vinea, et alors, suivant notre thèse, il dit tantôt : mener une tranchée à

(l) De btll. Oall ., II, xii. —Ibid., III, xxi.— Ibid., VII, xvii, ltiiï.— De bell. Civ., I, xxxTi . — Ibid., II , j.

(9) De btll. Gali., VIII, xli. — De bell. Alex. t i, — De bell. HLsp., rti

(3) De bell . Oall., VIII, xu.

tel point 1 ; tantôt : entourer de lignes telle ville 1 * ; ailleurs : diriger de tel point à tel autre et fortifier une tranchée s ; ou bien : parfaire , pousser en avant jusqu à tel point les tranchées 4 , ou enfin : relier une redoute avec un camfi par des lignes 5 .

Salluste emploie aussi le mot vineœ et tous les autres mots spéciaux usités par César, au sujet de l’attaque des places, et il les emploie absolument de la même manière. C’est au point que, dans le récit de la guerre de Jugurtha, les détails spéciaux concernant le siège de Thala par Métellus 6 , et les travaux exécutés par Marius 7 devant une place dont nous aurons l’occasion de parler, sembleraient dictés par César lui-même.

Tite-Live parle des vineœ à l’occasion du siège de Yéies, en Étrurie, et le peu de détails qu’il donne s’accordent avec les textes de César : « Lorsque déjà la jetée ( agger ), « dit-il, avait été avancée vers la ville, et que seulement « la tranchée [vineœ) n’avait pas encore été poussée jus- « qu’aux remparts, comme on mettait plus de soin à « exécuter les ouvrages pendant le jour qu’à les garder « pendant la nuit, tout à coup une porte s’ouvrit, une

(1) Brachium ducere ad [De h ell. Afr. t xlix, li ; De bell. Hisp v,

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