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nous est fourni par un autre génie politique et guerrier dont personne ne récusera le parallèle avee César. Voici une proclamation du général Bonaparte, quand il était sur cette terre mystérieuse des Pharaons, dont les pyramides immuables le virent un jour apparaître , comme elles avaient vu apparaître César, Alexandre et d’autres guerriers venus de l’Orient. Bonaparte, après la révolte du Caire, s’adresse directement aux chefs religieux du pays et il leur dit :
* Sehérifs, ulémas, orateurs des mosquées Que les
« vrais croyants fassent des vœux pour la prospérité de « nos armes. Je pourrais demander compte à chacun de « vous des sentiments les plus secrets de son cœur, car « je sais tout, même ce que vous n’avez dit à personne. « Mais un jour viendra que tout le monde verra avecévi- « dencc que je suis conduit par des ordres supérieurs,
« et que tous les efforts humains ne peuvent rien oon- « tre moi. Heureux ceux qui, de bonne foi, seront les « premiers à se mettre avec moi 1 . »
Ainsi, en résumé, l’on doit admettre, d’après les documents de l’histoire romaine, et l’analogie avec un grand exemple de l’histoire moderne, que Jules César, dans un intérêt politique, prétendait jouer parmi les hommes un rôle fatal et divin. En conséquence de quoi il a dû, autant que possible (contrairement à la théorie sur laquelle M. Rossignol se fonde pour faire accorder une foi entière
(1) Moniteur universel, décadi 30 germinal an VII, n* 210.
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JUl-ES C ES A II EN ('.ALLE.
au récit des Commentaires), passer sons silence ou pifllier les faits désagréables pour sa gloire s'il en est survenu de tels dans la guerre de Gaule, par exemple, « un péril c des plus imminents qu’il aurait évité» par la fuite.
11 ne serait donc pas prudent de croire que César a tout dit, ni qu’il a toujours dit vrai dans les Commentaires.
Notre conviction personnelle va même beaucoup plus loin. Nous avons remarque dans cette œuvre, et même dans les passages les plus importants, certaines expressions qui nous ont paru justifier complètement les présomptions que nous venons de motiver. 11 s’agit d’expressions placées là par César pour y faire l'office d’un voile, afin d’empêcher l’esprit du lecteur de bien distinguer le vrai caractère des faits rapportés. On pourrait même dire que le récit de la septième campagne, outre son étendue exceptionnelle, offre encore par là, surtout à partir du siège de Gergovia, une composition particulière et trèsremarquable.
Expliquons toute notre pensée à ce sujet. On est d’abord frappé de l’insuffisance des indications concernant les lieux et la direction des mouvements de l’armée romaine, après le passage de l'Ailier, le troisième, jour de marche depuis Gergovia ; si bien que, pour déterminer dans quelle direction elle fit route ensuite, il faut discuter sa position par rapport à la Loire, et recourir à d’autres données géographiques connues de tous aujourd’hui, mais non du temps de César. Et puis, au sujet
i ,\ r il o O u c r i o N.
d'Alesia, cet oppidum dont il était d’un intérêt capital de bien déterminer la position, quand le narrateur s’est contenté de dire que c’était un oppidum des Mandubii, sans indiquer ni la situation de ce lieu, ni celle des Mandubii, ni même leurs rapports de clientèle, n’a-t-il pas composé son récit comme s’il eût voulu laisser ignorer la position réelle d’Alesia? Et n’est-il pas ainsi lui-même la cause première de tant de recherches et de travaux entrepris pour déterminer cette position? Ne devient-il pas probable, a priori, que César avait un intérêt politique à ce qu’on ignorât la véritable position d’Alesia?
Déjà Strabon, évidemment, en était réduit à des conjectures sur la position géographique de cet oppidum, quand il nous dit que « les combats des Arvernes contre César t eurent lieu, l’un aux environs de leur ville, Gergovia, * patrie de Vercingétorix, située sur une haute monta- « gne; l’autre aux environs d’Alesia, ville des Mandubii, « leurs voisins, située également sur une haute colline en- « vironnée de montagnes et entre deux cours d’eau. » Car de quel côté, autour du vaste territoire des Arvernes, les Mandubii étaient-ils leurs voisins ? A quelle distance? Strabon ne le dit pas. 11 n’y a donc rien de précis dans la géographie de Strabon, non plus que dans les Commentaires, pour déterminer la situation d’Alesia ou celle du pays des Mandubii.
Dans la manière ordinaire de César, lorsqu’il raconte, et généralement jusqu’au siège de Gergovia, outre l’ordre chronologique observé dans l’exposé des faits, et qui rend