‹ Jules César tragedie ShakspeareChapitre 18 sur 113 · mu · texte numérisé non relu

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tâchait de flaire oublier les prÎTÎl^es des grands srt-

gaeurs, et il était digne de s'associer à un tel patriciat par la plus haute des aristocraties : celle du génie.

G*est pourquoi il choisissait de tels sqels, et les trai* tait de pareille manière; c'est par la grandeur des formes qu*il savail faire Taloir la grandeur des enseignements.

De tels enseignements sont-ils au-dessus de notre portée? Ce qui, au seizième siècle, ne semblait pas trop éloTé pour le sens et Téducatton politique du peuple anglais, le serait-il donc trop pour Tintelligcnce de notre pays et de notre époque? Eh quoil ce peuple français, si apte et si prompt à saisir tout ce qui est grand et beau, si sensé quand il n'est point entraîné par ses enthousiasmes, ne mérite-t-il pas, lui aussi, d'être éleyé à la région des grandes choses? Les grandes crises politiques qui ont changé la face du monde, et qui ont tant d'analogie avec les vicissitudes politiques de notre propre histoire, ne sauraient-elles rintâresserf

Ne saurait-il s'instruire sur la marche et l'issue des révolutions que par l'action sanglante des révolutions elles-mêmes? Ky a-t-il pour lui de pièce intéressante que celle où il est acteur, de théâtre émouvant que sur le champ de bataille, de spectacle décisif que dans la rue?

Nous ne saurions le croire

Quant à lart dramatique en France, est-il lui-môme condamné à ne marcher que de système en système» de réactions en réactions? Le théâtre ne saurait-il présenter que des récréations futiles ou corruptrices? N'est-il qu^une espèce de kaléidoscope oiiles 'foits s*ac-

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comolent et se succëdenl arec des prismes intelleciaeb de toutes couleurs et de toutes formes, qm ne mérîteni pas plus de fixer les regards de la morale que les lumières do la raison? Une pièce de théâtre n'est-eile antre chose qjf une machine maniée à grands frais , et qu'une date pour l'amour-propre? Nous ne pouvons le penser, nous, ni bien d'autres

« Ébranler Tâme en toi» sens, » dit arec une éioquente raison un grand écrivain*-^, « n'est pas seulement « Tobjet de 1 art dramatique; il ne me suffît pas que « mon cœur soit entre vos mains ; je veux encore, dans « cette émotion, ce trouble, sentir une force virile qui « se dégage du fond même de votre œuvre, et qui, se « communiquant ê moi, m^élére au-dessus de moi- « même. Participer d'une nature supérieure, devenir a pour un moment un héros dans la compagnie des « héros, c*est la plus grande joie que Tàme humaine « soit capable d'éprouver »

Mais, s*il faut de nobles pâtures pour nos âmes, îl faut de solides mstnn:tions pour nos esprits.

Chaque époque a ses exigences. Qu'à une époque comme celle où un roi pouvait dire : ce rÉtat c*est moi, » sans crainte d'être démenti par les événements, la clémence d'Auguste, pût suffire pour électriser tout un parterre de rois : cela se conçoit, grâce à Tesprit du temps, grâce au talent des grands acteor s, grâce surtout aux beaux vers de notre grand Corneille. Mais aujour-

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