Edgar QunnET, préiace de ^^arUm
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d'hui ce ne sont pas les rois qui ont besoin de leçoos : ce sont les peuples.
Pour éclairer le peuple, il faut lui ouvrir de plus vastes horizons. Pour que notre civilisation, si chèrement achetée, se développe, il faut ensemencer son avenir. Pour qu'elle ne puisse plus sombrer, il faut illuminer sa route. Plus la mer est houleuse, la cargaison opulente , plus le navire a besoin de pliares éclatants qui ne vacillent pas.
Une révolution s est opérée dans toutes nos idées au sujet de nos droits, de nos devoirs et de nos destinées sociales. Une révolution littéraire en doit être la conséquence.
Le drame a sa philosophie comme Thistoire. Il doif ,
scion les temps, changer de fond et de forme.
Aux Romains, le spectacle des gladiateurs et des bétrs féroces.
Aux Français de Louis XIV, la clémence d'Auguste.
Mais aux Français de notre époque, on plutét aux peuples modernes unis pour les progrès de tous les arts, il faut Texposition universelle de toutes les idées, le spectacle de tout ce qui peut améliorer les destinées sociales et contribuer aux développements de la civilisation.
En résumé, ce drame de Shakspeare n^estpas moins remarquable par la forme que par le fond.
Il offre à la fois des enseignements littéraires et poli-* tiques*
G*est de Thistoire dans sa plus haute philosophie, de
ËTLDfc: PRÉLIMINAIRE.
Fart dramatique dans loate sa splendeur, et, selon
nous, on ne saurait trouver de pièce dans les œuvres de Shakspeare, ni de sujet dramatique dans l'iiistoire, qui réponde mieux aux besoins de notre théâtre et de notre époque.
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notes' de L'étude paËLDONÂiRE
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(Page 31 .) — C« sont ceux qui h combattaient hier avec le plus d'ardeur qui le serviront demain avec le plus de dévouement. — Notamment Mcssala, l'aide de camp de Brutus, et son esclave Stratoa^ qui Taida à se suicider. Sur Mcssala on raconte qu*un jour que César le louait de ce qu*après avoir été son plus grand ennemi à ia bataille de Pbiiippes^ pour ramour de Brutus, i! s'était montré très-alfectionné à son service à celle d'Actium, il lui répondit : « César, j'ai cherché tonte ma vie à être du côté le meilleur et le plus juste. » Uuaiità Straton, Octave le mena toujours avec lui dans toutes ses campagnes, et à cette mûme bataille d'Actium il lui rendit autant de services qu'il en avait rendus à Brutus.
(PMarquey traduction de Aicard.)
(Page 31. — Si ce sont des âmes généreuses qui entreprennent ks révolutions, des âmes dégradées Us exploitent^ c'est un habUe homme quHesfnit*^ Nécessité datons les temps et de tous les lieux dans un vaste empire, quelles que soient les formes constitutives du gouvernement.
L'unité est l'Ame du monde, et trois personnes ayant à le gouverner provisoirement, finissent toujours par se résoudre en une seule, sur la terre comme dans les cieux.
Voyez plutôt de nos jours, ou du moins à la Un du siècle dernier (le 11 novembre 1799), un pareil triumvirat allait siéger au Luxembourg. Prends le fauteuil et délibérons, dit an général Bonaparte Roger Ducos, ami de Sieyès, que son Age et sa situation personnelle semblaient appeler à c^te éniinente distinction.
Oa délibéra... Et, le soir, Sie^fès lui-méoïc disail à MM. Tal* leyraod et Rœderer : Nous mxm m tnaUre qui sait feui faire^ qui peut tout faire et qui veut Umt faire^ autrement dit : qui possède à lui seul la sagesse, la puissance cl la volonté.
Alors donc, aux yeux de Sieyès et de Roger Ducos, Bonaparte annonçait Napok'ûii, comme Octave avait annonce Auguste aux yeux d'Antoine et deî.rpido.
Ainsi, à Paris comme à Rome, et à denx mille ans d'intervalle, au sein d*un triumvirat de nécessité transitoire, la raison d'État exige la proscription d'un certain nombre d'hommes, plus ou moins Compromis, plus ou moins inquiétants pour rétablissement d*nn nouvel ordre de choses. Un arrêté fut pris qui ordonna certaines proscriptions ; mais la raison publique prévalut ])icntôt sur la raison d'État (on est heureux de le dire), ces proscriptions n'eurent pas lieu. Un second arrêté du 24 frimaire, substitua aux proscriptions une simple mise en surveillance, et, le mois suivant, cette surveillance fut elle-même annulée.
Sur quoi, Thistonen qui rappelle ces faits constate le progrès de la civilisation chrétienne, en ajoutant ces remarquables paroles : « Pour les changements politiques, l'absence de réactions violentes est le trait qui constate le mieu\ la légitimité. »
(Page 34.) — Tout drame, cmim imie histoire, se résout dans une biographie. — Là, en effet, où se manifeste un grand événement, se trouve toujours quelque grand caractère.
« Les limes d'une certaine trempe, » a dit J.-J. Rousseau, « transforment, pour ainsi dire, les autres en elles-mêmes, u ICUcs ont une sphère d'activité dans laquelle rien ne leur « résiste; on ne peut les connoilrc sans vouloir les imiter, « ci de leur sublime élévation elles attirent à elles tout ce « qui les environne, a
Un homme vrai, dit Emerson, n'appartient à aucun temps, à aucun lieu. C*esl une cause, une contrée, un siècle. Lft cA il est, là est la nature, ou plutôt, il prend la place de la na-
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ture GDfiàre. Lo Christ est né, et des milliers d'esprit s'attacheront à son génie et grandiront avec lui
(Page 36.) — Rome était une ruine de liberté car elle était une ruine de ve^iu,^ Ce sont, en eCTet, les mœurs hien plutôt que les institutions qui font la liberté; elle est bien plutôt dans les hommes que dans les choses.
Cette ruine pouvait-elle ôtre relevée? Le génie de César pouvait-il réformer la république comme il avait réformé le caU'ndvier *? Poser une telle question, c'est la résoLidre. Aucune des réformes que la science moderne eu matiùre de gouyernement pourrait imaginer ne serait applicable, ce nous semble, à une pareille époque et à une pareille agrégation d'hommes et de nations. Il est difncilo d'ailleurs de déterminer à Parie, dix-huit siècles après lésus-Christ, ce « qui eût é\é praticable à Borne cinquante ans avant.
« Quand on veut changer et innover dans une république,» dit !a Bruyère, « c'est moins les choses que le temi>^ que l'on « considère. Il y a des conjonctures où Ton seot bien qu'on ft ne saurait trop attenter contre le peuple, et il y en a «t d'autres où il est clair qu'on ne peut trop le ménager. « Vous pouves aujourd'hui ôter A cette ville ses franchises, . tt ses droits, ses privilèges, mais demain ne songez pas même « à réformer ses enseignes. »
A quoi il faut ajouter ce que dit Machiavel : « qu'il est « aussi difficile et dangereux de vouloir rendre libre un « peuple qui veut vivre esclave, que de vouloir rendre cs- « clave un peuple qui ne le veut pas. » (Machiavel, JiiecmtB sur Ttïe-Iiva.)
C*est donc à dire que les peuples n'ont Jamais que les gouvernements qu'ils méritent
(Page3S)» — Kt les leçons du sang ont nne insfroetiOB Qui tourne tôt ou tard à la p«r<liUon De celui qui les donne.