‹ Jules César tragedie ShakspeareChapitre 3 sur 113 · PRÉFACE. X · texte numérisé non relu

PRÉFACE. X

ils ont agi, en conséquence, aussi bien que Voltaire.

Napoléon, quant il disait cela, connaissait* il le Jules César de Sliakspeare ? 11 est permis d'en douter, quand on pèse attentivement les termes de l'exliortation littéraire que son géme adressait à celui de 6œthe> et surtout quand on sait avec quelle prédis lection exclusive il taisait représenter la Clènmce d'Auguste devant un parterre de rois.

Les rois alors étaient tous à ses pieds.

Aujourd'hui ces partares-ià sont devmus rares, mais n'importe : car ce ne sont plus les rois qui ont besoin de leçons, ce sont les peuples, surtout quand ils veulent eux-mêmes devenir rois.

Même au temps où Sliakspeare vivait, ils en avaient besoin. C'est pourquoi son génie s'est particulièrement attaché à reproduire sur le théâtre la profonde connaissance qu'il avait du peuple dont il était issu lui-même, à

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TRÉFACE. Xi 11

la carrière des révolutions , en dépit des courtisans,

Détestables flaUeui*s, présent le plus funcsle Que puisse faire aux rois la colère céleste,

comme dit Haciue, courtisan lui-même d'un très-grand roi.

Politiquement parluiii, t^uoi de plus profitable qu un tèl spectacle?

Mais aussi , les deux plus grands poètes .

dramatiques de la France et de l'Angleterre, se donnant la main sur la même scène, atin de se compléter Tua par Tautre, et le vaste génie de Shakspeare se confondant dans une même œuvre, et pour un même but, avec la grande âme de Corneille : littérairement, quoi de plus beau?

Corneille, à la vérité, n a fait, dans sa pièce, qu'un tableau splendide. Le personnage de Ginna n'y est que secondaire; la conspiration dont il est le chef n a qu'un mobile privé : Tamour d'Émiiie; et telle semblait être, au temps où Corneille vivait, l'intlexi-

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