‹ Jules César tragedie ShakspeareChapitre 44 sur 113 · ACTE II, SCÈNE I. 137 DRUTUS appelle Lucius · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE I. 137 DRUTUS appelle Lucius

Eh, Lucius! tu dors?

Eh bien ! dors, mon enfant ; dors bien : qu'en tout ton corps Ce paisible sommeil répande un divin baume.

Tu n'as point dans l'esprit d'image, de fantôme, Comme ceux qu'en notre âme enfante un grand souci. Tu dors profondément...

(Entre Porlia.)

rORTIA.

Ah ! Brulus. vous voici!

BRUTUS. ' '

Ou'avez-vous, Portia? Quel dessein vous agite? Pourquoi vous levez-vous à cette heure insolite? Cet air froid du matin, empreint d'humidité, * Ne peut qu'endommager votre frêle santé. '

. . ' PORTIA. 'r '

A la vôtre, Brutus, cela peut aussi nuire. ' .>^v .

Vous avez fui mon lit, ce matin, sans mot dire;

La table, hier, soudain, sans finir le repas;

Vous alliez et veniez, en vous croisant les bras;

Pensif, vous soupiriez. Quelle était la pensée

Dont vous aviez, Brutus, la poitrine oppressée?

Je vous l'ai demandé. Pleins de trouble et d'émoi,

Vos regards mécontents se sont fixés sur moi.

J'ai fait appel encore à votre confiance;

Mais en frappant du pied avec impatit^nce,

Vous vous teniez le front. J'ai voulu vous presser;

Votre geste irrité m'a dit de vous laisser.

138 JULES GËSAR.

Je TOUS laissai, de i)L'Lir d'outrer votre coIitc, Ainsi que pour calmer Thuuieur ati abilaire Dont tout homme a parfois un accès passager.

Mais vous n'en pouvez plus ni dormir ni manger. Ah i s'il changeait vos traits comme vos façons d'être, Je vous méconnaîtrais moi-même. Ah t mon cher maître. Dites-moi vos soucis. Qu'avez-vous?

BRUTUS

Je n'ai rien.

Seulement aujourd'hui je ne me sens pas bien...

PORTIA

Brulus, s'il n'était pas bien portant, est si sage Que d'un art salutaire il saurait faire usage.

BRUTUS

Et c'est ce que je tais, ma bonne Portia.

Rentrez au Ut.

PORTIA

Maladet... à ce régime-là !

Le corps à moitié nu, Brutus en promenade Prend l'air froid du matin... foutus se dit malade, El d'un lit bienfaisant il s'échappe sans bruit, Pour Vjenir affronter les vapeurs de la nuit. C'est le sommeil qu'il fuit, l'air impur qu'il respke. Il fait tout ce qu'il faut pour que son mai empire. Non, non, Brutus, ce mal dont votre cœur s'aigrit, Dont le mien se tourmente, il est dans votre esprit. Je dois en être instruite... A genoux je réclame.

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