ACTE lU, SCÈNE
Au lieu de t outrager par dételles injures,
Je devrais^ pour payer mon tribut de douleurs,
De ce ruisseau de sang faire un torrent de pleurs.
Jules, pardonne-moi... Dieuxl c'est ici la place.
Intrépide lion, où tu tombas; l'espace
Où tu fus acculé. Ciell à mes yeux aussi
Tes vainqueurs tout sanglants se présentent ici I
0 lion ! ta forci était large et prot'oiule :
11 fallait à tes bonds tout le globe du monde.
Maintenant il suffit de Tespace occupé
Par les pieds des chasseurs qui t'ont ici frappé :
Là tu gis tout entier. . .
CASSILS.
Marc-Antoine Ht AKTonrB.
Oh t pardonne.
Ce transport» oii m<m âme un instant s'abandonne,
De la part d'un ami n'a rien d exorbitant :
Ses plus grands ennemis pourraient en dire autant.
CASSIUS
Je ne vous blâme point d'une telle louange;
Mais sous quel étendard voulez-vous qu'on vous range?
Pouvons-nous vous admettre au rang de nos amis.
Ou nos projets sans vous seront-ils accomplis?
autoihe.
N'ai-je pas pris vos mains? Quand j'ai baissé la ièie, Il est vrai, j'ai senti mon âme stupéfaite
168 JIILËS CÉSAR.
A Taspect de César. Mais je vons aime tous.
Seulement, je venais pour apprendre de vous Pourquoi son existence était si redoutable.
BEUTUS.
Sa mort doit vous sembler un acte épouvantable. Mais nous vous en rendrons un compte si parfait Que, fussiez-Yous son fils, vous serez satisfait.
C'est tout ce que je veux. J'ajoute la supplique De 1 1 ansporter son corps sur la place publique, Afin de lui payer, dans des termes amis, Mon funèbre tribut.
BRUTDS.
Cela vous est permis.
CASSIUS prend Brutus à part.
Ne lui laissez, Brutus, faire aucune barangue.
Savez-vous à quel point cet homme, avec sa langue, Peut émouvoir le peuple?
BRUTUS
Ils m'entendront d'abord • Leur dire en quoi César a mérité la mort.
Occupant le premier la tribune oratoire, Je ne manquerai pas d'avertir l'auditoire.
Que nous avons d'avance approuvé sob discours, Et qu'aux convois d'usage on laisse un libre cours. Cela nous peut aider, et ne peut pas nous nuire.