‹ Jules Cousin, 1830-1899Chapitre 5 sur 27 · SALON DE L’HOTEL DES STUARTS · texte numérisé non relu

SALON DE L’HOTEL DES STUARTS

M. Alfred de Liesville en donnant sa collection parisienne et révolutionnaire à la Ville apporta à Cousin un concours précieux dans l’installation du nouveau musée. C’était un amateur passionné, aussi modeste que compétent. Cousin avait obtenu pour lui le titre de conservateur-adjoint ; il ne le considérait pas seulement comme un collègue, mais comme le successeur qu'il se voyait dans l’avenir pour garder la tradition et continuer à se dévouer à l’œuvre commune. Cette espérance fut trop tôt déçue : Cousin le perdit en 1885 (1).

Tant (jue Cousin n’eut pas à sa disposition l’ensemble des bâtiments de Carnavalet dont une partie fut occupée parles anciennes collections et qui appartenait au Service des travaux historiques, il dut se contenter d’orner, comme il le put, les neuf salles de sa bibliothèque, c’est-à-dire une portion du premier étage de l’hôtel. Le peu qu’il put exposer consistait principalement en estampes et en reliures (2).

La donation Liesville, le départ du Service voisin, lui

(1) Le comte Alfred-Robert Frigoult de Liesville est mort à 41) ans en février 1885, rue Gauthey, 28, dans la maison qu'il a léguée à la Ville pour en faire une école de dessin. Le Musée Carnavalet ne possède que ses collections d’objets révolutionnaires ou parisiens, la bibliothèque Saint-Fargeau que les livres de même nature. 11 a légué au musée de Sèvres et à celui des arts décoratifs des séries importantes de céramique rare et curieuse. Ses obsèques eurent lieu le 4 février 1885. — Un anonyme lui a consacré une notice intéressante dans le Temps de la même date. Voir aussi le discours du président de la Société de l’histoire de Paris (A. de Montaiglon) prononcé à l’assemblée générale du 12 mai 1885 ( Bulletin de la Société, 1885, p. 66-67).

(2) Il en existe un catalogue avec numéros, dans la brochure intitulée L'Hôtel Carnavalet et la Bibliothèque de la ville de Paris. Notice descriptive... Paris, Hôtel Carnavalet, 1878, pet. in-8, 32 p.

IULES COUSIN

permirent de commencer l’installation du musée et de faire profiter le public des premières richesses dont il disposait. Au mois de juin 1881, il publiait la première édition de la Notice sommaire dont les vingt-six éditions ont popularisé les collections de Carnavalet, grâce à la généreuse distribution qui en était faite aux visiteurs.

« Nous ouvrons cette collection au public, conformément au vœu exprimé l’an dernier au Conseil municipal par Ulysse Parent. Dès que l’achèvement le permettra, nous ouvrirons de nouvelles salles et galeries consacrées aux tableaux... aux estampes... aux médailles et jetons de l’échevinage, des corporations (1)... »

Le programme était modeste; on sait comment Cousin a su le remplir. Les batiments du fond n’existaient pas encore, on du moins leur restauration était loin d’être terminée. Le musée était donc confiné dans l’ancien hôtel proprement dit et dans la galerie parallèle au jardin où se trouvaient déjà la céramique révolutionnaire, les vitrines d’éventails et d’emblèmes, et, au centre, la reconstitution des boiseries d’un salon provenant de l’hôtel des Stuarts (2). Au rez-de-chaussée étaient ouvertes les trois salles d’antiquités galloromaines, la galerie des Arènes et celle des tombeaux.

Les monuments qui y sont conservés constituent de curieux documents archéologiques.

(1) Notice sommaire des monuments et objets... exposés... édition de juin 1881. Cette notice ne porte pas de nom d’auteur, mais elle est de Cousin qui n'aurait cédé à personne le plaisir et l’honneur de la rédiger. Ses éditions successives peuvent seules, faute de catalogue, montrer le développement que prit le musée de 1880 à 1893. J’en donnerai plus loin la bibliographie complète.

(2) Cet hôtel se trouvait rue Saint-Hyacinthe-Saint-Michel, à peu près à l’endroit où s’élève la maison dans laquelle est la nouvelle gare de la ligne de Sceaux.

P. Emonts, photo.

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