I. Premier pas
Sa physionomie était douce, pale, mélancolique; ses traits étaient fins et réguliers. Je ne sais quelle candeur répandue sur son front, intéressait en faveur de sa personne. A le voir, on devait penser que ce jeune homme avait des habitudes de travail studieux, car sa contenance était calme et posée, sa démarche n'avait rien d'irréfléchi, et sa toilette, fort propre, annonçait une certaine sagesse et la régularité de sa conduite. On ne le voyait jamais dans les réunions publiques, dans les fêtes populaires , dans les bals champêtres; il n'allait que bien rarement dans les théâtres , dans les cafés; il sortait peu. Lorsqu'il sortait, il allait se promener seul hors des barrières de Paris. Là , il s'entretenait en silence avec Childe-IIarold ou llené; que de fois il s'était délicieusement identilié avec liyron, dont il était loin de partager le scepticisme ; que de fois il avait mouillé de ses
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pleurs le livre de Chateaubriand, qu'il regardait comme le plus beau livre qui ait élé écrit dans notre langue, et qui lui peignait, d'une manière si vraie, si poétique, tout ce qu'il éprouvait, lui encore isolé sur la terre, lui encore avec ses pudiques émotions de jeune homme qui ne s'est point donné tout entier, lui encore avec ses fraîches croyances religieuses j lui, comme ilenc, accablé d'une surabondance de vie; lui, comme René, sentant qu'il lui manquait quoique chose pour remplir le vide de ses jours et de ses nuits... Quant il se (ut approché machinalement du pérystilequi est devant la porte principale d'entrée, il fut accosté par les vendeurs de coutre-marquesqui lui proposaient , en le tiraillant par son habit, des billets de toute sorte, pour stalles, orchestre , balcon ou parterre , et lui apprirent en même temps quelle était la solennité de l'Odéon. Un moment , il lut
S Premier pas.
sur le point de céder à leurs instances; mais tout à coup, commesi le souvenir d'uneautre dépense l'arrêtait , il refusa brusquement le parterre qu'il avait déjà marchandé assez longtemps.
Les gens auxquels il avait affaire se récrièrent et l'accusèrent à l'cnvi de leur avoir nui par ses délais; il y en eut même qui allèrent jusqu'à lui jeter des épithètes fort désobligeantes au sujet de son économie ou de son indigence. Lui , se sentant peut-être un peu coupable de n'avoir pas su se décider plus vite , ou , plus probablement encore par mépris, ne répondit rien cl se tint ferme à leurs côtés, en haussant les épaules, et la narine gonflée d'un secret sentiment d'amour-propre , ou, si l'on veut, de dignité personnelle.
Les murmures des négocians en plein air, explorateurs des produits industriels de l'intelligence, allaient en grossissant, en rinfor-
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zando, comme l'air du Barbier qu'on avait joué la veille; ils commençaient même à couvrir le bruit delà foule, lorsqu'ils furent euxmêmes couverts par le roulement d'un équipage. On icgarde; un coupé armorié, portant sur ses panneaux la couronne de marquis, s'arrête, et le chasseur aux plumes vertes, qui était monté derrière, en descend pour baisser le marchepied. Le jeune étudiant allait se retirer, lorsque, jetant un regard curieux, mais indifférent, au fond de cette voiture, il aperçut, à côté d'un vieillard , un visage de femme dont ses yeux ne pouvaient se détacher. Bientôt celte femme, qui avait une figure charmante, qui était mise avec la plus grande élégance , monta les degrés du perron , appuyée sur le bras d'un vieux chevalier de Saint-Louis, et il se fit, sur leur passage, un silence qui tenait de l'admiration.
Le jeune homme alors, loin de se retirer,
Kl Premier pas.
se |mct à suivre ce couple étrange ; il parait qu'il était absorbé par de grandes préoccupations, car il voulait passer plus loin que la barrière de la porte où l'on fait queue. Ici, on l'arrêta en lui demandant son billet; alors, il fut attéré de cet obstacle comme s'il n'eût pas dû le prévoir; mais aussitôt, appelant un vendeur de contre-marques :
— Un balcon; vite, un balcon, lui dit-il... combien voulez-vous?
— Dix francs.
— Les voilà, si je puis entrer tout do suite.
—- Oui , monsieur.
Et le jeune homme se précipita dans la salle, après s'être frappé le front par un instinct de regret, ou de fatalité peut-être; mais je fie sais quoi l'entraînait, il avait des ailes ; son visage même était radieux, quoique son œil étincelât d'une joie aux feux sombres.
Premier pai. 1 ]
C'est qu'il y a toujours , dans nos actes , une voix qui nous avertit; mais cette voix est confuse, embrouillée; elle ne nous dit pas clairement ce que nous devons craindre ou fuir; c'est tout bonnement un cri comme en jette un homme qui voit son semblable dans ^ t\un danger pressant et qu'il est impossible l'éviter; c'est une plainte plutôt qu'un avis: ~cîela s'appelle un pressentiment, et c'est à peu près aussi clair que l'oracle de Delphes.
KOMN DES BOIS.
Robin des bois
A peine entré dans la salle , Jules Renaut (c'était le nom du jeune étudiant) prit d'abord le soin de bien marquer sa place qui, toute payée qu'elle fût , ne lui appartenait pas plus qu'au premier venu qui s'en serait
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emparé. Un foulard noué autour du banc et une honnête gratification promise à l'ouvreuse lui en assurèrent la possession. Puis, il se mit à chercher la femme qu'il désirait tant retrouver. A force de plonger ses regards, qui n'étaient pas aidés du secours d'une lorgnette, partout où ils pouvaient pénétrer, il vint à bout de reconnaître, au bord d'une loge voisine du balcon , le vieux chevalier de Saint-Louis , dont il ne s'attendait pas à rencontrer si près de lui la figure caractéristique et difficile à oublier. Bien sûr de revoir celle qu'il cherchait avec tant d'empressement , il prit des airs d'insouciance, qui lui paraissaient sans doute convenir à sa situation ou à son caractère. Dans ce qui se passait alors dans son ame , il y avait probablement je ne sais quels sentimens de haine contre la noblesse , qui étaient lacommunion mentale de touslesjeunes gens de l'époque; car déjà lelibéralismeélen-
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dait sa maligne influence; déjà se préparait sourdement le dénouement d'une comédie dont on fera un jour le pendant de Pi nia. Il n'y avait pas, dans l'École de Droit ou de Médecine, un seul étudiant qui ne fut prêt à brûler, sur l'autel de la patrie , ses titres de noblesse , s'il en avait eu , comme feu Montmorency,qui eutsoind'en remuer les cendres pour les y retrouver plus tard. Mais en attendant qu'ils eussent à faire ce sacrifice pour leur compte, ils travaillaient de la meilleure foi du monde à l'obtenir des autres, dussentils ne pas s'y prêter d'aussi bonne grâce que le descendant du premier baron chrétien.
Cependant Jules, s'ennuyant peut-être de ne pas réussir plus vite à se faire remarquer, se leva tout à coup, comme s'il eût été fatigué de se tenir assis, et, s'appuyant à peu près sur la loge , il y jeta quelques coups d'œil à la dérobée et par distraction pour ainsi dire ;
Y? RoJnn des bois.
plus il regardait cette femme , plus il l'admirait , plus il la trouvait belle , plus il croyait avoir rencontré la femme qu'il avait rêvée , plus il lui semblait qu'il allait voir se réaliser ces brillantes, ces délicieuses chimères qui, à cet âgé, occupent l'esprit des plus sages.
La jeunesse a toujours dans l'imagination un type de beauté et de perfection qui passe sans cesse devant ses yeux. Il est si naturel de se dédommager des privations du présent parles rêves de l'espérance, et des fatigues de l'étude par les écarts de la pensée !
La mansarde d'étudiant la plus triste, la plus misérable, la plus laborieuse, a toujours une fée invisible qui vient essuyer le front de celui qui passe des nuits solitaires au coin d'une cheminée , quelquefois sans feu. Alors, tout ce qui n'a pas de physionomie autour de l'étudiant, en prend une. Le fauteuil jaune ,
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fa bouracan ou de velours d'itrecht est remplacé, dans son esprit, par le moelleux sopha de soie ou d'étoile Perse où sa bulle fée est assise près de lui... Sa cheminée, décorée à peine d'un cartel plus que modeste, se couvre de vases, de (leurs et d'une magnifique pendule à laquelle ses yeux constamment attachés, reprochent de ne pas marquer assez vite l'heure où elle doit venir 5 et l'ûtre froid comme le cœur d'un prêteur sur gages, d'un roi parvenu, ou d'un garde de commerce, se remplit d'un feu ardent comme son ame au moment de la première déclaration.
De son côté, il faut avouer que la marquise (car nous avons vu ses armoiries et nous savons lire le blason ) avait dû s'apercevoir de l'impression qu'elle avait faite involontairement sur le cœur d'un jeune homme
qui était d'une assez jolie figure pour qu'il
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lui fût permis d'être simplement roturier; car elle tourna son binocle directement sur lui , en le toisant de la tète aux pieds , avec cette aisance qui caractérise les personnages d'une certaine aristocratie. Or l'objet de cette étude d'après nature en fut étourdi, et se rassit en rougissant de timidité ou d'un bien-être intime qu'on éprouve toujours à se savoir l'objet des réflexions d'une femme.
C'est surtout pour un jeune homme encore neuf et inexpérimenté, une joie, une ivresse toute particulière; il semble qu'il soit transporté, par quelque magique enchantement , dans un paysage dont on lui a vanté les merveilleuses richesses, et que là, durant la nuit entière, il attende le lever du soleil pour admirer ce séjour délicieux qu'il habite, mais en aveugle
Au milieu de son enthousiasme , de son honneur concentré, lut 01, en regardant la
Pnlmi de boit. 1
marquise I»ion discrètement dclcmps à autre, remarqua que c'était une femme de trente à trente-cinq ans; mais si l'habitude qu'il avait d'étudier les phénomènes de l'organisation humaine lui offrait d'abord cette) connaissance, pour mieux se diriger dans d'autres découvertes qu'il voulait faire en des régions inconnues, il invoqua les lumières du système de Gall, qui était de mode alors, et qu'il avait profondément étudié. 11 se mita examiner attentivement cette belle tète de femme où de beaux cheveux noirs, artistement érigés, s'harmoniaient admirablement avec les traits du visage; et à travers les cheveux, il analysa les penchans de la marquise , d'après les élévations présumées de la boîte osseuse de son cerveau.
Cette opération terminée, il lui resta comme conviction que la marquise était coquette et
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douée de ces caractères à mettre de côté, dans les occasions, tout ce fardeau de préjugés que la société impose aux femmes et qu'on nomme vertu , pudeur, chasteté. Il lui soupçonna les sens d'une héroïne de Grébillon fils; et cependant il admettait qu'elle aurait pu jouer le rôle difficile de la prude madame de Maintenon. Ainsi, il ne s'étonnerait pas de la savoir dévote par le temps de la restauration qui court.
Celte femme, se disait-il, doit avoir émigré tout enfant. Elle aura passé par toutes les épreuves de l'exil, et maintenant elle est riche, elle s'est mariée à ce vieux chevalier de Saint-Louis, espèce d'original, probablement honnête homme, qui l'aura épousée théoriquement, peut-être... pour remplir je ne sais quels devoirs... 11 y aura des parfums d'aristocratie dans toutes ses phrases, et des
Bobin des bois. -i',
miasmes do bourgeoisie dans sa conduite. Comme il en était là de ces remarques intérieures, l'ouverture commença.
Au coup d'archet du chef d'orchestre , se dessina soudain tout le luxe de mélodie et d'harmonie renfermé en germe dans l'ouverture, et qui allait bientôt émerveiller l'auditoire. D'abord la pensée du musicien semble éclore, se développer, grandir et enfin s'étendre dans toute la salle; puis, on entend l'orage qui mugit, qui gronde, puis le cri des apparitions nocturnes, cri étrange semblable à celui que poussent les démons dans les bois ; lamentable comme le gémissement des chênes et des sapins battus par les vents de l'automne. Cette fanfare de mort agit vivement sur l'esprit des auditeurs, et la toile se lèvo au milieu de l'effroi et du saisissement général; mais bientôt on se repose de ces émotions terribles. Les jeux, le tir à l'oiseau, un
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chant bachique tout à fait neuf, une valse entraînante occupent la scène; puis, au milieu de la joie et des chants des paysans , une apparition jette dans le drame l'indice de sa donnée fantastique et mystérieuse. Certes , ce n'est ni la profondeur de la pensée , ni l'éclat du style, ni la vivacité du dialogue, qui tient ainsi toute une assemblée émue , attentive. Les arrangeurs ont enlevé à l'auteur allemand tout ce que l'étroitessc de leur intelligence n'a pu comprendre; le style est au diapazon du style du traducteur Faucompret; le dialogue est aussi plat que celui d'un mélodrame Pixérecourt; la poésie, avec l'originalité d'esprit de moins, est de la force de la poésie deMussel.
Tout cela cependant n'entrave en rien la marche du succès. Au milieu d'un tumulte de bravos qui éclatent de toutes parts, le marquis, vieil amateur jadis témoin do ces luîtes
Robin dos bois.
d'artistes qui divisèrent si sérieusement la Franco , jadis acteur de cette guerre d'opinions musicales qui avait le côté du roi et le côté de la reine, ne pouvait manifester son sentiment par des signes extérieurs qui eussent compromis sa dignité; mais on voyait bien à son visage que cette musique n'avait pas son admiration exclusive , et que la lyre savante de Gluck et de Piccini avait laissé dans sa mémoire assez d'échos sensibles pour que les accords de Webcr ne pussent parvenir à les elVaccr. Quant à la marquise , elle applaudissait de ses jolies mains , et plus d'une fois elle interrompit le silence de l'auditoire par des exclamations qui révélaient en elle une commotion puissante d'électricité musicale. Ses yeux s'animaient, ses joues se couvraient d'une rougeur charmante qui relevait l'éclat de son teint , et ses lèvres répétaient à la fin de l'air les modulations dont lo dernier son
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venait d'expirer dans sa loge. Mais qui nous dira les palpitations de Jules, ses transes, ses accens à demi prononcés, ses gestes, ses attitudes , toute l'occupation de son corps et de son esprit ? 11 applaudissait avec frénésie , appelait barbares ceux dont le rhume opiniâtre mêlait son bruit au bruit des chants et de l'orchestre. Puis , il criait bis , et se balançait aux sons de la musique; tantôt se levant, il battait avec ses doigts la mesure sur le velours de la loge où une main blanche s'appuyailquelquefois; tantôt, d'unairde distraction, il frôlait les doigts effilés delà marquise, et soudain, comme frappé de la foudre, il retirait précipitamment sa main et la portait à ses lèvres, comme pour y baiser la trace de la main de sa belle voisine ; mais , excepté quelques coups d'oeil que l'on ne pouvait réellement pas qualifier de faveur spéciale , il n'avait obtenu rien de bien saillant, et son
Robin «les bois. H
voyage dans le cœur de la marquise ne paraissait pas être bien éloigné du point de départ.
La pièce avançait cependant , et l'on touchait au milieu du second acte , lorsqu'après un duo et une cavatine d'un grand effet , un coup de sifflet se fait entendre ; aussitôt, au milieu d'accords qui semblent sortir de l'enfer, apparaît une décoration fantastique. La scène se couvre de monstres, parmi lesquels on remarque une espèce de chauvesouris aux larges ailes , aux grandes pattes, à l'œil flamboyant , qui domine la populace des animaux diaboliques.
A cette vue , la marquise demande à son vieux compagnon quel est cet étrange oiseau. . . Jules ne peut se contenir; il pense que l'occasion est venue de lier conversation avec cette ravissante créature; il se retourne rapidement, et , se penchant vers la loge : Madame, c'est un galéopithèque!
2!S Rob'i» des bois.
— Un galéo... et aussitôt un bruyant éclat de rire accueillit ce nom de nomenclature savante. Jules était indigné, il allait peutêtre môme répondre par une impertinence verbale à l'impertinence machinale de la marquise, lorsque d'une voix caressante :
Pardon, Monsieur, ce rire n'a rien d'injurieux pour vous; l'étrangelé seule de ce mot l'a cause! Un galéa, un galoé...
— Un galéopithèque...
— Ali! j'entends!... j'entends...
— C'est un nom composé , reprit aussitôt , avec assurance, Jules, enchanté de voir que la marquise ne dédaignait pas de lui parler; c'est un nom composé de deux mots grecs , dont je n'aurai pas le pédanlisme de vous expliquer le sens. Le galéopithèque est la chauve-souris des Grandes-Indes; il se nourrit de sang : malheur à celui qu'il surprend endormi ! ..
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— Oh! mais vous m'effrayez... Je riverai certainement de cet horrible animal.
La conversation continua. Que se direntils...? des riens, des futilités..., je ne sais...; mais ils trouvèrent tous deux que la pièce marchait trop vite. Tout à coup, une explosion universelle de bravos les arracha à leur rêverie dialoguée; puis on demanda bruyamment le bis, qui devint de tradition pour toutes les représentations suivantes, le bis du fameux chœur de chasseurs; bientôt après la toile tomba , et les applaudissemens unanimes et prolongés constatèrent le premier anneau, du plus grand succès de théâtre de notre époque.
Peu à peu la foule s'écoula , et Jules, non sans beaucoup de peine, arriva au bas du perron au moment où la voiture de la marquise lui enlevait son trésor.. . Mais il lui sembla saisir un regard , et il se mit à suivre le coupé de toute la vitesse de ses jambes; la
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sueur ruisselait à grosses gouttes sur son front. 11 allait s'asseoir, ou plutôt se jeter sur une borne, mourant de fatigue et de désespoir, lorsqu'enfin le cocher s'arrêta devant un hôtel de la rue Saint-Dominique. La porte s'ouvrit et se referma sur l'équipage. Mais tout cela ne s'exécuta pas tellement vite, que Jules n'eût le temps de voir ou de croire voir les yeux de la belle inconnue se reposer sur lui avec amour; le remercier de son dévouement chevaleresque, et lui dire, en leur mystérieux langage : Pensez à moi, rêvez de moi, je vous promets d'en faire autant !...