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hommages aux nouveaux propriétaires du château, M. Delatour crut ne pouvoir pas se dispenser de faire quelques complimens do condoléance au marquis sur le peu de succès (I. sa candidature.
— Bn vérité, dit-il, monsieur le marquis doit avoir une bien chétive opinion des électeurs de notre arrondissement... conçoit-on en effet que ces idiots?...
— Laissons cela , mon cher Delatour.
— Quand on pense à tous les titres de monsieur le marquis... sans compter cette brochure que... une brochure admirable... une brochure de premier ordre... et puis le moulin... J'avoue que j'ai le moulin sur le cœur...
— Brisons-là , je vous prie et qu'il n'en soit plus question.
— C'est qu'il m'est impossible de ne pas m'intéresser vivement à tout ce qui touche
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monsieur le marquis, après toutes les bontés qu'il a pour nous, pour Jules particulièrement.
Ici madame de Chenevière rougit et se mordit les lèvres ; cela n'échappa point à Louise; le soupçon avait déjà pénétré dans le cœur de la pauvre enfant, et il ne fallut qu'un instant pour que ce soupçon devint une douloureuse certitude. Quant au notaire auquel la marquise avait lancé un regard capable de pulvériser un homme, il interpréta ce regard avec sa sagacité ordinaire, et il se crut en trop beau chemin pour devoir s'arrêter.
— Oh! madame la marquise, reprit-il, permettez-moi de ne pas obéir à ce coup d'oeil qui m'ordonne de me taire; je sais tout le bien que vous voulez à ce cher Jules. Grâce à vos bontés, ce garçon ira loin... il obtiendra quelque bonne place... il vous devra son avenir et sa fortune... Mais le jeune homme tient
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de famille, il n'est, pas ingrat... nous pouvons en répondre, nous qui le connaissons si bien. . . i-ce pas, Louise, que nous... Eh, bien! qu'est-ce que tu as donc, mon enfant?...
C'est qu'en ce moment Louise ne pouvant retenir davantage les larmes qui roulaient sous ses paupières, s'était retournée pour les essuyer furtivement.
— Je ne sais , mon père, répondit-elle en tenant son mouchoir sur son visage... Un coup de soleil, je crois... mais cela est passé...
— Mais, madame la marquise, vous paraissez un peu souffrante... Vous avez la figure un peu fatiguée... le voyage peut-être! mais vous n'êtes pas maigrie du moins... Est-ce que par hasard nous aurions des félicitations à adresser à M. le marquis... Est-ce que nous aurions bientôt un héritier de voire beau nom ?. .
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Madame de Clienevière changea de couleur, et le marquis sentit trembler le bras de sa femme.
— ^Sur mon honneur, continua M. Delatour, ce serait un beau jour pour moi... le plus beau jour de ma vie.
— Prenez garde, monsieur le notaire, dit la marquise en s' efforçant de sourire , votre imagination vous emporte au pays des chimères.
Il n'en fallut pas davantage pour dissuader le bon garde-notes; mais l'impression que cet entretien avait produite sur l'esprit du marquis ne s'effaça pas ainsi. Il régna dès ce moment entre les interlocuteurs, une sorte de contrainte que chacun d'eux cherchait vainement à dissimuler. M. Delatour ne comprenait absolument rien à cet imbroglio ; mais il sentit instinctivement qu'il n'avait rien de mieux à faire que de terminer sa visite, et il
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s'apprêtait à prendre congé de ses nobles cliens , lorsque M. de Chenevière lui dit : vous retournez sans doute à Orléans ? Eh ! bion , je vous accompagnerai ; je ne vous demande que dix minutes pour jeter quelques mots sur le papier.
Ces paroles étaient un ordre pour le notaire ; le marquis rentra au château , et il écrivit au docteur Durosnel , médecin ordinaire de la marquise :
« Monsieur , nous avons besoin de vous ; la santé de madame de Chenevière périclite , et peut-être y a-t-il là quelque mystère que vous seul pouvez pénétrer. Ilâtez-vousdonc, docteur, je vous attends, et je vous recevrai comme un envoyé du ciel ! »
Une demi-heure après, le notaire, M. de Chenevière et Louise arrivaient à Orléans. Le marquis se rendit lui-même à la poste.
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— Monsieur, dit-il au Directeur, je vous prie de n'envoyer au château aucune des lettres adressées soit à moi, soit à madame de Chenevière. Je les ferai prendre chaque matin par un domestique.
Et M. de Chenevière retourna au château des Montées, en proie à la plus vive anxiété ; car les symptômes qu'il n'avait pas jusqu'ici remarqués lui paraissaient incontestables.
— Malheur à elle ! malheur à lui ! se disait-il avec rage ! Il faudra du sang pour laver la souillure de mes cheveux blancs !