‹ Jules FerryChapitre 37 sur 99 · JUSQU'AUX ELECTIONS DE 18G · texte numérisé non relu

JUSQU'AUX ELECTIONS DE 18G

raies de 1857, ce timide réveil de l'esprit de liberté, qui fit entrer au Corps législatif le premier groupe d'opposants, les fameux Cinq : Jules Favre, Ernest Picard, Emile Ollivier, Darimon, élus à Paris; Hénon, élu à Lyon.

Une brèche plus large allait s'ouvrir aux élections de 1863, car l'Empire avait déjà de lourdes fautes à son passif (notamment le Mexique), et le mouvement s'accentuait. Jules Ferry, avec Clamageran, Dréo, Durier, Floquet, Hérold, constitua le comité du Manuel électoral (1). A côté de ce comité, et pour une action parallèle, se formait celui de Y Union libérale (2). Dans le comité du Manuel une scission faillit se produire, les républicains reprochant à Ollivier ses relations avec le duc de Morny, à Darimon ses fréquentations chez le prince Napoléon. Au témoignage de Darimon, Jules Ferry se a montrait moins facile que les autres (3) » . On finit par s'apaiser. Puis les divers comités s'entendirent pour restreindre le terrain de combat et présenter une hste commune. Pour Paris, elle comprit Jules Favre, Ollivier, Darimon, Picard, Havin, députés sortants ; Jules Simon, Guéroult, Eugène Pelletan, Éd. de Laboulaye, candidats nouveaux. Ce dernier s'effaça devant M. Thiers, que le ministre de l'intérieur Persigny combattait à outrance et qui, pour cette raison même, apparut à tous les partis d'opposition comme le candidat nécessaire. La liste parisienne passa tout entière, à l'exception d'Eugène Pelletan. Ensuite, Favre ayantopté pour le Rhône et Havin pour le Calvados, il y eut deux sièges vacants à Paris : Hippolyte Carnot et Garnicr-Pagès y furent rlus le 21 in:irs ISHi.

i i'.inni les juriconsultes fjui donnèrent leur adh«';»ion à cette consultation de droit pulilic destinée au peuple Rguraient Jules Favre, Emile Ollivier, Ernett Picard, .Marie, Desniarest, Lehlond, Dupont do Bussac, Sénard, Ifrri4»on, Tenaiilc-Saligny, etc.

(2^ .Ivec Thi»T», le duc et le prince de Hroylie, Bcrryer, Jules Simon, Hippolyte Cirnot, Cocliin, d'IlausHonville, Chan{»arnicr, Mortimcr-Ternaux, Prévott-Paradol. L'action du comité était souvent paralysée par la rivalité entre les deux fractions monarchiste et républicaine.

(3) Daiiimo^, Histoire Je douze ans. On y trouve la lettre adressée par Jules Ferry à Darimon et qui cons.icra leur réconciliation.

Jules Ferry avait été un moment candidat, avec une dizaine de concurrents, pour le cinquième arrondissement. Dans sa profession de foi on lisait cette phrase : « Un grand parti ne doit-il pas, à côté des illustrations du passé, préparer les combattants de l'avenir? » Puis, sur le conseil de Jules Favre, il s'effaça devant Garnier-Pagès, qui plaisait à la multitude par l'antiquité de ses convictions républicaines, par ses cheveux « en manteau de cour » et son prodigieux faux-col. Il suffit de comparer la valeur des deux hommes pour apprécier l'attachement des comités d'alors aux vieilles a illustration^» .

En revanche, Jules Ferry, par cet essai de campagne électorale, acquit une notoriété nouvelle. D'abord, il eut nombre de procès à plaider, mais de ceux qui rapportent surtout de l'honneur; c'est ainsi qu'il eut à défendre des journaux et des hommes politiques de son parti : à Lyon, le journal la Discussion; à Bordeaux, M. Lavertujon. Puis sa polémique contre Haussmann, révélant en lui une compétence spéciale sur des questions techniques, lui amena, plus rémunérateurs, des dossiers d'expropriation. De 1864 à 1868, avec Templier, Allou, Bétolaud, il est l'avocat des papeteries d'Essonnes ; en 1869, celui delà compagnie des entrepôts généraux de Bercy (1). On serait mal venu à prétendre que c'est faute de clients et de causes qu'il se lança toujours plus à fond dans la politique militante.

(1) Ferdinand-Dreyfus, Notice sur Jules Ferry.

Page 1