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AU CORPS LÉGISLATIF

Au premier tour de scrutin, Jules Ferry arriva en tête avec 12 916 voix contre 12 470 à Augustin Gochin et 4 851 à Guéroult, candidat de « l'opposition démocratique » , mais de qui l'opposition à TEmpire n'était nullement irréconciliable. Au second tour, le 7 juin, il eut 15 725 voix contre 13 938 à Cochin, Guéroult s'étant désisté.

Un groupe considérable d'opposants entrait au Corps législatif. Gambetta, Bancel (victorieux d'Emile Ollivier), Ernest Picard, Jules Simon, Eugène Pelletan, l'avaient emporté au premier tour; au second tour furent élus Thiers, Garnier- Pagès, Jules Favre (contre Rochefort). A Paris, l'opposition gagnait 30 000 voix; elle gagnait dans la même proportion à Lyon, Marseille, Bordeaux, Rouen, etc. Dans l'ensemble de la France, elle avait obtenu 3 258 777 voix, contre 4 477 720; elle était en progrès d'un million de suffrages sur les élections de 1863.

Membre du Corps législatif, Jules Ferry monta pour la première fois à la tribune pour combattre la validation de Guilloutet, élu dans les Landes contre Victor Lefranc. Il en prit texte pour dénoncer à nouveau, devant une majorité de députés qui en étaient issus, tous les abus de la candidature officielle. Il souleva dans l'assemblée une violente tempête, provoqua des cris à rordre! à V ordre î mm% parvint à s'imposer; et si, naturellement, il ne put obtenir l'invalidation, il eut du moins le plaisir de mettre une fois de plus le pouvoir personnel sur la sellette.

L'Empereur semblait avoir compris la leçon, d'ailleurs très

confuse, qui se dégageait des récentes élections. En juillet, il laissait annoncer une convocation du Sénat, en vue d'une révision constitutionnelle ; il se débarrassait de Rouher en l'envoyant présider au Luxembourg; il formait un ministère où entraient quelques hommes nouveaux ; puis il prorogeait la nouvelle Chambre sine die. Les élections complémentaires nécessitées à Paris par l'option de Gambetta, Bancel, Picard, Jules Simon, amenèrent au Corps législatif Glais-Bizoin, Crémieux, Emmanuel Arago, Rochefort. De cette dernière élection surtout l'Empereur fut exaspéré. Un manifeste signé par 27 membres du Corps législatif, parmi lesquels Jules Ferry, réclama l'élection des maires, la refonte de la loi militaire, la restitution au parlement du droit de déclarer la guerre .

 la réouverture de la Chambre, Jules Ferry continue sa campagne contre les élus de la candidature officielle; dans de virulents discours, il demande l'invalidation de Dréolle et de Chaix d'Est- Ange dans la Gironde; du marquis de Campaigno dans la Haute-Garonne (contre Paul de Rémusat) ; deGuiraud dans l'Aude.

Le 2 janvier 1870, Napoléon III constituait, sous la présidence d'Emile Ollivier, le premier ministère de « l'Empire libéral » . Nous savons que les méfiances de Jules Ferry à l'égard d'Ollivier dataient de loin. Contre l'homme que les républicains accusaient de trahison, le député de la sixième circonscription maintint son attitude d'opposant. De là ses discours sur la Haute-Cour constituée, après le meurtre de Victor Noir, pour juger le prince Pierre Bonaparte ; — sur le budget de la ville de Paris, où il s'appliquait à démontrer que la retraite du baron Haussmann n'avait rien changé aux errements de l'administration ; — sur l'arrestation de Rochefort à la suite de l'échauffourée provoquée par l'acquittement du prince Pierre Bonaparte; — sur le projet de réforme électorale, apporté par le ministère et que l'orateur estimait dérisoire. A ce propos, il dénonçait le caractère hybride du nouveau gouvernement libéral, simple « bâtard du gouvernement personnel » . Notons encore les discours sur la réforme

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